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Nationale

Scandale des moutons de l’Aïd 2026 : Le procureur révèle un trafic de plus d’un million de têtes ovines

Scandale des moutons de l’Aïd 2026 : Le procureur révèle un trafic de plus d’un million de têtes ovines

L’opération nationale d’importation de moutons pour l’Aïd Al-Adha 2026 vire au scandale d’État. Le procureur général près la Cour d’Alger a annoncé la présentation de 41 suspects devant le Pôle pénal économique et financier, débouchant sur 13 placements en détention provisoire. Entre failles sanitaires majeures, détournements des marchés publics et surfacturations aériennes, retour sur une affaire qui ébranle le secteur agroalimentaire algérien.

Ce qui devait être une bouffée d’oxygène pour le pouvoir d’achat des Algériens s’est transformé en un dossier financier et sanitaire explosif. Treize (13) accusés ont été placés en détention provisoire et vingt-huit (28) autres sous contrôle judiciaire, a indiqué le procureur général près la Cour d’Alger, Mohamed Kamel Ben Boudiaf. Tous sont poursuivis pour abus de fonction, trafic d’influence, dilapidation de deniers publics, violation de la législation des marchés publics et blanchiment d’argent.

Pour comprendre la gravité de cette affaire, il convient de rappeler que face à la flambée continue des prix de la viande rouge et aux sécheresses successives impactant le cheptel local ces dernières années, les hautes autorités algériennes avaient pris des mesures exceptionnelles.
L’Algérienne des viandes rouges (ALVIAR) s’était vu confier la mission d’importer massivement du bétail pour casser la spéculation, réguler le marché et garantir des prix abordables aux citoyens (fixés initialement autour de 120 à 180 € l’équivalent local par tête). Mobilisant d’importantes devises du Trésor public, cette opération d’un million de têtes ovines pour l’Aïd 2026 était donc stratégique et ultra-prioritaire.
C’est précisément ce dispositif de secours économique qui a fait l’objet de détournements massifs, démasqués par le Pôle pénal économique et financier.

Un double fiasco financier et sanitaire 

Les enquêtes préliminaires menées par les services de sécurité ont révélé des dysfonctionnements majeurs articulés autour de deux volets. La sécurité sanitaire sacrifiée et des milliers de bêtes mortes
Entre le 25 mars et le 29 mai 2026, 1.002.332 têtes ovines ont été importées. Cependant, dès l’arrivée des cargaisons au port de Béjaïa, l’inspectrice vétérinaire des postes frontaliers a donné l’alerte, les animaux présentaient des symptômes cliniques de maladies contagieuses.
Au lieu d’appliquer le protocole de quarantaine strict, le directeur général des services vétérinaires du ministère de l’Agriculture a dépêché une commission dépourvue de l’expertise requise pour forcer le passage. Résultat de cette négligence : 3.615 moutons sont morts, 10.727 ont dû subir un abattage sanitaire d’urgence, et des milliers d’autres ont été séquestrés. Pire encore, l’enquête a prouvé qu’en date du 23 avril, les courtiers étrangers avaient frauduleusement remplacé dans le pays d’origine les moutons sains et agréés par des bêtes d’origine inconnue juste avant l’embarquement.

Sur le plan financier, les enquêteurs ont mis au jour une parodie de concurrence lors de la consultation internationale N°2 de l’année 2026. Après avoir simulé des procédures légales, ALVIAR a basculé vers un système de gré à gré simple. Plus de 700.000 têtes ont ainsi été attribuées à seulement quatre opérateurs privilégiés.
La fraude s’est accompagnée d’écarts de prix injustifiés (surfacturations allant de 5,35 à 6 euros le kilo). Plus aberrant encore est le coût de transport de certains moutons importés par voie aérienne a atteint la somme astronomique de 900 euros par tête, entièrement supportée par l’État. Pour couvrir ces malversations, les procès-verbaux des commissions d’évaluation ont été falsifiés et antidatés.

Des actions fermes
Le coup de filet a touché le cœur même de la structure d’ALVIAR. Parmi les mis en cause figurent le directeur général de l’entreprise, le directeur des finances, les responsables de la facturation, de la comptabilité, du service commercial, ainsi que les membres de la commission d’ouverture des plis.
L’enquête s’est également élargie au marché de la fourniture des boucles d’identification électroniques (puces auriculaires), où des délits d’initiés et des divulgations d’informations confidentielles ont été constatés, impliquant notamment le directeur de la société SPINTECH et le gérant d’une entreprise privée.
Toutes les personnes impliquées font l’objet d’une interdiction de sortie du territoire national (ISTN). En conclusion, M. Ben Boudiaf a martelé que le parquet traiterait ce dossier avec la plus grande fermeté .

Selon lui,  toute atteinte à cette opération nationale constitue une atteinte directe aux deniers publics, à la régulation du marché et à la sécurité sanitaire, mais aussi à la confiance du citoyen envers ses institutions.



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