Sécurité hydrique : L’ENSA mise sur l’intelligence artificielle
Face à la raréfaction des ressources et aux dérèglements climatiques, l’École nationale supérieure agronomique (ENSA) a réuni, ce lundi, experts et professionnels pour sa 3e Journée de l’eau. Au cœur des débats : l’urgence d’une gestion connectée et durable, combinant irrigation intelligente, énergies renouvelables et réutilisation des eaux usées pour sécuriser notre agriculture.
C’est le constat partagé par Tarek Hartani, directeur de l’École nationale supérieure agronomique (ENSA), lors de l’ouverture de la 3e édition de la Journée de l’eau. Organisé par le Département Génie Rural (spécialité hydraulique agricole), cet événement scientifique s’est tenu sous le thème hautement stratégique : « Sécurité hydrique et sécurité alimentaire : Innover pour une agriculture durable ».
L’intelligence artificielle au secours des cultures
S’exprimant dans le cadre des programmes internationaux de recherche, M. Hartani a rappelé l’importance cruciale de ces thématiques, particulièrement à la veille de la tenue du Conseil scientifique de la sécurité alimentaire. L’ambition de cette rencontre est claire : instaurer une gestion plus efficace et équitable de la ressource.
Pour y parvenir, le directeur de l’ENSA préconise un virage technologique majeur. Il a notamment insisté sur l’intégration des outils d’intelligence artificielle via l’irrigation intelligente, la généralisation de la réutilisation des eaux usées épurées pour les cultures, ainsi que le recours massif aux énergies renouvelables pour pomper et distribuer l’eau de manière éco-responsable.
Les agriculteurs intègrent le débat scientifique
De son côté, Fatma Zohra Bouras, présidente du conseil scientifique du département Génie rural et organisatrice de la manifestation, a mis en lumière l’évolution majeure de cette 3e édition. Contrairement aux années précédentes, traditionnellement réservées aux universitaires et aux cadres du secteur, une place centrale a été accordée cette année aux agriculteurs.
« La particularité de cette édition réside dans notre volonté de rapprocher le monde de la recherche des utilisateurs finaux de la ressource. Les agriculteurs sont les véritables acteurs de terrain ; susciter un dialogue direct avec eux permet de confronter la science aux réalités et aux difficultés concrètes qu’ils rencontrent au quotidien », a-t-elle expliqué, tout en rappelant le cordon ombilical qui lie la disponibilité de l’eau à la souveraineté alimentaire.
Mme Bouras a également profité de l’occasion pour dresser la genèse de cet événement biennal. L’édition de 2022 avait été consacrée aux métiers de l’eau afin de sensibiliser les futurs ingénieurs à la gestion territoriale, tandis que celle de 2024 s’était penchée sur la sensibilisation au stress hydrique. En 2026, l’heure n’est plus seulement au constat, mais au déploiement de solutions innovantes et collaboratives pour garantir la pérennité du modèle agricole national.