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Nationale

Sécurité africaine : Le CPS valide de nouveaux outils d’alerte

Sécurité africaine : Le CPS valide de nouveaux outils d’alerte

Réuni sous la présidence de l’Algérie, le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine a validé de nouveaux instruments continentaux d’évaluation des menaces et de cartographie des risques. Cette initiative stratégique marque un tournant décisif vers une diplomatie préventive plus proactive, visant à mieux anticiper et contrer les crises multidimensionnelles qui fragilisent le continent.

La réunion, tenue lundi, a permis d’examiner avec minutie les progrès réalisés dans la mise au point de ces instruments indispensables, alors que le paysage sécuritaire africain se caractérise, insiste-t-on, par une multiplication et une imbrication croissante des menaces. Celles-ci englobent le terrorisme et l’extrémisme violent, la criminalité organisée transnationale, les conflits armés, l’instabilité politique et économique, les risques climatiques et environnementaux, les menaces cybernétiques, les technologies émergentes ainsi que les ingérences extérieures.

Pour le CPS, l’enjeu crucial consiste à disposer d’outils capables non seulement d’identifier ces risques avec précision, mais aussi de fournir aux décideurs politiques les éléments nécessaires à une intervention rapide avant leur aggravation. Dans son allocution d’ouverture, Mohamed Khaled, ambassadeur d’Algérie et représentant permanent auprès de l’UA, également président du CPS pour le mois d’août, a ainsi mis l’accent sur le rôle stratégique du Système continental d’alerte précoce (CEWS) dans l’anticipation et la prévention des crises et des conflits. Il a souligné la nécessité impérieuse de passer d’une approche essentiellement réactive, fondée sur la réponse aux crises une fois celles-ci déclarées, à une démarche davantage proactive et préventive.

Dans cette perspective visionnaire, le président du CPS a présenté quatre mécanismes techniques novateurs destinés à renforcer l’activation de l’alerte précoce, à la relier directement à la réponse rapide et à améliorer drastiquement le suivi des menaces et des risques. Il s’agit de l’outil continental d’évaluation des risques et de cartographie des risques, du modèle de l’UA pour l’activation de la réponse, du système d’alerte précoce pour la gouvernance du Mécanisme africain d’évaluation par les pairs (MAEP), ainsi que de la matrice analytique des accords de paix en Afrique.

M. Khaled a salué les efforts considérables déployés par les différentes institutions et structures de l’UA ayant participé à l’élaboration de ces mécanismes, notamment la Commission de l’UA, le Centre africain d’études et de recherche sur le terrorisme (CAERT), le Mécanisme de l’UA pour la coopération policière (AFRIPOL) et le MAEP. Il a évoqué leur rôle déterminant dans le soutien à la diplomatie préventive, la consolidation de la coordination institutionnelle et la mise en œuvre d’une action anticipative dans le cadre de l’Architecture africaine de paix et de sécurité. Il a, en outre, insisté sur la nécessité d’activer effectivement ces instruments et de garantir la fiabilité absolue des données, des informations et de leurs sources.

La réunion a, en outre, été marquée par l’intervention de Bankole Adeoye, commissaire de l’UA aux Affaires politiques, à la Paix et à la Sécurité (PAPS), ainsi que par la participation de hauts responsables du CAERT, d’AFRIPOL, du Comité des services africains de renseignement et de sécurité (CISSA) et du MAEP. Les différents intervenants ont présenté des propositions concrètes pour consolider les capacités d’alerte précoce et optimiser leur articulation avec la réponse rapide.

Cette volonté indéfectible de rapprochement prolonge moult décisions prises par le CPS ces derniers mois. En décembre 2025, le Conseil avait déjà appelé à renforcer la convergence analytique entre le CAERT, le CISSA, AFRIPOL et les Communautés économiques régionales et Mécanismes régionaux, tout en demandant la mise en place d’un outil dynamique de cartographie des risques et des menaces à la paix et à la sécurité en Afrique.

En février 2026, l’Assemblée de l’UA a emboîté le pas en appelant à la pleine opérationnalisation de la cartographie continentale de la sécurité et à l’instauration d’un outil dynamique permettant au CPS de disposer d’une vision consolidée des menaces et des vulnérabilités. Elle avait également préconisé le rapprochement des mécanismes régionaux d’alerte précoce avec le CEWS. Cette dynamique s’est poursuivie avec les consultations du comité des experts du CPS, tenues en juillet 2026, consacrées au projet de mécanisme de déclenchement de l’alerte précoce et de l’action précoce.

L’outil de cartographie des risques, initié par l’Algérie, devrait permettre de mesurer avec exactitude la gravité des menaces et d’identifier les seuils critiques nécessitant une intervention urgente. Les États membres ont d’ailleurs approuvé les outils présentés et salué la feuille de route proposée pour leur activation, laquelle prévoit un mécanisme de coordination rigoureux, des protocoles d’échange d’informations fluidifiés, une plate-forme numérique dédiée et un tableau de bord interactif.

L’élargissement de ce dispositif intervient alors que les menaces sécuritaires se multiplient et se complexifient sur le continent. À cet égard, le Global Terrorism Index 2026 a recensé 5 582 décès liés au terrorisme répartis dans 2 944 incidents au cours de l’année 2025, plaçant six pays africains parmi les dix nations les plus touchées au monde, à savoir le Nigeria, le Mali, la Somalie, la République démocratique du Congo, le Burkina Faso et le Niger.

Par ailleurs, le MAEP a été activement encouragé à développer son propre système d’alerte précoce consacré à la gouvernance et à alimenter efficacement les mécanismes continentaux de prévention. Le CPS avait également exigé en juillet dernier l’intégration au CEWS d’indicateurs spécifiques axés sur la radicalisation et l’extrémisme violent.

L’enjeu dépasse ainsi largement la seule production d’analyses théoriques. La validation et l’opérationnalisation de ces nouveaux outils doivent impérativement permettre de rapprocher les signaux d’alerte des décisions de prévention, offrant ainsi au CPS une vision consolidée et globale des menaces, des vulnérabilités et des déclencheurs potentiels sur l’ensemble du continent.



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