Sécurité routière : Le nouveau barème de sanctions
Face à l’hécatombe routière qui continue d’endeuiller des milliers de familles, les pouvoirs publics ont décidé de durcir le ton. Un nouveau barème de sanctions, plus sévère et mieux ciblé, entre en vigueur dans le but de mettre fin aux comportements à risque et imposer une discipline rigoureuse à l’ensemble des usagers de la route, du simple piéton au conducteur de poids lourd.
Les infractions, dites de première classe, sont désormais passibles d’une amende forfaitaire de 4 000 DA. Les piétons sont directement concernés, le non-respect des passages protégés est sanctionné, au même titre que le défaut de port de la ceinture de sécurité par les passagers. Le contrôle technique des véhicules est également renforcé, ciblant les défaillances liées à l’éclairage, au freinage des cycles, ou encore la non-présentation des documents réglementaires.
La deuxième classe de contraventions s’attaque aux comportements qui nuisent à la fluidité du trafic et au cadre de vie. Une amende de 6 000 DA est prévue pour l’usage abusif du klaxon en milieu urbain, la circulation sur les voies réservées aux bus ou aux taxis, ainsi que les excès de vitesse inférieurs à 10 %.
Dans le même esprit, le jet de déchets depuis un véhicule est désormais explicitement intégré au Code de la route, établissant un lien clair entre civisme environnemental et sécurité routière.
Pour les infractions considérées comme graves, l’amende est portée à 9 000 dinars. Ces manquements mettent directement en danger l’intégrité physique des usagers, à savoir, le non-port de la ceinture par le conducteur, absence de casque et de gants pour les motocyclistes, ou transport d’enfants de moins de dix ans sur le siège avant. L’occupation injustifiée de la bande d’arrêt d’urgence et l’usage de vitres teintées opaques figurent également parmi les infractions sévèrement réprimées.
Le dernier classement du dispositif concerne les comportements à haut risque, responsables de la majorité des accidents mortels. Une amende de 13 000 DA sanctionne notamment l’usage du téléphone portable au volant, les excès de vitesse compris entre 20 % et 30 % au-dessus de la limite autorisée, ainsi que le refus de priorité, en particulier le non-respect du panneau Stop et les dépassements dangereux.
Dans un contexte marqué par une recrudescence des accidents de la circulation, ce dispositif répressif se veut dissuasif autant qu’éducatif. Les autorités entendent instaurer une véritable culture de la « tolérance zéro », où chaque infraction, même jugée mineure, appelle une sanction immédiate.
Présenté la semaine dernière devant les députés de l’Assemblée populaire nationale (APN), le projet du nouveau code de la route, défendu par le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et du Transport, Saïd Sayoud, ambitionne, à travers un texte rigoureux et dissuasif, d’endiguer durablement l’insécurité routière et de consacrer la protection de la vie humaine comme priorité absolue de l’action publique.
Sayoud a, d’emblée, déclaré que ce projet de loi s’inscrit dans le strict prolongement des instructions du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, œuvrant à renforcer les mécanismes de prévention et de répression en matière de sécurité routière. Affirmant qu’« il s’agit d’un engagement politique clair de l’Etat pour mettre un terme à une situation devenue intenable », il a souligné que l’objectif est de « créer un environnement routier sûr, moderne et responsable durable à un fléau qui ne peut plus être toléré ».