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Scientifiques, agriculteurs et investisseurs main dans la main pour lancer le secteur

Scientifiques, agriculteurs et investisseurs main dans la main pour lancer le secteur

C’est en grande pompe que le Salon de l’agriculture de trois jours, initié par la Direction des services agricoles de la wilaya, a été lancé jeudi dernier dans la matinée. Le rendez-vous auquel ont pris part des industriels, des agriculteurs, des éleveurs, des universitaires et des chercheurs.

Ont pris part à l’événement également les responsables de la wilaya, à leur tête, Brahim Merred, et le président de l’APW, Mohamed Klalèche, a été une occasion pour la famille universitaire surtout de rappeler sa disponibilité à mettre à la disposition des agriculteurs et autres professionnels de l’agriculture son apport scientifique et donner également la preuve que le développement de l’agriculture dans la wilaya de Tizi Ouzou ne relève pas du mythe pour peu qu’une réelle volonté politique se manifeste dans cette perspective.

Et tout indique justement qu’il existe une réelle volonté politique de développer l’agriculture dans notre pays. En tout cas, le discours de Brahim Merred à l’occasion de l’ouverture de ce Salon dans l’espace du centre de loisirs scientifiques et culturels, plaide pour cette thèse.

En effet, dans sa longue allocution devant une assistance nombreuse et attentive, le wali de Tizi Ouzou a déclaré dès le début de son intervention que « cette crise, qui affecte les économies pétrolières, nous interpelle et nous contraint à réorienter notre développement national, car il faut nous sortir de cette situation difficile où l’économie nationale est à la merci d’un marché pétrolier inconstant. »

« Les pouvoirs publics, indique encore Brahim Merred après avoir mis l’accent sur la nécessité de mettre toutes les potentialités existantes en exploitation, se sont déjà attachés à mettre en œuvre et à intégrer dans l’œuvre de développement les richesses agricoles du pays.

Ainsi, ils ont inscrit, dans le programme quinquennal 2015 – 2019, une série d’actions dont la visée est la sécurité alimentaire durable du pays, qui passe nécessairement par la substitution des importations qui grèvent le budget national.

« Tout en mettant en avant des données chiffrées sur les productions agricoles de la wilaya, le wali a affirmé encore que le développement de l’agriculture « repose fondamentalement sur l’investissement, tout particulièrement dans le secteur privé avec ses agriculteurs, ses éleveurs, ses pêcheurs, ses opérateurs économiques et ses industriels de l’agroalimentaire. « 

Très documenté sur le secteur agricole, Brahim Merred est allé jusqu’à citer les espèces arboricoles étant de grands vecteurs économiques dans la région. Il citera entre autres le noyer, l’amandier, le châtaignier et l’érable comme des éléments à produire, et ce en passant par les différents créneaux relevant de la sylviculture.

Le wali indiquera enfin que la wilaya de Tizi Ouzou recèle des ressources humaines et naturelles pour mener convenablement son développement et contribuer fortement à la promotion de l’agriculture du pays, laquelle constitue indéniablement une richesse renouvelable. »

Pour sa part, le président de l’APW dira en premier lieu que « c’est un événement (tenue du Salon) visant à faire la promotion de l’investissement dans le secteur agricole et sensibiliser les agriculteurs et les opérateurs économiques sur les opportunités économiques que recèle ce secteur, ainsi que certains avantages qui demeurent peu vulgarisés. »

Après avoir mis en exergue l’importance de l’agriculture puisque dans tous les pays du monde elle constitue un secteur névralgique et stratégique et « qu’elle relève de la politique stratégique des Etats du monde », Mohamed Allalèche a assuré que l’institution qu’il préside « n’a pas ménagé ses efforts pour débattre et apporter des solutions aux problèmes de ce secteur dans notre wilaya. » Après avoir cité certaines des manifestations agricoles convoquées par l’APW, Mohamed Allalèche a mis l’accent sur les insuffisances et les carences dont souffre le secteur agricole dans la wilaya de Tizi-Ouzou.

