Scolarisation des enfants aux besoins spécifiques  : Une bataille permanente   – Le Jeune Indépendant
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Nationale

Scolarisation des enfants aux besoins spécifiques  : Une bataille permanente  

Scolarisation des enfants aux besoins spécifiques  :  Une bataille permanente  

La rentrée scolaire approche à grands pas et la problématique de la scolarisation des enfants aux besoins spécifiques refait surface. Un souci qui demeure un combat continu pour les parents. A défaut de classes spécialisées, ces derniers galèrent pour scolariser leurs enfants et ne savent pas quoi faire.    

Une situation amère pour la majorité des cas, surtout pour les parents démunis et sans ressources pour inscrire leurs enfants dans des structures spécialisées privées. En effet, et à chaque rentrée scolaire, des parents d’enfants aux besoins spécifiques se lancent dans une bataille à la recherche d’une place pédagogique au sein des établissements scolaires. Ils ne cessent d’exprimer leur mécontentement et leur frustration devant les difficultés qu’ils rencontrent afin de garantir une scolarisation à leur progéniture. 

Les plus aisés peuvent se permettre, quant à eux, de se diriger vers des établissements privés pour une meilleure prise en charge sur tous les plans. C’est le cas de Mahmoud, père de Yacine, souffrant d’un autisme léger. Son handicap a été diagnostiqué à l’âge de 3 ans. Depuis, la famille n’a ménagé aucun effort pour assurer une vie normale au petit. Comme d’autres parents, il décrit le « parcours du combattant » et la « bataille permanente » des familles qui souhaitent scolariser un enfant « différent » en milieu ordinaire. « Nous avons déposé plusieurs dossiers un peu partout pour lui faire bénéficier d’une prise en charge par un orthophoniste et un psychologue, en vain », regrette le père de Yacine. « J’ai été obligé de l’inscrire chez un privé à raison de 800 DA l’heure, dont 15 minutes de séance chez la psychologue. Cela nous a permis de constater une amélioration de son état », se console-t-il. 

Pour sa part, Naziha, mère de Meriem, une fillette de 8 ans souffrant d’un handicap moteur, raconte : « Ma fille de huit ans, qui est handicapée moteur, n’est pas vraiment turbulente en classe. Il est vrai qu’elle souffre durant les heures de classe, assise sur un banc pendant deux heures de cours. La position physique pour écrire, c’est ce qui la dérange plus, mais sur le plan moral, elle assimile correctement les conseils de l’enseignant », confie la dame. « La plupart des enseignants fraîchement diplômés n’ont aucune formation pédagogique et trouvent du mal à travailler avec des enfants différents. Parfois même ils ne les acceptent pas en classe. Cela nous fait mal, à nous les parents, qui ne demandons qu’à donner à nos enfants la chance d’apprendre et de s’intégrer avec les autres élèves », souhaite-t-elle.

Il convient de noter que ces enfants aux besoins spécifiques, par manque d’établissements publics spécialisés, poursuivent parfois leur scolarité dans des écoles ordinaires, mais ils nécessitent une attention particulière de la part des enseignants et des conseillers pédagogiques afin d’assurer un suivi régulier de leur scolarité et de les mettre à niveau avec leurs camarades.  

L’ADWA, une association pleine de vitalité  

L’association ADWA, située à Draria et exerçant depuis 22 ans, abrite les enfants dysphasiques, autistes, trisomiques et d’autres enfants souffrant d’autres retards psychomoteurs. Ces derniers sont encadrés par des orthophonistes, des psychologues et des pédagogues qualifiés. L’association accueille cette catégorie depuis l’âge de 4 ans jusqu’à 30 ans.

