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Nationale

Scandale au BP du FLN

Scandale au BP du FLN

Un membre important du Bureau politique du FLN aurait exigé d’un candidat la bagatelle de 2 milliards de centimes pour lui garantir une bonne place dans la liste du parti aux prochaines législatives. Selon ce candidat, un ancien député assez connu élu dans la circonscription de Constantine, il existe bel et bien un chantage de la part de certains membres du BP, soit-disant influents.
Ses paroles ne sont pas de simples accusations ou des dénonciations fallacieuses. La preuve, il a enregistré toute la conversation et les négociations dans son téléphone mobile et le contenu aurait été déposé auprès de qui de droit, c’est-à-dire auprès des autorités compétentes.
C’est ainsi qu’il ressort de cette négociation que le membre du BP n’a pas agi seul, puisqu’il avance trois autres membres de l’instance complices, en plus d’un autre individu sans attaches partisanes (très influent et très écouté au sein du FLN paraît-il) et que cette somme de 2 milliards serait partagée selon un accord entre eux.
Selon des informations parues dans la presse, notamment dans le quotidien arabophone El Bilad, cette affaire risque d’éclabousser des dirigeants du FLN et révéler l’ampleur des pratiques immorales enracinées chez plusieurs partis politiques. Ce sont ces pratiques qui ont permis à des « nababs » et d’autres « fortunes sales » de s’introduire dans le monde de la politique en obtenant la validation des tickets gagnants pour le Parlement. Des sources du parti affirment que la Présidence aurait bloqué toute médiatisation de cette affaire jusqu’à nouvel ordre, bien qu’une enquête aurait été ouverte pour connaître les tenants et les aboutissants de ce scandale.
Le contexte actuel ne serait pas favorable à l’éclatement de ce scandale, alors que l’opinion publique devrait être mobilisée pour une meilleure participation aux urnes, d’autant que les législatives demeurent traditionnellement les élections les moins aimées par l’électorat algérien.
C’est ce genre de pratiques qui aurait poussé le président Bouteflika et son proche entourage à mettre le holà et à créer un comité restreint ad-hoc en mobilisant son Premier ministre Sellal et le ministre de la Justice et garde des Sceaux, Tayeb Louh. Ses plus fidèles partisans ont conduit les séances de l’hôtel Moncada loin des « lobbyings » et des « influences » malsaines. Aucun dirigeant du FLN, même les plus connus, n’a eu le privilège de s’approcher des « tisserands » des listes du parti. Même le SG Ould Abbès, qui avait par le passé critiqué et dénoncé le comportement malsain de quelques membres du BP, aurait été mis à l’écart lors de la confection des listes de candidatures. Pour ce comité restreint anti-corruption au FLN, il fallait concrétiser trois instructions majeures du président du parti. Première instruction : éliminer tous les membres du BP qui veulent se porter candidats et les mettre à l’écart de toute recommandation d’une liste ou d’un nom.
Deuxième instruction : écarter tous les partisans de l’ex-SG Saâdani Amar tombé en disgrâce en octobre dernier, aussi bien les membres du comité central que les mouhafedhs désignés au cours de son mandat. Troisième instruction : repêcher les personnalités qui s’étaient opposées à Saâdani et récupérer ainsi les compétences politiques et intellectuelles du parti, isolées et ignorées depuis quelques années, à la seule condition qu’elles soient favorables au programme de Bouteflika.
Ce sont ces instructions de dernière minute qui auraient créé des surprises lors de l’annonce des listes et leur dépôt, et suscité des « colères » passagères.
A la suite de cette affaire de corruption et de marchandage politique, l’entourage de Ould Abbès s’attend à un vrai toilettage dans les rangs du parti, notamment dans ses instances supérieures. Dès la fin des législatives, deux options se présentent au SG, nous dit-on. Changer complètement la composante humaine du Bureau politique en convoquant une session extraordinaire du comité central, ou organiser un Congrès extraordinaire du parti qui va balayer tous les dommages de la parenthèse Saâdani en changeant aussi bien le BP que le Comité central.
Il semble, d’ailleurs, que c’est ce second scénario qui est privilégié pour le moment en raison de ses avantages politiques et organiques, à deux ans de la cruciale présidentielle de 2019.

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