Sécurité alimentaire : L’OAIC met la science au service du rendement
L’Office Algérien Interprofessionnel des Céréales (OAIC) met la recherche scientifique au service de l’agriculture. Lors d’une journée d’étude organisée ce mardi à Alger, des chercheurs et des responsables du secteur ont souligné l’importance de valoriser les études menées dans les universités et instituts pour moderniser les filières céréalières et légumineuses, améliorer la productivité et relever le défi crucial de la sécurité alimentaire.
Les intervenants ont souligné que l’avenir de la sécurité alimentaire du pays passe par la modernisation du secteur agricole, reposant sur l’exploitation concrète des études scientifiques. Dans ce cadre, le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Yacine El Mahdi Oualid, a évoqué l’importance de rapprocher recherche scientifique et agriculture, affirmant que « le développement des filières céréalières et légumineuses ne peut se faire sans l’appui des résultats de la recherche ».
Il a rappelé que ses visites sur le terrain, effectuées avec le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Kamel Baddari, ont révélé « de nombreuses études importantes encore inutilisées ». Parmi les domaines jugés prioritaires figurent : le développement de semences résistantes aux changements climatiques, l’irrigation, l’amélioration de la qualité des sols, l’usage et le contrôle des engrais, ainsi que la répartition géographique des activités agricoles.
De son côté, Kamel Baddari a mis l’accent sur le rôle clé de la coopération entre agriculture et recherche, gage d’une meilleure productivité et qualité, et a insisté sur l’intégration des technologies modernes, comme l’intelligence artificielle et l’Internet des objets, pour adapter les cultures aux nouvelles conditions climatiques et optimiser la production.
Le séminaire a également été l’occasion de présenter plusieurs projets concrets issus de la recherche appliquée. L’enseignante-chercheuse Ilham Kadioura, de L’École nationale supérieure agronomique d’Alger (ENSA), a présenté un modèle de moissonneuse conçu pour réduire les pertes de récolte de blé, pouvant atteindre jusqu’à 20 % avec les systèmes actuels. Ce prototype, développé en collaboration avec l’Institut national algérien des céréales et une start-up locale, sera testé lors de la prochaine saison de récolte.
Par ailleurs, Abdelkader Benbelkacem, directeur de recherche à l’Institut national de la recherche agronomique d’Algérie (INRAA), a exposé l’expérience de culture du triticale, une céréale hybride issue du croisement du blé et du seigle, résistante aux conditions climatiques difficiles et adaptée aux sols peu fertiles. Cette expérimentation menée dans la région de Oued Souf a permis d’atteindre un rendement de 137 quintaux par hectare et une production de 450 bottes d’alimentation animale, illustrant le potentiel de ces nouvelles cultures.
Enfin, les chercheurs ont présenté leurs travaux sur l’optimisation des variétés de blé, en classant les semences selon leur rendement et leur adaptation aux conditions climatiques, avec l’élaboration d’une carte précise permettant d’identifier les zones les plus propices pour chaque type de blé.