Contactée par le Jeune Indépendant, la responsable pédagogique au sein de l’association, Mme Adam, a indiqué que ces enfants ne peuvent poursuivre le même programme que celui des écoles étatiques car, selon elle, ils souffrent de problèmes physiques et neurologiques. Raison pour laquelle un programme spécifique et adapté leur a été conçu. Notre association permet à ses enfants d’être dans un milieu scolaire adapté mais surtout de bénéficier d’un suivi médical, notamment par des orthophonistes. « A l’école ADWA, un programme riche est consacré à ces enfants, avec des activités éducatives, professionnelles et sportives variées », indique l’orthophoniste et pédagogue. « Il est de notre devoir d’assister ces enfants et d’être à leurs côtés pour leur assurer un enseignement adapté qui leur permette la meilleure inclusion scolaire, socioprofessionnelle et surtout sociale », ajoute Mme Adam, soulignant qu’au niveau de l’école sont enseignés les principes fondamentaux que sont le calcul, la lecture et l’écriture. 

Selon la responsable, le personnel de l’association a mis son expérience et ses compétences au service de ces enfants aux besoins spécifiques qu’il faudrait accompagner avec dévouement mais aussi sincèrement aimer. Ce n’est pas tout, le personnel de l’association vient aussi au chevet des parents. Les parents viennent chez nous totalement déboussolés et, parfois, ils n’ont même pas de diagnostic concernant le problème de leur enfant. Et c’est à notre équipe d’intervenir pour les orienter et s’occuper du suivi de l’enfant », explique Mme Adam. 

Il faut dire que les enfants de l’école ADWA, avec un tel encadrement, spécialisé, humain, ouvert aux arts et hautement moral, ne peuvent que surmonter leur handicap et vivre pleinement en harmonie, d’abord avec eux-mêmes, ensuite avec leurs proches et le monde qui les entoure.  

1 000 classes spéciales ouvertes en 2022           

Plus de 30 000 enfants aux besoins spécifiques sont inscrits dans des établissements spécialisés cette année, a révélé la ministre de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition féminine, Kaouthar Kriko. Le nombre de classes spéciales réservées aux élèves souffrant d’un retard mental et auditif a atteint, au cours de l’année scolaire 2022/2023, les 1 000 classes. Dans le même sillage, elle a rappelé que l’éducation et l’enseignement spécialisé pour cette catégorie d’enfants sont assurés par un réseau composé de 240 établissements spécialisés, dont 238 fonctionnels, renforcés par 15 annexes, tous financés par l’Etat et répartis à travers le territoire national. 

Dans une déclaration, en marge d’une visite d’inspection qui l’a conduite dans une école pour enfants malentendants à Rouiba, la ministre a mis le point sur l’état d’avancement des préparatifs de la rentrée d’école pour cette catégorie. En effet, elle a fait savoir que le nombre d’enfants en situation de handicap inscrits pour la rentrée prochaine dépasse les 30 000, avec différents handicaps (moteur, auditif, visuel et mental). S’agissant de l’encadrement au profit de ce groupe, la ministre a indiqué que le personnel pédagogique pluridisciplinaire comprend des psychologues, des éducateurs disciplinaires, des enseignants et des assistants sociaux, en plus de la prise en charge psychologique de cette catégorie d’enfants, en coordination avec les parents et les associations actives dans ce domaine. 

Dans ce contexte, Mme Kriko a confirmé que le secteur a pris toutes les mesures et dispositions nécessaires pour faire de cette rentrée scolaire une réussite, notamment en ce qui concerne les aspects psychologiques, éducatifs et pédagogiques ainsi que les aides pédagogiques, considérant très important d’intégrer cette frange dans la société. 

Lors de cette visite, la première responsable du secteur de la solidarité a inspecté les classes et l’espace dédié à l’activité sportive ainsi que la bibliothèque et les divers moyens pédagogiques mis en place au profit de cette catégorie. Il faut avouer qu’aujourd’hui, beaucoup d’enfants, en dépit des efforts consentis par les autorités à la faveur d’une batterie de lois promulguées, n’arrivent toujours pas à avoir accès à l’école faute de textes d’application ou encore en raison du regard des autres, très souvent méprisant.  

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