Sécurité hydrique de Biskra et d’El Kantara: Un projet de transfert d’eau depuis le barrage de Beni Haroun
Le ministre de l’Hydraulique, Lounès Bouzegza, a annoncé, ce samedi, l’accord de principe de son département pour l’inscription d’un projet visant à renforcer l’alimentation en eau des wilayas de Biskra et d’El Kantara à partir du barrage de Beni Haroun, dans la wilaya de Mila.
Présenté lors de sa visite de deux jours ayant pris fin ce samedi dans les deux wilayas, le ministre a indiqué que le projet prévoit l’acheminement de l’eau du barrage de Beni Haroun via le barrage de Koudiet Medouar, dans la wilaya de Batna.
D’un coût estimé à 24 milliards de dinars, cette opération devrait permettre de mobiliser au moins 75.000 m3 d’eau par jour au profit de plus de 400.000 habitants. Elle concernera notamment les communes d’El Kantara, d’Aïn Zaatout et de Loutaya, ainsi que la commune de Chetma, dans la wilaya de Biskra.
Le projet prévoit également la réalisation de deux stations de pompage et d’une station de traitement des eaux. Une fois achevé, il devra permettre, selon le ministre, d’assurer un « approvisionnement total » en eau potable aux populations concernées.
Au cours de sa visite dans les deux wilayas, Bouzegza a par ailleurs supervisé la mise en service d’un réservoir d’eau d’une capacité de 3.000 m3 dans la commune d’El Kantara.
En outre, à Biskra, le ministre a également procédé à l’inauguration et la mise en service d’un réservoir d’eau surélevé d’une capacité de 1000 m3, ainsi que d’un forage hydraulique situé sur la route de Tolga.
Dans le cadre de la même visite, le ministre a également effectué vendredi une visite de travail à Batna, où il s’est enquis de la situation du secteur et des principaux projets en cours.
La wilaya produit plus de 305.000 m³ d’eau potable par jour pour plus de 1,54 million d’habitants, grâce notamment aux eaux souterraines et aux transferts depuis le barrage de Beni Haroun vers Koudiet Lemdouar.
Parmi les projets phares, figure l’extension de la station de traitement de Koudiet Lemdouar, dont la capacité passera de 113.000 à 169.000 m³/jour, ainsi que la station d’épuration de Batna, d’une capacité de 60.000 m³/jour, destinée à la réutilisation des eaux traitées.
Le ministre a insisté sur la rigueur dans la réalisation des projets, la valorisation des eaux usées et l’accélération de la numérisation du secteur pour améliorer la gestion de l’eau et réduire les pertes.
Dans le même contexte, le ministre de l’Hydraulique a entamé, à partir de la wilaya de Mila, sa visite d’inspection dans plusieurs wilayas, consacrée à l’évaluation de la situation de l’alimentation en eau potable, de l’assainissement et de l’irrigation, ainsi qu’au suivi des projets du secteur.
Dépendante principalement du barrage de Beni Haroun, la wilaya doit renforcer son approvisionnement, notamment à partir de Tabellout. Trois projets majeurs sont en cours, dont un transfert de 50.000 m³/jour depuis Beni Haroun au profit de plus de 180.000 habitants, un système de distribution de 280 km pour les communes du nord-ouest et un projet à partir de Tabellout pour les communes du sud, avec une station de 53.000 m³/jour.
Le ministre avait ordonné l’accélération de ces projets, alors qu’environ la moitié des 32 communes de Mila connaissent encore un déficit en eau potable. Il a également annoncé sept opérations d’urgence portant notamment sur l’extension des réseaux et la mise en service de nouvelles installations.
Par ailleurs, Bouzegza a insisté, encore une fois, sur la numérisation et la généralisation de la télégestion afin d’améliorer la performance du secteur, réduire les pertes et rationaliser l’exploitation des ressources hydriques