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Nationale

Secteur de la pêche: dépasser les carences

Secteur de la pêche: dépasser les carences

La réalité du secteur de la pêche et des productions halieutiques s’appréhende de plusieurs manières, mais on la comprend moins bien quand on la regarde au prisme d’un seul enjeu.
L’enjeu de court terme est réducteur, même s’il est important, alors que celui de long terme, qui est vital, ne peut être assumé qu’en prenant en compte, en partie, le premier enjeu. Entre les court et long termes, un constat : une ressource de moins en moins suffisante, et la solution : un secteur qu’il faut diversifier et intensifier au prix d’une gestion sociale, scientifique, technologique, humaine et industrielle rationnelle, complémentaire et équilibrée.

A propos des déficits à combler
Le secteur de la pêche enregistre, ces dernières années, des déficits de plusieurs ordres qui affectent la performance halieutique. Ces déficits ont à voir avec une insuffisance des chantiers de réparation des bateaux de pêche, une insuffisance des navires en mesure de faire la grande pêche (la pêche au large ou la pêche hauturière selon les appellations), que l’on qualifie ainsi quand il s’agit de s’éloigner à plus de 20 miles de la côte. De même, une distribution inégale de ces chantiers sur le littoral national, la vétusté des flottilles qui crée un besoin important en matière de réhabilitation des navires de pêche et, enfin, l’inexistence d’une industrie navale, proprement dite, qui autonomise l’activité, au niveau endogène, en matière de construction et de réparation des grands navires de pêche. Il semble, selon les avis des experts et des professionnels du secteur, que la réponse à l’ensemble de ces questions vienne de l’approche amont, consistant dans l’initiation d’une dynamique d’innovation multidisciplinaire endogène qui permette, à terme, d’ériger une industrie sectorielle capable de combler tous les déficits évoqués.

Un secteur à consolider et des emplois à créer
Si le secteur de la pêche envisage, avec optimisme, un avenir florissant pour ses activités grâce à un changement de paradigme en matière de stratégie de développement et en matière de mode d’affectation des ressources, c’est en vue d’un secteur dynamique, économiquement viable, vivable pour ses professionnels, et créateur de richesse et d’emplois. Dans l’immédiat, en attendant les retombées effectives du plan de développement du secteur pour les quatre prochaines années au titre du quinquennat (2020-2024), il est surtout recherché la préservation de la ressource halieutique et des emplois déjà existants qui font vivre des dizaines de milliers de familles. C’est ainsi, semble-t-il, que l’effort est à la conciliation permanente entre les enjeux sociaux immédiats et les enjeux économiques de moyen et long termes.

Une ressource halieutique à trouver
Le littoral algérien, au même titre que tous les espaces du littoral méditerranéen, connaît une raréfaction de la ressource halieutique et ce ne sont pas les statistiques du secteur qui vont démentir ce constat, qui démontrent une diminution progressive des ressources sur les dix dernières années. La difficulté d’exercer une régulation arbitrale, et l’absence d’une autorégulation de la part des armateurs et des professionnels eux-mêmes, ne permettent pas de ralentir cette tendance qui commence à affecter les avals commercial et social par le biais d’une dérive des coûts et des prix à la consommation. Certes, une prise de conscience commence à se faire jour parmi les professionnels, qui redoutent la mise en péril de leur gagne-pain, mais il semble que le temps de la prise de conscience ne soit pas le temps de l’action. Par ailleurs, et malgré une politique volontariste en matière de développement de l’aquaculture marine et continentale, le processus semble requérir plus de temps pour réaliser des résultats qui pèsent dans la balance, le pourcentage de la production aquacole en Algérie ne représentant encore qu’un pourcentage infime par rapport à la pêche, sachant qu’au niveau mondial, l’aquaculture, toutes branches confondues, représente 70% de la production de poissons. D’où la nécessité de développer la pêche au large pour aller chercher le poisson (espadons, thonidés, et autres espèces migratoires), là où il se trouve dans les espaces de pêche internationaux, sur les côtes des pays partenaires, dans les océans, etc.

Des équilibres à maintenir et à promouvoir
Les artisans pêcheurs, les gens de la mer en général vivent des conditions de travail pénibles, parfois précaires, qui exposent certains d’entre eux à la marginalité et à des conditions de vie parfois extrêmes. On est loin du préjugé qui consiste à penser que les marins mènent la belle vie en négociant leur poisson au prix fort. Devant l’absence d’une gestion rationnelle et d’un réinvestissement d’une partie de leurs revenus dans le renouvellement de leurs matériels de pêche, beaucoup se retrouvent avec un gagne-pain vétuste, des filets inutilisables, dans un environnement portuaire et socio-professionnel qui n’est pas forcément dédié à leurs besoins, à leurs conditions de travail ou à leur mode d’existence. Mais il semble que le Ministère de la Pêche, qui fait un retour sur la scène depuis 2020, après cinq années d’absence, ce soit penché sur ces réalités et œuvre à y remédier à travers des approches qui associent d’autres secteurs, notamment la sécurité sociale, la formation professionnelle, etc. Cette recherche d’équilibre est un signe de lucidité salvatrice tant il est vrai que sans cette population qui donne toute sa vie à l’activité, il n’y aurait pas de pêche ni un avenir pour la pêche en Algérie. En effet, en œuvrant à renflouer socialement et professionnellement les gens de la mer, on sauve l’ensemble du secteur.

Des performances à améliorer
La création de 30 000 nouveaux emplois sur cinq ans, qui viendront s’ajouter à près de 58 000 inscrits maritimes, pour permettre de maintenir et de dépasser le seuil des 100 000 tonnes/an de poissons toutes espèces confondues, que sortent, en partie, des eaux maritimes, 5 600 embarcations,
dont 1 000 thoniers de pêche de thon blanc, et 25 thoniers pour la pêche internationale du thon rouge.
Pour le secteur, 30 000 emplois semblent être une gageure, mais celle-ci semble possible quand on considère les objectifs auxquels il prétend, qui consistent dans l’amélioration de tous les agrégats et, surtout, dans l’amélioration et la dynamisation de l’environnement industriel, de sous-traitance et de services de l’ensemble des filières. Amélioration des conditions de la pêche côtière, optimisation de la gestion des ports, investissements économiques privés et publics dans l’aquaculture marine et continentale, ainsi que dans l’industrie de fabrication des aliments pour poissons, jusque-là l’apanage de l’importation, investissements dans la construction et la réparation navales, mobilisation des professionnels autour de la dynamisation de la pêche au large. 



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