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Op-Ed

Scrutin du 4 mai, un cas d’école

La majorité des formations politiques voit s’approcher l’échéance électorale du 4 mai avec un mélange d’innocence et de méfiance.

Si les textes de la nouvelle Constitution appuyés par les assurances du président de la République laissent peu de doutes sur la sincérité qui entoure la consultation législative, il n’en demeure pas moins que les organes devant assumer ce rôle n’affichent pas « l’impartialité » souhaitée et même réclamée par la société civile et les partis politiques.

Même si l’on s’agite du côté des représentants de la cinquantaine de partis devant prendre part à ces joutes, pour faire croire au commun des mortels qu’ils ne feront pas cette fois-ci dans la figuration. Aussi bien pour ceux engagés en solo que pour ceux ayant fait le choix de faire alliance, la bataille semble farouchement engagée. Et, aussitôt donné, le coup d’envoi de la chasse aux sièges de la députation a eu en to ut cas l’effet de rallumer les ardeurs.

D’aucuns prédisaient, à raison, que les alliances et autres retrouvailles prématurément scellées avaient la vie courte, les sièges de choix semblent déjà très convoités et les visions communes brandies à la hâte s’avèrent dans ces cas contradictoires.

Aussi, si pour beaucoup les préjugés devenus obsessionnels par la force des scrutins passés sur le système des quotas longtemps « érigé par le pouvoir et ses partis-Etat en unique moyen de s’adjuger des places au sein de l’hémicycle », continuent de hanter les plus récalcitrants, la nouvelle donne apportée par l’article 194 de la nouvelle Constitution donne à espérer pour nombre d’acteurs politiques jadis indociles.

Normalement garante d’une élection transparente et sans failles, une attention toute particulière sera donc accordée à la nouvelle haute instance indépendante de surveillance des élections (HIISE). Désormais constitutionnalisé, cet organisme présidé par Abdelwaheb Derbal, dont la désignation fut admise avec des réserves par certains partis, aura la lourde tâche de faire preuve d’une infaillible clarté.

Si les pouvoirs publics ont la charge d’entourer de transparence et surtout d’impartialité l’organisation des élections, la haute instance de surveillance devra pour sa part veiller sur la crédibilité du travail accompli en amont par les services de Noureddine Bedoui, et aussi et surtout, sur le bon déroulement des élections ou encore celui du dépouillement.

Il va de soi que des cas de figure pourront faire jurisprudence, et c’est justement à ce niveau que sera attendu l’équipe de Maître Derbal. La moindre faille de cette dernière sera peu tolérée et certainement pas « pardonnée » par les représentants des parties concernées, lesquels ont pris pour caution les assurances du locataire d’El Mouradia.

De ce nouveau tournant démocratique que l’Algérie s’apprête à emprunter, une nouvelle voie est à tracer, et pourra faire école pour nombre de pays arabes et africains. Bref, si les prochaines élections s’annoncent passionnantes dans la mesure où la décantation longtemps souhaitée aura peut-être lieu, il y va aussi de la crédibilité des textes que les Algériens ont fini par accueillir avec scepticisme… Et, c’est justement pour cette raison que le scrutin du 4 mai est prometteur.

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