Des experts au JI: "Il nécessaire de produire ce qu'on importe" – Le Jeune Indépendant
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Nationale

Des experts au JI: « Il nécessaire de produire ce qu’on importe »

Des experts au JI: « Il nécessaire de produire ce qu’on importe »

L’importance d’augmenter la production agricole, notamment les céréales, pour réaliser la sécurité alimentaire a été soulignée par le président de la République, lequel a affirmé que l’augmentation des niveaux de production locale constitue la base de la sécurité alimentaire de l’Algérie. Selon les experts, cette dernière doit être pensée dans le cadre d’une stratégie globale et multisectorielle sur le court, moyen et long terme. 

Lors de son entrevue périodique avec des représentants de la presse nationale, diffusée  samedi soir, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a affirmé que «la solution radicale face à l’envolée des cours des produits alimentaires et à leur pénurie sur les marchés internationaux est de renforcer la production nationale», évoquant, dans ce sens, les incitations décidées par l’Etat au profit des producteurs, notamment le financement des projets à hauteur de 90%.

Il a surtout mis l’accent sur la filière des céréales qui ne couvre qu’environ la moitié des besoins du pays, estimés à environ 9 millions de tonnes. Raison pour laquelle il est nécessaire d’augmenter la production locale de ce produit de base, et ce dans le but de répondre à la demande intérieure croissante, avec une croissance démographique estimée à 850 000 personnes par an, et ainsi réduire progressivement les importations jusqu’à leur arrêt définitif. «Une chose très possible de l’avis des spécialistes», a indiqué le Président, qui affirme que cela doit passer par l’augmentation du rendement des terres agricoles dédiées à la céréaliculture. 

Assurer la sécurité alimentaire du pays est plus que jamais d’actualité. L’Algérie, qui est classée par le Programme alimentaire mondial des Nations unies comme premier pays en Afrique en matière de sécurité alimentaire, doit limiter davantage sa dépendance de l’extérieur et ainsi assurer sa sécurité alimentaire.

Cela doit passer par l’adoption d’une stratégie globale et multisectorielle sur le court, moyen et long terme selon l’agro-écologiste Fattoum Lakhdari, laquelle estime que «tout pays est obligé de produire au moins une partie de sa consommation», affirmant que la sécurité alimentaire est un élément de souveraineté d’un pays et sa stabilité sociale . 

Contactée ce dimanche par le Jeune Indépendant, elle a signalé l’importance d’identifier les besoins actuels de l’Algérie et ceux des années à venir, notamment avec la croissance démographique, mais aussi d’évaluer nos moyens naturels. «La sécurité alimentaire doit impliquer plusieurs secteurs sur le plan de la gestion et elle est pluridisciplinaire sur le plan de la recherche», a-t-elle précisé, signalant le potentiel et les compétences dont dispose l’Algérie.

«La sécurité alimentaire n’est pas uniquement l’affaire du secteur de l’agriculture. Elle ne peut être tenue que dans le cadre d’une vision intersectorielle et une vision prospective», a ajouté Mme Lakhdari, qui a affirmé que «notre système de production doit raisonner dans la durabilité». Elle a aussi mis l’accent sur la nécessité d’introduire les techniques innovantes et, surtout, s’appuyer et encourager la recherche scientifique. Selon elle, il ne faut pas se fixer uniquement sur les céréales.

Elle a toutefois souligné la nécessité d’augmenter les niveaux de rendement. «Ce n’est pas normal qu’on reste à ce niveau de rendement en céréales», a-t-elle indiqué, affirmant que les hauts plateaux sont à vocation céréales. «Il faut respecter les vocations territoriales», a indiqué l’agro-écologiste, selon laquelle il ne faut pas uniquement se focaliser sur les céréales. 

Elle a, dans ce sens, indiqué que l’Algérie n’importe pas uniquement ce produit. «On importe d’autres produits, à l’instar des légumes secs, de l’aliment de bétail… Il faut travailler sur tout ce qu’on importe», a-t-elle précisé, soulignant la nécessité d’accorder plus d’importance aux produits agricoles d’excellence, comme la datte, les agrumes, la pomme… Pour cette spécialiste, il ne suffit pas de produire seulement, il faut aussi éviter les déperditions des productions.

La connexion entre les secteurs, comme l’agriculture, l’industrie et le commerce, et la nécessité de renforcer l’intersectorialité ont également été soulignées par l’intervenante, laquelle a rappelé l’importance de réguler le marché et de faire barrage à la spéculation. 

L’aspect éducatif et social, à même d’éviter le gaspillage, sont également des éléments à prendre en considération dans la sécurité alimentaire, selon Mme Lakhdari pour qui la crise sanitaire du coronavirus et la situation géopolitique devraient être une leçon pour les pays qui, dans leur alimentation, restent dépendants de l’extérieur. 

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