Scène culturelle 2023: Une année riche en activités sous l'ombre de Gaza – Le Jeune Indépendant
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Culture

Scène culturelle 2023: Une année riche en activités sous l’ombre de Gaza

Scène culturelle 2023:  Une année riche en activités sous l’ombre de Gaza

L’Algérie a connu une année culturelle riche et diversifiée, marquée par des événements artistiques, des réalisations historiques dans divers domaines, et un engagement sans précédent pour les causes essentielles. Mais ce qui sort du lot sur la scène culturelle 2023, c’est en premier lieu la parution du décret présidentiel sur le statut de l’artiste.

Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a signé le décret tant attendu par les artistes algériens. Paru le 7 Rabie Tani 1445 correspondant au 22 octobre 2023, ce décret publié dans le numéro 70 du Journal officiel, fixe la loi fondamentale visant à définir les droits et devoirs de l’artiste, notamment l’attribution de la carte professionnelle et leur droit à la sécurité sociale.

Un autre évènement tant attendu par le monde culturel est l’adoption du projet de loi sur le cinéma. Le Conseil des ministres, réuni le 12 décembre dernier, sous la présidence du Chef de l’Etat, Abdelmadjid Tebboune, a adopté le projet de loi relatif à l’industrie cinématographique. Tebboune a chargé lors de cette réunion, la ministre de la Culture et des Arts, Soraya Mouloudji, de la création d’une instance nationale, dont les missions seront attribuées aux gens du secteur, afin de superviser l’activité cinématographique et de relancer ce domaine vital, notamment avec la production, ces dernières années, d’excellentes œuvres dramatiques et l’émergence de jeunes talents en actorat et en réalisation.

Il s’agit aussi d’encourager tous les talents et les compétences cinématographiques en Algérie, tout en captant celles parmi les enfants de la communauté nationale à l’étranger en leur ouvrant la voie pour présenter leurs œuvres et contributions, pour faire de 2024 l’année du lancement de la production cinématographique».

En avril dernier, les travaux des assises nationales sur la politique de l’industrie cinématographique en Algérie se sont déroulés au Centre de conférences (CIC), Abdelatif Rahal. L’objectif de cette initiative était de débattre et d’enrichir la loi relative à l’industrie cinématographique, d’une part et de définir les principaux contours de la stratégie prospective du secteur du cinéma en Algérie.

Célébration du Soixantenaire de l’indépendance

L’Algérie a également célébré, cette année, le Soixantenaire de son indépendance. La scène culturelle a connu une activité significative, notamment à travers des colloques internationaux, la production de films fictions et documentaires, ainsi que des pièces de théâtre traitant de sujets liés à la révolution algérienne.

Ces événements ont rendu hommage aux personnalités et aux événements historiques clés tout en renforçant l’engagement de l’Algérie en faveur de causes essentielles telles que l’unité africaine, la résistance culturelle, la cause palestinienne.

Parmi les moments forts de cette soixantaine d’indépendance, cinq colloques internationaux ont joué un rôle majeur en prévoyant un espace culturel et intellectuel d’une grande importance sur les plans académique et de la recherche.

Le secteur du cinéma a également connu des avancées significatives, avec la production de 11 films fictions et 6 films documentaires, pour la célébration du Soixantenaire de l’Indépendance.

D’autres activités, à l’instar des projections et des caravanes cinématographiques équivalent à plus de 200 projections cinématographiques ont été organisées dans plus 20 wilayas. Environ 3000 jeunes amateurs ont bénéficié de divers ateliers de formation dans plusieurs domaines cinématographiques. Parallèlement, le Théâtre national algérien Mahieddine-Bachtarzi a consacré un mois entier à la présentation de 16 pièces de théâtre liées à la célébration de l’indépendance.

Par ailleurs, des efforts ont été déployés pour la préservation du patrimoine culturel. L’Algérie a déposé, le mois de mars dernier, un dossier de classification sur le «Costume féminin de cérémonies dans le grand Est algérien : savoirs et savoir-faire associés à la confection et à la parure de la gandoura et de la melhfa», sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité.

Activités en stand-by en solidarité avec Ghaza

En solidarité avec le peuple palestinien, qui subit ces derniers mois un génocide commis par la machine de guerre israélienne sioniste, l’Algérie, a décidé de suspendre temporairement toutes les activités à caractère festif sur le territoire national, jusqu’à nouvel ordre. La suspension des activités festives concerne des événements tels que la musique, la danse et les activités en plein air.

