Sécurité alimentaire : L’enjeu crucial de la préservation des sols
L’importance des sols pour le développement agricole, les fonctions écosystémiques et la sécurité alimentaire ont été au centre d’une rencontre organisée ce mercredi par l’École nationale supérieure agronomique (ENSA), en collaboration avec l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).
Cette rencontre, organisée à l’occasion de la célébration de la journée mondiale des sols, qui coïncide avec le 5 décembre de chaque année, a été placée sous le thème « Des sols sains pour des villes en bonne santé ».
La lumière a été ainsi mise sur le rôle stratégique des sols dans le maintien des fonctions écologiques, la prévention de leur dégradation et la protection des ressources naturelles. Cette Journée mondiale des sols vise ainsi à renforcer la sensibilisation sur l’importance des sols pour le développement agricole, les fonctions éco systémiques et la sécurité alimentaire.
Pour la représentante résidente de la FAO en Algérie, Irna Buttoud, « la valorisation et la protection des sols restent un enjeu crucial, mais souvent oubliées », affirmant que cette journée constitue « un espace de rencontre entre recherche, innovation et solutions ». Dans son allocution d’ouverture, elle a souligné la nécessité de coordonner les efforts. « Je suis convaincue que tous ensemble nous atteindrons l’objectif commun, à savoir promouvoir la connaissance, la recherche et les bonnes pratiques de gestion des sols dans les zones urbaines et périurbaines », a affirmé Mme Buttoud, réitérant l’engagement continu de la FAO pour la promotion de la science en vue d’atteindre les objectifs de développement durable.
Plusieurs thèmes stratégiques ont été retenus pour cette journée scientifique, animée par des enseignants chercheurs et des experts, à l’instar de la salinité des sols, un enjeu majeur pour la durabilité de l’agriculture algérienne.
Un défi qu’il faut impérativement prendre en considération, surtout que l’Algérie s’est lancée sur la voie d’atteindre sa sécurité alimentaire. C’est d’ailleurs ce qu’a affirmé Abdelkader Laribi, directeur adjoint des relations extérieures à l’ENSA, qui, dans sa déclaration à la presse, a souligné la nécessité d’accorder une grande importance à cet aspect, affirmant que « la question de la salinité des sols constitue une vraie problématique ». Une problématique posée en Algérie qui compte des sols salés, lesquels « représentent approximativement les 1,2 million d’hectares qui sont cartographiés » et qui peuvent atteindre les 3,2 millions d’hectares, si on prend en considération les degrés de salinité.
Il a dans ce sens signalé l’existence d’une salinité primaire et secondaire, laquelle est principalement le résultat de la qualité des eaux d’irrigation utilisées. « L’utilisation d’une eau de mauvaise qualité augmente les niveaux de salinité des sols », a expliqué M. Laribi, lequel a signalé les répercussions de cette situation sur les rendements. Des solutions existent selon le directeur adjoint des relations extérieures à l’ENSA, qui a signalé des « solutions préventives et curatives ». Selon lui, l’on doit opter pour le préventif, notamment à travers le contrôle des eaux utilisées pour l’irrigation, car a-t-il dit, les solutions curatives coûtent cher. Tout cela passe par la sensibilisation et une prise de conscience des parties prenantes.
Ce responsable est par ailleurs revenu sur l’objectif de cette journée, axée principalement sur la sensibilisation de tous les acteurs concernés à l’importance stratégique des sols. « C’est une ressource rare. Une ressource non renouvelable », a-t-il précisé, soulignant la nécessité de la protéger. « Protéger les sols, c’est assurer notre sécurité alimentaire, mais également assurer la sécurité alimentaire des générations futures », a souligné M. Laribi, mettant en avant le travail de l’école, particulièrement le département de pédologie.
« Nous travaillons pour développer, améliorer, sensibiliser et vulgariser la ressource du sol ». La préservation ainsi que la gestion durable des sols s’imposent plus que jamais, compte tenu des effets du changement climatique. « Nous sommes obligés de nous adapter et de proposer des solutions », a-t-il souligné.