-- -- -- / -- -- --
Nationale

Sahel et au nord-Mali : Menaces terroristes et interventionnisme algérien

Sahel et au nord-Mali : Menaces terroristes et interventionnisme algérien
L'intervention de l'ANP au Mali est une option de Tebboune

Dans son entretien au magazine français “Le Point”, le président de la République a été clair et direct dans sa réponse à une question sur la situation au Sahel et sur les événements au Mali. “L’Algérie ne laissera jamais le nord du Mali devenir un sanctuaire pour les terroristes, ni ne permettra la partition du pays”. Une phrase très significative et suggestive qui résume, on ne peut mieux, l’idée que se fait nombre d’observateurs sur le fait que l’Algérie ne restera pas les bras croisés sur un quelconque mouvement terroriste dans cet espace sensible proche de nos frontières.

Forte de ses récentes et douloureuses expériences, l’Algérie est désormais convaincue qu’elle fera tout pour que cette région du nord du pays voisin ne soit plus, non seulement un sanctuaire pour les hordes terroristes, mais une terre d’instabilité et d’insécurité croissante. Interviendra-t-on en cas de menace terroriste réelle? Une intervention militaire de l’armée nationale populaire est-elle envisageable dans ces conditions?

Pour Tebboune, “la Constitution autorise désormais ce type d’intervention”, mais il atténue ce fait en ajoutant que “la solution n’est pas là”. Plus loin dans sa réponse, le chef de l’Etat pense que pour faire régler le problème du nord du Mali, “il faut y redéployer l’Etat”, c’est à dire réinstaurer une présence effective des institutions de cet Etat, son administration, ses différents services avec toutes les attributions et prérogatives, remettre sur rails le développement régional et attirer les investissements, ainsi que l’établissement de toute la sécurité et la stabilité requise pour ces objectifs. Un retour de l’Etat dans cette zone tumultueuse et abandonnée, c’est exactement l’objectif des accords d’Alger, signés en 2015.

Aujourd’hui, la situation est redevenue intenable avec le dernier putsch, condamné par tous les pays de la CEDEAO, et qui remet en cause tout le processus de retour à la légitimité et à la légalité. La fin de l’opération Barkhane et le retrait effectif des forces d’intervention françaises du Mali va laisser un grand vide.

Tous les observateurs y craignent un fléchissement dans la lutte anti-terroriste, ce qui serait encore plus dangereux pour la stabilité de toute la région nord du Sahel. De plus, la force du G5 du Sahel n’a ni les moyens, ni la technicité pour faire face aux complexes réseaux terroristes en jonction avec les milieux de la drogue, de la contrebande, des trafiquants de tous genres et les bandes qui organisent les migrations sub-sahariennes.

Ce magma hors la loi, dense et armé, transfrontalier et transnational, est dans son élément, sévissant librement dans ces régions incontrôlées et instables, qui commencent des zones désertiques de l’est du Soudan jusqu’au nord de la Mauritanie, en passant par le territoire d’Aouzou limitrophe entre le Tchad, le Niger et la Libye. Toute une bande devenue un véritable terreau d’instabilité, d’insécurité et de chaos. Elle constitue une menace sur l’Etat nation, sur l’avenir de ces populations, sur le progrès et le développement économique.

Or, que pourront faire les Africains, la communauté des pays voisins face à cette donne qui persiste, et qui vient d’être accentuée par le dernier coup de force survenu à Bamako?

Si les accords d’Alger ont toujours fait l’objet de sabotage par le Maroc et ses relais, qui y voient comme une défaite de leurs influences dans la région, des observateurs lorgnent maintenant vers un retour au Cémoc, état major des armées regroupant l’Algérie, la Mauritanie, le Mali et le Niger, et dont le siège est basé à Tamanrasset. La résurgence de cet organe, qui fut contré par la création du G5 du Sahel pour des motivations plus subjectives que politiques et géopolitiques, est du domaine du possible.

D’autant qu’il serait la couverture de manœuvres tactiques sur le terrain des unités militaires des armées des pays membres. L’organe ne pourra pas se contenter dans le rituel des échanges d’information et de renseignements, la formation et les stages, mais son spectre d’intervention serait plus large. Aller dans les zones de combats pour mettre hors d’état de nuire des terroristes armés est envisageable dans tous les plans des états-majors.

Seule inconnue: les intentions du noyau militaire qui a pris le pouvoir au Mali. Très proche des Russes, subjugué par les réussites et la diplomatie de Poutine, ce noyau a mis à mal les dernières influences de l’ancien colonisateur. Depuis des mois, un fort sentiment populaire anti présence militaire de la France s’est considérablement développé au Mali.

Des maliens exhibaient fièrement lors de nombreuses manifestations des banderoles et des pancartes, montrant leurs sympathies à Moscou. Ceci n’est pas un secret pour le président français, qui accusant le coup, semble maintenant opter pour un autre plan B, pour sauvegarder les intérêts économiques et commerciaux de la France.

Email
Mot de passe
Prénom
Nom
Email
Mot de passe
Réinitialisez
Email