Cependant, certains événements culturels importants, tels que le Festival international du théâtre de Béjaïa, le Festival national du théâtre professionnel (FNTP) et le Salon international du livre d’Alger (Sila), ont été maintenus.

Deux événements culturels majeurs ont été impactés par cette décision. Il s’agit du Festival culturel international de musique symphonique (FCIMS), prévue du 19 au 26 octobre et du Festival du film méditerranéen d’Annaba, qui devait se dérouler du 3 au 9 novembre dernier.

La 3e édition du Festival international du monodrame féminin, a été organisée du 6 au 10 novembre dans la wilaya d’El Oued, avec la participation de la Palestine en tant qu’invitée d’honneur. Cependant, les activités festives associées à cet événement ont été annulées. De même pour le Festival local du théâtre professionnel de Sidi Bel Abbès, programmé du 19 au 24 octobre 2023.

Après huit années d’absence, depuis 2015, le Festival «l’été en musique» est revenu cette année avec un programme riche et varié au goût de tous les mélomanes. Organisé par l’Office national de la Culture et de l’Information (ONCI), cette manifestation culturelle d’envergure internationale s’est tenu du 22 au 30 du mois en cours et ce au théâtre de plein air du Casif Sidi-Fredj.

Ils nous ont quittés en 2023

La scène culturelle algérienne a connu une année marquée par des adieux poignants, alors que plusieurs artistes, hommes et femmes de lettres, et acteurs culturels ont tiré leur révérence durant l’année dernière. Leurs contributions exceptionnelles dans divers domaines artistiques ont grandement enrichi et préservé le patrimoine culturel national.

Au seuil de 2023, la culture algérienne avait déjà perdu une lumière avec le décès du poète et écrivain Mohamed Lakhdar Abdelkader Essaihi, alias « Essaihi Essaghir ». C’était il y a tout juste un an, le premier janvier.

Ce n’était qu’un prélude à une série de pertes, englobant des personnalités marquantes, telles que le photographe Adolfo Kaminsky qui s’était engagé pour la cause algérienne durant la Guerre de libération nationale, le chanteur Mohamed Zanoun, et le violoniste de musique andalouse Mohamed Yahia Barloy, qui ont, chacun dans son domaine, contribué à la richesse artistique du pays.

Le mois de février 2023 a été marqué par la disparition du professeur et metteur en scène Omar Maayouf, ainsi que par celle de la jeune musicienne Fatima Billal de l’Association « Kortoba » de musique andalouse. Ces départs ont laissé un vide dans le paysage culturel, ébranlant ceux qui ont grandi au rythme de leurs créations.

Le deuxième trimestre de 2023 n’a pas épargné la scène artistique algérienne. En avril, le monde de la photographie perdait Salem Klari, tandis que la voix de la chanteuse Meriem Wafa s’éteignait aussi. Puis vint mai avec le décès de Kaddour Brahim Zakaria, réalisateur émérite, suivi par celui de Saïd Bensalma, figure emblématique du théâtre national algérien.

Juin a marqué la fin de plusieurs parcours, notamment ceux du trompettiste Djaffar Bensetti et du percussionniste Mustapha Berkani. Ces musiciens, aux talents indéniables, laissent derrière eux un héritage musical qui continuera de résonner.

La seconde moitié de 2023 fut caractérisée par un cortège de départs déchirants. Des personnalités comme Kamel Yahiaoui, artiste plasticien et poète, et Djamel Megharia, chanteur chaâbi engagé, ont quitté la scène en juillet. En août, le monde du rire perdait Wahid Bouzidi, comédien humoriste.

La liste des noms qui ont marqué ce semestre inclut également le jeune chanteur raï Cheb Aymen, ainsi que Ahmed Nezzar, connu sous le nom d’artiste « Ahmed Er’Refâa ». La richesse culturelle de l’Algérie a été sérieusement ébranlée par ces départs successifs.

Les derniers mois de l’année ont vu le départ de Brahim Derri, ancien membre de la Troupe historique du FLN, du comédien Abdelhalim Zribi, et de l’académicien Abdelmalek Mortadh en novembre. Décembre a ajouté des noms à cette liste, notamment le chanteur chaâbi Cheikh H’mida Benhenda et l’artiste plasticien Abderrahmane Mekki. Ce mois, n’a pas épargné non plus l’homme de lettre, journaliste culturel et critique d’art Ameziane Ferhani qui s’est éteint cette semaine à l’âge de 69 ans.

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