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Culture

Salon national de l’artisanat traditionnel

Salon national de l’artisanat traditionnel

C’est le jardin colonel Mohand Oulhadj qui abrite à partir d’aujourd’hui et jusqu’au 23 de ce mois le septième salon de l’artisanat traditionnel, manifestation à laquelle sont conviées par moins d’une quarantaine de wilayas et dont 36 sont retenues comme participantes.

C’est ce qu’ont révélé Saâdi Aït-Zerrouk et Ramdane Laddouri, respectivement sous-directeur de la Chambre de l’artisanat et des métiers de la wilaya de Tizi-Ouzou (CAMTO) et Président de la commission tourisme et artisanat au sein de l’APW de Tizi-Ouzou, lors d’une conférence de presse tenue à l’hôtel Le Belloua de Tizi-Ouzou.

Alternant dans la prise de parole, ces deux conférenciers, au verbe très aigu, ont présenté la tenue de ce 7e Salon sous toutes ses formes et sous tous ses angles. 

« Le premier objectif, signale sans ambages le sous-directeur de la Chambre de la CAMTO, est de permettre une parfaite connexion entre les différents artisans nationaux ; connexion qui permettra une meilleure maîtrise de l’art artisanal, et ce en termes de la qualité du produit qu’en termes de valeur économique, commerciale et culturelle ».

Dans le même contexte, Saâdi Aït-Zerrouk a noté que la CAMTO, en tant que tutelle, veille à accompagner, à sensibiliser et à orienter les artisans dans leurs différentes activités ». Cette conférence de presse a révélé également que dorénavant, il n’est plus question d’une manifestation aux relents beaucoup plus folkloriques qu’économiques, mais bel et bien d’un rendez-vous aux dividendes économiques, sociaux et culturels certains.

C’est dans ce sens même que le sous-directeur de la CAMTO a affirmé que chaque participant à ce 7e Salon – 153 sont déjà retenus – est tenu par l’obligation de versement d’un montant de 3 000 DA.

A notre question de savoir le coût de cette manifestation, Saâdi Zerrouk a avancé le montant de 3 000 000,00 DA. Pour sa part, Ramdane Laddouri a reconnu qu’au niveau de la wilaya de Tizi-Ouzou, si beaucoup a été réalisé dans le domaine artisanal, il n’en demeure pas moins que beaucoup reste à faire aussi, notamment dans le domaine du savoir commercialisé à grande échelle.

L’intervention du représentant de l’APW à ce sujet a été déclenchée par la révélation d’un confrère qui a soulevé l’étrange fait que l’Algérie importe du couscous de la Côte-d’Ivoire alors que nos artisans et spécialistes de l’art culinaire « pullulent » en sus du fait que le couscous soit un plat national.

Des « dribles » se sont poursuivis sur cette question de couscous. En effet, les deux conférenciers ont été saisis par le fait que ce sont des Français qui font de nos jours la promotion du couscous en Amérique du Nord, et ce évidemment pour le compte de la France alors que la communauté algérienne dans cette partie
géographique du monde n’est pas des moindres. » Le sous-directeur de la CAMTO ne s’est pas montré fataliste bien qu’il ait reconnu « l’existence de lacunes ».

« Les produits des artisans de notre wilaya sont très bien côtés dans les autres wilayas du pays. Nos artisans sont également très sollicités pour participer à des manifestations culturelle dans les autres wilayas du pays », a déclaré avec assurance Saâdi Aït-Zerrouk avant de poursuivre que la wilaya de Tizi Ouzou représente l’Algérie à l’étranger dans ce domaine artisanal. « D’ailleurs, ajoute le sous-directeur de la CAMTO, les artisans de notre wilaya prendront part à la Foire internationale de Marseille (France) qui aura lieu du 25 septembre au 5 octobre de l’année en cours ».

Concernant la bijouterie, Saâdi Aït-Zerrouk a annoncé que le salon national du bijou se tiendra au chef-lieu de wilaya de Tizi Ouzou du 25 au 30 août 20I5.

Le sous-directeur de la CAMTO mettra ensuite l’accent sur la primauté qui est désormais réservée à la qualité et non au nombre d’artisans. Cette assertion du conférencier trouve justificatif à partir de certaines protestations des artisans qui ne sont aucunement justifiées comme les fabricants du tapis qui se plaignent du manque de la laine.

« A Tiaret, souligne le sous-directeur de la CAMTO, il existe un centre de collecte de laine dont les prix sont très abordables et que nous avons fichés d’ailleurs et mis à la connaissance de tous les milieux concernés ».

A ce moment, Ramdane Laddouri renchérit par une révélation : « Selon les données fournies par le ministre concerné, il y a 30 millions de quintaux de laine invendues à l’échelle nationale ».

Un confrère a révélé à son tour que dans la wilaya de Djelfa, les producteurs de laine ne trouvent pas acheteurs de leur produit. Pourquoi alors les tisseurs et tisseuses de laine de la wilaya de Tizi-Ouzou se plaignent constamment de la disette de laine ? « S’il est vrai que nos artisans arrivent à fabriquer de bons produits artisanaux, il n’en demeure pas, hélas, qu’il leur manque la maîtrise de la science commerciale ; c’est pourquoi aussi nous travaillons et militons à l’instauration du concept du design, car il est d’une importance certaine », a souligné Saâdi Aït-Zerrouk.

S’agissant enfin de la corrélation existante entre la CAMTO et l’université Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou, Saâdi Aït-Zerrouk, qui l’a qualifiée d’« excellente », a indiqué que beaucoup d’étudiants se sont rapprochés de « nos services pour faire des études et recherches sur notre patrimoine artisanal et artistique, et ce aux fins de les revêtir du sceau universitaire ».

Cependant, sur le plan purement économique et commercial, le sous-directeur de la CAMTO n’a rien déclaré sur un éventuel rôle de l’université Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou. Et ce sont justement ces deux points qui font défaut à nos artisans.

A noter enfin qu’hormis ces déclarations, il y a lieu de relever que le document remis à la presse par les deux conférenciers donne lecture à l’existence de trois catégories d’artisanat : artisanat traditionnel (3 130 artisans, soit un taux de 31,82%), artisanat de productions de biens (1 227, soit un taux de 12, 48 %) et artisanat de services (5 479, soit 55,70 %).

Le total général d’artisans reconnu est de 9 836. Les femmes lancées dans l’activité artisanale sont au nombre de 3 095, soit un taux de 32,12%. Pour la création d’emploi, le secteur de l’Artisanat d’art et traditionnel est pourvoyeur de 11 581 emplois, soit un taux de 46, 22%, l’artisanat de productions de biens a offert 3 068 emplois, soit un taux de 12,24 % et l’artisanat de services a assuré quant à lui I0 410 emplois,
soit un taux de 41,54 %.

Concernant le nombre de bénéficiaires des tests de qualification du savoir-faire, le document indique 10 821 bénéficiaires à la date arrêtée au 28 février 2015. Au niveau des établissements pénitentiaires, le nombre de bénéficiaires à la même date est de 735.

Le document donne également lecture de la participation des artisans de la wilaya de Tizi-Ouzou aux expositions, foires et salons au cours de l’année 2014 de 559 participants aux rendez-vous locaux, 160 à l’échelle nationale et 3 à l’échelle internationale.

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