Scooters nautiques : un danger dans les plages
En prévision de l’ouverture de la prochaine saison estivale, le wali d’Annaba, Djamel-Eddine Berrimi, a été destinataire d’une pétition signée par plus de 1 000 citoyens de la Coquette. Ces derniers réclament l’application des dispositions réglementaires à l’encontre des scooters nautiques en bord de mer.
Les signataires de la pétition sollicitent également du wali d’Annaba une audience en vue de lui expliquer les dangers de mort que représentent «ces engins de la mort», comme cela a été constaté durant les saisons estivales précédentes. Il n’y a pas eu de saison estivale sans que la Protection civile n’ait enregistré plusieurs morts et des dizaines de blessés.
L’utilisation anarchique des jet-skis et autres embarcations à moteur sur le littoral annabi est la première cause des accidents mortels dont sont victimes les baigneurs presque chaque année. En effet, les estivants, peu soucieux des règles qui régissent cette activité de plaisance, ne respectent pas les espaces réservés aux baigneurs et sillonnent les rivages, faisant fuir tous ceux qui sont dans l’eau.
Cette situation a déjà fait l’objet de plaintes auprès des autorités, qui avaient pris en 2018 les choses en main en lançant l’opération «Najda 2018» pour sécuriser les espaces maritimes réservés à la baignade, mais il n’y a eu aucune suite. Le chef de la station maritime d’Annaba avait alors réuni les propriétaires de jet-skis immatriculés dans la wilaya pour les sensibiliser sur cette question et leur rappeler la réglementation en vigueur concernant l’utilisation de ces engins soumis aux dispositions de l’arrêté N°666 du 3 juillet 2003 fixant les prescriptions spécifiques à la navigation et à l’inspection des engins flottants nautiques à moteur.
Ainsi, il avait été clairement expliqué aux quelque 170 propriétaires de jet-skis que la navigation sur ces engins était strictement interdite à moins de 300 mètres de l’espace réservé aux baigneurs. L’utilisation de ces embarcations à moteur était autorisée uniquement de jour et strictement interdite de nuit. Les utilisateurs devaient être titulaires d’un permis de catégorie A (permis de conduire en mer). Ils devaient adopter la position assise s‘ils sont à 2 miles de la côte et la position en équilibre dynamique s’ils se trouvaient à 1 mile de la plage. Les engins utilisés devaient être immatriculés auprès des garde-côtes de la station maritime principale d’Annaba et avoir subi une visite technique approfondie avant leur mise en service. Concernant les émigrés qui rentraient au pays et qui étaient propriétaires de jet-skis, le commandant de la station maritime avait signalé que ceux-ci peuvent avoir une autorisation temporaire pour la durée de leur séjour.
Mais toutes ces instructions n’ont jamais été respectées par les usagers des engins nautiques qui, sous le soleil, enfiévrés par le plaisir de la mer, commettent souvent des fautes irréparables. Et c’est ce que, à juste titre, tenteront d’expliquer les citoyens pétitionnaires au wali d’Annaba. Aussi, il existe une anarchie concernant les documents administratifs de certains engins nautiques, dont certains ne sont même pas immatriculés. Récemment, un jet-ski abandonné a été retrouvé à 5,5 miles de la côte par un sardinier qui l’a signalé auprès des garde-côtes.
Identifié, le propriétaire a déclaré qu’il avait vendu l’engin à un cousin qui l’a essayé mais la batterie étant morte, il avait dû le laisser sur place, au large. Selon une source sécuritaire, le jet-ski a été utilisé de nuit puisqu’il a été retrouvé à 5 h avec un réservoir de carburant vide, ce qui expose le propriétaire à des sanctions et à des poursuites judiciaires. Pour rappel, plusieurs autres cas ont été signalés concernant ces embarcations de plaisance.