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Nationale

Que faire des autistes dans le milieu scolaire ?

Que faire des autistes dans le milieu scolaire ?

Chaque année, à l’approche de la rentrée scolaire, la problématique de la scolarisation des enfants autistes et autres enfants aux besoins spécifiques refait surface. A défaut de classes spécialisées, les parents galèrent pour scolariser leurs enfants.

C’est pourquoi le ministère de l’Education nationale a décidé de recruter 400 auxiliaires de vie scolaire à partir de la rentrée 2023/2024. Reste à savoir si ces derniers seront en mesure d’assurer une prise en charge efficace et si leur nombre est suffisant.

Sans la présence d’auxiliaires de vie scolaire pour les encourager et les assister dans l’apprentissage, les enfants autistes, du moins ceux qui sont acceptés dans des classes ordinaires, ne peuvent pas suivre leur cursus, estiment les spécialistes en la matière.

C’est la raison pour laquelle, il a été décidé de recruter 400 accompagnants, dans le but de permettre à cette catégorie d’élèves de poursuivre leur scolarité dans un milieu ordinaire. Ces auxiliaires de vie sont censés aider les élèves autistes dans les activités qui s’avèrent difficiles pour eux, de les aider aussi dans leurs relations sociales, d’assurer notamment leur sécurité lors des activités pédagogiques et de leur apprendre, en même temps, à être autonomes, selon Fatiha Bacha, militante dans le domaine éducatif. 

Contacté par le Jeune Indépendant, elle a déclaré être satisfaite de la décision prise par les autorités, qui se sont « enfin penchés sur les difficultés et les peines que rencontre cette catégorie d’enfants, « délaissés depuis longtemps dans leur cursus scolaire, comme c’est le cas également pour d’autres handicaps ».

Mme Bacha estime que c’est une bonne décision qui entre dans le cadre du droit des enfants handicapés, mais l’application de ce projet pour l’année prochaine est, selon elle, précipité vu que rien n’a été préparé tant sur le plan de la formation des enseignants et des auxiliaires que sur le plan de la préparation d’un programme pédagogique spécial pour cette catégorie.

Elle a cependant fait remarquer qu’un auxiliaire d’un enfant autiste demande une formation spéciale très proche du médical. Raison pour laquelle une formation spécialisée doit être programmée pour ces futurs auxiliaires de vie scolaire. Pour ce qui est de leur nombre, Mme Bacha explique que « jusqu’à présent, nous ne disposons pas encore de vraies statistiques sur le nombre d’enfants autistes pour évaluer le nombre d’auxiliaire à recruter à l’échelle nationale ».

La spécialiste espère que les autorités réfléchissent dorénavant à ouvrir des concertations avec les principaux concernés pour que l’application de ce genre de décisions réussisse sur le terrain.

 Il convient de souligner que les parents d’enfants autistes ou ceux atteints d’autres handicaps ne cessent d’exprimer leur mécontentement et leur frustration devant les difficultés qu’ils rencontrent afin de garantir une scolarisation à leur progéniture.  

Les plus aisés peuvent se permettre, quant à eux, de se diriger vers des établissements privés pour une meilleure prise en charge sur tous les plans. C’est le cas de Mahmoud, père du petit Kimou, souffrant d’un autisme léger. Son handicap a été diagnostiqué à l’âge de 3 ans. Depuis, la famille n’a ménagé aucun effort pour assurer une vie normale au petit. Comme d’autres parents, il décrit le « parcours du combattant » et la « bataille permanente » des familles qui souhaitent scolariser un enfant « différent » en milieu ordinaire.

 « Nous avons déposé plusieurs dossiers un peu partout pour lui faire bénéficier d’une prise en charge par un orthophoniste et un psychologue, en vain », regrette le père de Yacine. « J’ai été obligé de l’inscrire chez un privé à raison de 800 DA l’heure, dont 15 minutes de séance chez la psychologue. Cela nous a permis de constater une amélioration de son état », se console-t-il.

Il déplore toutefois le fait que certaines personnes n’ont encore pas compris que la place de ces autistes est dans un environnement ordinaire avec les autres enfants au sein des crèches, des clubs sportifs et des établissements de la formation professionnelle. « Leur place est dans la société et non pas dans les établissements spécialisés, qui ont tendance à accentuer leur isolement et les exclure définitivement de la société », affirme-t-il.   



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