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Nationale

Saison estivale à Annaba : L’été de tous les dangers

Saison estivale à Annaba : L’été de tous les dangers

A peine l’Aïd-el-adha célébrée, les plages de la Coquette sont à nouveau prises d’assaut par des milliers d’estivants. Depuis plusieurs jours, la température ne fait que s’accentuer, provoquant, jusqu’à ce samedi, une canicule sans précédent.

Les rues d’Annaba sont désertes, et avec les coupures d’électricité, tout le monde se rue vers les plages. En ce mois de juillet, malgré la propagation de la Covid-19, et plus particulièrement son agent le plus dangereux, le variant Delta, la saison estivale à Annaba a atteint sa vitesse de croisière avec les milliers de visiteurs qui viennent d’un peu partout pour y passer quelques jours au soleil et profiter de la mer.

La population de la ville s’en trouve doublée, elle dépasse parfois même largement le million de personnes, avec l’arrivée des citoyens des autres wilayas. Sur les plages, les parasols et les tentes occupent tous les espaces. De loin, on ne voit que les couleurs chatoyantes qui se fondent dans le bleu de la Méditerranée qui s’étale à l’infini. «Jamais il n’y a eu autant de monde. Comme vous voyez, c’est complet et nous sommes obligés de surveiller tout le monde pour intervenir en cas de nécessité», nous dit un maître-nageur de la Protection civile. Certaines familles portent le masque quand elles sont installées sur le sable doré de la Coquette mais l’enlèvent vite quand l’un des leurs est dans l’eau. Ce qui dénote un relâchement. Mais ici, ce sont les vacances et tout le monde oublie ou fait semblant d’oublier que la Covid-19 circule toujours. Tout autour, il n’y a pas un mètre carré de libre Des familles, des jeunes, des enfants, des vieux, tout le monde s’est donné rendez-vous à la plage en cette chaude journée du mois de juillet.

Les plages de Saint-Cloud, Rizzi-Amor (ex-Chapuis) ou la Caroube, des lieux non loin du centre-ville, sont très prisées par les natifs de la ville et regorgent d’estivants. On y reste toute la journée et même une partie de la nuit pour sentir cette brise marine et profiter de la fraîcheur avant de rentrer chez soi heureux d’y avoir passé des moments agréables. Sur les esplanades de ces rivages, à quelques mètres de là, des crémeries, des restaurants, des cafétérias et de beaux magasins proposant des souvenirs ou des tenues de plage attirent des dizaines de clients. On vient y prendre des rafraîchissements, manger quelque chose, acheter un short ou une casquette ou encore une bavette avant de revenir très vite replonger dans l’eau et nager jusqu’à épuisement. Sur le sable, les enfants improvisent des courses-poursuites sous le regard amusé mais vigilant des parents qui les surveillent. Des cris, des rires, des chutes et des embrassades créent une ambiance un peu particulière sur la plage, qui devient ainsi une aire de jeux.

Les jeunes, pour leur part, se lancent des défis dans l’eau : à qui arrivera le premier à tel point ou à qui tiendra le plus longtemps en apnée. D’autres jouent au beach-volley et y passent des heures sans s’en rendre compte. La police, très présente, a un œil sur tout. Des agents en faction observent ce qui se passe sans broncher ; ils sont là pour assurer la sécurité des estivants et veiller à ce qu’il n’y ait aucun problème. Mais très rares sont les policiers qui donnent des consignes contre la propagation du coronavirus. Il est possible que ces policiers sont fatigués à force d’alerter les estivants sur les dangers du virus.

Un peu partout, les maîtres-nageurs en tenue, sillonnant la plage ou assis en haut sur les miradors, sont sur le qui-vive. Parfois, on entend le son strident d’un sifflet qui rappelle à l’un des baigneurs qu’il s’est trop éloigné et, immanquablement, le nageur obtempère et rebrousse chemin. En ville, sur le Cours de la Révolution, noir de monde, on se bouscule jour et nuit pour déguster des glaces et profiter de l’ombre des arbres que la brise, venant de la mer située à une centaine de mètres, traverse pour en agiter les feuilles. Là aussi, le masque ne fait pas l’unanimité et rares sont ceux qui le portent autour d’une glace. Questionnés sur les dangers de la pandémie du coronavirus, plusieurs estivants pensent à tort que «la Coquette est à l’abri de cette pandémie et est bien protégée». Ce qui est ridicule quand on sait que les lits d’hospitalisation et de réanimation d’Annaba sont complets.

Pour la première fois depuis le début de la pandémie du coronavirus, sur le Cours de la Révolution, de jeunes volontaires abordent les estivants en leur remettant des dépliants avec les adresses des lieux de vaccination. L’un de ces jeunes volontaires explique : «La vaccination est la seule issue si nous devons lutter contre la pandémie du coronavirus. Les confinements généraux ne servent plus devant la crise économique que traverse le pays. Sans vaccin, nous serons, même d’ici 20 ans, dans la même situation qu’aujourd’hui.»

Il convient de noter que l’administration locale a donné des instructions aux forces de sécurité pour verbaliser toute personne ne respectant pas les consignes de protection contre le coronavirus. Mais seuls quelques chauffeurs de bus, de taxis ou quelques magasins de luxe ont été sanctionnés pour négligence du port du masque. Mais pour l’instant, Annaba continue dans sa douce oisiveté et sa nonchalance, coulant ses jours heureux et filant le parfait amour avec ses habitants et ses milliers d’estivants en attendant le sursaut brutal d’une nouvelle propagation du coronavirus. C’est aussi l’avis de plusieurs immunologues de la wilaya d’Annaba.

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