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Nationale

Sécurité en Afrique : Fateh Boutbig plaide pour une synergie institutionnelle

Sécurité en Afrique : Fateh Boutbig plaide pour une synergie institutionnelle
Fateh Boutbig

Face aux défis sécuritaires complexes qui traversent le continent, le président du Parlement panafricain, Fateh Boutbig, a appelé ce mercredi à renforcer de manière significative la coopération entre les différentes institutions de l’Union africaine. Cette déclaration a été prononcée lors de son intervention remarquée à l’ouverture de la réunion consultative conjointe avec le Conseil de paix et de sécurité (CPS), où il a plaidé avec conviction pour un partenariat plus opérationnel, capable d’agir efficacement en amont des crises et de rapprocher durablement les décisions continentales des réalités vécues par les populations.

M. Boutbig a, d’emblée, déclaré que « les défis auxquels l’Afrique est confrontée aujourd’hui font de la construction de la paix et de la préservation de la sécurité et de la stabilité une responsabilité continentale partagée », lors de cette rencontre stratégique qu’il a coprésidée avec le représentant permanent de l’Algérie auprès de l’Union africaine, Mohamed Khaled, lequel assure avec brio la présidence tournante du Conseil de paix et de sécurité pour le mois d’août. Cette réunion de haute importance intervient dans un contexte continental marqué par la persistance de crises multiformes, de conflits ouverts et de fragilités institutionnelles profondes, mettant en lumière l’impérieuse nécessité d’optimiser la coordination des mécanismes africains dédiés à la prévention et au règlement pacifique des différends.

Pour le président du Parlement panafricain, cette réalité de terrain impose de dépasser définitivement une approche fragmentée et cloisonnée de la gestion des crises, afin de consolider les synergies entre toutes les composantes de l’architecture africaine de paix et de sécurité. Il a rappelé avec force que si le CPS assume une responsabilité centrale et exécutive dans ce dispositif, le Parlement panafricain dispose quant à lui de la capacité d’y insuffler une dimension parlementaire et populaire indispensable pour garantir une appropriation pleine et entière des décisions continentales. Il a ainsi expliqué avec clarté que « le Parlement panafricain ajoute à cette architecture le volet parlementaire et populaire, permettant de construire un pont entre la décision continentale et la réalité nationale, ainsi qu’entre les institutions de l’Union africaine et les aspirations du citoyen africain ».

Dans cette perspective mobilisatrice, M. Boutbig a particulièrement mis en avant la capacité avérée de son institution à contribuer activement à la diplomatie préventive. Il a souligné que l’ouverture de canaux de dialogue inclusifs, la construction méthodique de la confiance mutuelle, la médiation et la réconciliation, ainsi que la contribution active aux mécanismes d’alerte précoce constituent autant de leviers majeurs par lesquels l’institution législative continentale peut amplifier l’impact de l’action collective africaine. Il a tenu à préciser que cette démarche stratégique vise avant tout à accompagner au mieux les États et les sociétés civiles durant les périodes de transition délicates et les zones de turbulence, « en favorisant le dialogue politique et en contribuant à créer les conditions nécessaires à des règlements durables ».

Le haut responsable a également mis un accent particulier sur la dimension législative et normative de cette coopération interinstitutionnelle, soutenant avec force que « le Parlement panafricain peut jouer un rôle déterminant dans la mobilisation des Parlements nationaux en faveur de la ratification des instruments de l’Union africaine et de leur intégration effective dans les législations nationales ». Toutefois, l’enjeu crucial ne réside pas uniquement dans l’adoption formelle des textes juridiques, mais bel et bien dans leur application rigoureuse et concrète sur le terrain. La consolidation pérenne de la paix passe ainsi inévitablement par une appropriation populaire et nationale profonde des engagements souscrits au niveau continental.

Une complémentarité stratégique, loin de toute concurrence

M. Boutbig a, par ailleurs, tenu à lever toute ambiguïté en clarifiant avec précision la nature des relations recherchées entre les deux institutions phares de l’Union africaine. En assurant avec conviction que « le Parlement panafricain n’entend ni se substituer au CPS ni développer un mécanisme parallèle », il a affirmé que « notre institution ne considère pas son rôle comme un substitut au Conseil de paix et de sécurité ni comme une voie parallèle, mais comme une force complémentaire et un soutien indéfectible à son action ».

L’objectif stratégique affirmé est désormais de propulser ce partenariat vers une coopération hautement structurée, évoluant pas à pas « de la consultation à la coordination, et de la coordination à l’action commune ». L’ambition affichée est de ne plus cantonner la réponse de l’Afrique à une simple gestion curative des crises après qu’elles ont éclaté, mais de renforcer considérablement les capacités continentales d’anticipation, d’alerte et de prévention.

Au cours de son allocution, le président du Parlement panafricain a également mis en exergue l’importance capitale du partage fluide de l’information et de la régularité des concertations bilatérales entre les deux instances. Il a précisé qu’une circulation optimisée des données stratégiques et un dialogue politique nourri permettent d’identifier en amont les germes de tension et de concevoir des réponses publiques parfaitement adaptées. Il a ainsi résumé sa vision en affirmant que « le Conseil de paix et de sécurité porte une responsabilité continentale essentielle dans la protection de la paix, tandis que le Parlement panafricain porte la voix des peuples et la légitimité de leur représentation. Lorsque la volonté politique rencontre la légitimité populaire, notre action continentale devient plus proche de nos peuples et davantage capable d’obtenir des résultats probants ».

En guise de conclusion à son intervention, M. Boutbig a solennellement invité l’ensemble des parties prenantes à ériger le partenariat stratégique entre le CPS et le Parlement panafricain en un modèle absolu de complémentarité institutionnelle au sein de la grande famille de l’Union africaine. Il a réitéré son attachement indéfectible au principe cardinal des « solutions africaines aux problèmes africains », en insistant sur la nécessité absolue de consolider les propres capacités du continent à prévenir, gérer et surmonter ses crises en toute autonomie. Il a enfin estimé que la réunion d’Addis-Abeba doit marquer une étape charnière dans l’édification d’une coopération solide, ancrée dans la confiance mutuelle, la complémentarité des rôles et l’action solidaire, au service d’une Afrique plus stable, souveraine et maîtresse de son destin sécuritaire.



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