Trafic d'alcool: Le temps de la prohibition made in Algeria – Le Jeune Indépendant
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Nationale

Trafic d’alcool: Le temps de la prohibition made in Algeria

Trafic d’alcool: Le temps de la prohibition made in Algeria

Une brigade mixte composée des services de la Douane algérienne de la wilaya d’Annaba, de la Gendarmerie nationale, de la direction du commerce et de la direction des impôts ont saisi 172 973 bouteilles et canettes de boissons alcoolisées.

Cette importante quantité de boissons alcoolisées était déposée dans un garage de la commune d’Aïn Berda (Annaba). Dans un communiqué, les services des douanes signalent que la moitié des boissons alcoolisées sont étrangères, le reste est d’origine nationale, émanant de différentes brasseries algériennes.

Un procès-verbal de saisie a été établi en application des articles 226 et 324 et des articles 11 et 16 de l’ordonnance 05/06 relatif à la lutte contre la contrebande de produits sensibles. Selon nos sources, le garage renfermant les produits saisis appartenait à un dépositaire de boissons alcoolisées.

Il aurait enfreint l’interdiction sur les ventes des produits alcoolisés. Pour rappel, cette interdiction est intervenue suite à la pandémie du nouveau coronavirus, Covid-19, obligeant dépositaires et autres bars-restaurants à fermer. Une interdiction qui a soulevé beaucoup de mécontentement tant chez les professionnels de ce secteur que du côté du consommateur.

Trafic en tous genres sur l’alcool

Depuis plus de onze mois, il ne se passe pas un jour sans qu’on entende parler de trafic d’alcool et d’importantes saisies de boissons alcoolisées à travers toutes les wilayas du pays. Même après le déconfinement, tous les commerces ont été autorisés à rouvrir, sauf les commerces d’alcools. Une situation qui n’a fait que renforcer le trafic d’alcool.

Même certaines résidences familiales ont été transformées pour la vente clandestine des produits alcoolisés. Dernièrement, et après dénonciation, les services de police d’Annaba ont opéré au niveau de deux résidences familiales. Plus de 10 000 bouteilles de boissons alcoolisées de différentes marques ont été saisies et plusieurs personnes, dont des femmes, ont été arrêtées. Aussi, si l’interdiction de la vente des produits alcoolisés a été interdite, plusieurs usines de brasserie, étatiques ou privées, ont continué de travailler pendant la période du confinement et même de vendre leurs produits alcoolisés aux dépositaires et hôtels de luxe haut de gamme.

Mais point de vente aux particuliers. Une situation trouble qui a ouvert les portes à toutes les spéculations sur le trafic d’alcool. Un ingénieur a même installé un laboratoire chez lui et vendait ainsi de la Vodka à partir de chez lui.

Des manifestations et des interrogations

L’alerte sur les trafics d’alcool est devenue tellement inquiétante, voire dangereuse. Les pouvoirs publics ne doivent plus se taire mais réagir. Cette situation nous évoque la période des années 1920 aux Etats-Unis, connu sous l’appellation «prohibition».

Aux Etats-Unis, il s’agissait d’une interdiction constitutionnelle nationale de la production, de l’importation, du transport et de la vente de boissons alcoolisées de 1920 à 1933. Chez nous, il s’agit d’une simple interdiction pour faire barrière à la propagation du nouveau coronavirus (Covid-19). Mais l’interdiction de la commercialisation des produits alcoolisés, bien que tolérée par la législation algérienne, a occasionné les mêmes effets d’incidence et de désolation, à savoir production et vente illégale dans la clandestinité, poursuite policière avec mise en détention, amendes et saisie des produits, tant pour les produits alcoolisés que pour les moyens les transportant.

Dans les grandes wilayas, où la consommation de l’alcool est autorisée, plusieurs tenanciers de bars et restaurants, des dépositaires aussi, sont sortis manifester devant les sièges de la wilaya leur ras-le-bol concernant l’interdiction d’ouvrir leurs commerces. A Annaba, Oran, et en Kabylie, c’est le même branle-bas de combat face à l’administration. A

Béjaïa, on a même fermé des routes pour exiger du wali la réouverture des débits de boissons alcoolisées. Sur les 48 wilayas, aucun wali n’a osé franchir le pas alors que les débits de boissons alcoolisés activent en cachette, comme avant la période de la Covid-19.

En Algérie, il existe de nos jours six producteurs de bière, trois producteurs vitivinicoles et un producteur de spiritueux pour un effectif total de 2 000 travailleurs, sans compter les 20 000 emplois indirects au niveau des lieux de consommation, tels que les travailleurs dans les hôtels-restaurant, les distributeurs, les serveurs de bars, les transporteurs, etc.

Aussi, il existe environs 3 000 vignerons qui sont producteurs de raisins de cuve. Les recettes fiscales de 2019 tirés de la vente de la bière et du vin sont estimées à 19,6 milliards de dinars. L’Algérie consomme annuellement 1,2 million d’hectolitres de bière, 600 000 hectolitres de vin et 120 000 hectolitres de spiritueux.

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