Dans ce cas précis, le président de l’APW dira sans ambages : « Le secteur agricole fait face à plusieurs contraintes et problèmes qui n’encouragent guère les agriculteurs et les éleveurs à poursuivre leur noble travail.

La superficie agricole utile de la wilaya demeure sous-exploitée et très peu productive. L’irrigation ne concerne que quelques 8 000 ha, soit environ 10% de la surface agricole utile identifiée par les services agricoles de la wilaya. A cela s’ajoutent des milliers d’hectares qui restent des surfaces improductives, voire en jachère.

C’est pourquoi, nous considérons que l’assainissement de cette situation doit être la préoccupation majeure et immédiate des pouvoirs publics. La carte agricole de la wilaya passera inévitablement par un vrai diagnostic, un assainissement et la production des vraies statistiques agricoles.

« Le président de la première institution élue de la wilaya de Tizi Ouzou s’attardera encore longtemps sur les différentes carences dont souffre la grande famille agricultrice de la wilaya de Tizi Ouzou.

Alors que le politique et l’administrateur ont donné leur vision de l’élément agricole, quelle est donc celle du scientifique ? Les scientifiques, présents en force à ce rendez-vous, ont souligné que le développement de l’agriculture dans la wilaya, et ce dans tous les créneaux et dans toutes les filières, ne relève pas du mythe pour peu qu’il y ait une réelle volonté politique dans ce sens. L’intervention de ces universitaires a permis aussi de chasser certaines croyances que l’on croyait basées sur du juste.

Le Dr Mohamed-Saïd Metahri, expert de la ressource hydrique et enseignant à l’université Mouloud-Mammeri, a déclaré, à l’issue de son intervention sur les capacités hydriques de Tizi Ouzou, que l’eau obtenue des stations d’épuration, c’est-à-dire après traitement, est la mieux indiquée pour l’arrosage des cultures.
« C’est une eau, a-t-il indiqué, qui contient de la matière nutritive tel que le potassium et dont ont besoin les cultures, et ce soit par irrigation, soit par arrosage « .

Le Dr Mohamed-Saïd a informé l’assistance que les Américains arrosent et irriguent 80% leurs cultures avec des eaux obtenues à partir des stations d’épuration. Préférant le langage des chiffres, cet expert en ressources hydriques a révélé aussi que le taux annuel de pluviométrie à l’échelle nationale est seulement d’un millimètre ; donc l’Algérie fait partie des pays « hydro-sensibles « . La wilaya de Tizi Ouzou a, quant à elle, enregistré une moyenne annuelle de 88 millimètres. En dépit de cela, son déficit annuel est de 600 millimètres. « Le climat algérien dans son ensemble est à considérer comme aride « , a relevé le conférencier.

A la question de savoir si la wilaya de Tizi Ouzou peut combler le déficit en eau pour les régions arides du pays, le Dr Mohamed-Saïd Metahri a répondu par l’affirmative.
« Pour cela, indique-t-il, il faut exploiter à bon escient les ressources hydriques de notre wilaya « . Selon les termes de cet expert, les versants d’Oued-Sébaou et côtier regorgent d’eau. Le besoin global en eau de l’Algérien est de 1 700 m3 par an.

Par « global « , il faut comprendre toutes sortes d’utilisations d’eau. Pour sa part, Mme Boudiaf Naït-Kaci, experte en agriculture et enseignante à l’université Mouloud-Mammeri a expliqué les méthodes scientifiques à utiliser dans l’agriculture notamment dans la culture oléicole. Cette experte écarté une croyance de plusieurs siècles en Kabylie, à savoir les margines.

Ce liquide noirâtre que dégagent les olives après la cueillette est d’un grand intérêt nutritif pour la terre alors que les agriculteurs, et spécialement les oléiculteurs, pensaient qu’une c’est une matière nocive. Toujours dans le cadre oléicole, Mme Boudiaf Naït-Kaci a plaidé pour le greffage d’oléastres, car « c’est la meilleure façon d’obtenir de bons oliviers « .

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