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Nationale

Sahara Occidental : Une marée humaine à Madrid pour dénoncer les Accords de 1975

Sahara Occidental : Une marée humaine à Madrid pour dénoncer les Accords de 1975

Des milliers de membres de la communauté sahraouie, accompagnés de militants solidaires venus de toute la péninsule, ont défilé ce samedi dans les rues de la capitale pour dénoncer les Accords tripartites de Madrid, signés il y a 50 ans. Un demi-siècle après ce sinistre tournant historique, les manifestants ont exigé la fin de l’occupation marocaine du Sahara occidental et ont réaffirmé le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination et à l’indépendance.

Le cortège, qui s’est élancé depuis le centre de Madrid, avait pour destination le siège du ministère espagnol des Affaires étrangères. Tout au long du parcours, les participants ont brandi des drapeaux sahraouis et scandé des slogans dénonçant « l’accord funeste entre le Maroc et l’Espagne » qui, selon eux, a privé un peuple entier de son droit fondamental à décider de son avenir.

Pour les organisateurs, cette marche constitue un message clair. L’Espagne ne peut se dérober à ses responsabilités historiques. Selon le droit international, et comme l’a rappelé une décision de l’Audience nationale espagnole rendue en juillet 2014, l’Espagne demeure la puissance administrante du Sahara occidental.

À ce titre, affirment-ils, elle a l’obligation légale de contribuer à la mise en place d’un référendum d’autodétermination libre, démocratique et transparent, tel que reconnu par les Nations unies depuis 1966. Les manifestants ont également souligné que la récente résolution du Conseil de sécurité, adoptée le 31 octobre dernier, réitère que l’avenir du Sahara occidental passe nécessairement par l’expression de la volonté du peuple sahraoui.

Cinquante ans après la signature des Accords de Madrid, les conséquences de ce texte restent profondément visibles. Il a ouvert la voie à l’occupation du Sahara occidental par le Maroc, provoquant l’exil de milliers de Sahraouis, la répression, les disparitions et l’installation durable de camps de réfugiés en Algérie.

Aujourd’hui encore, des dizaines de prisonniers politiques sahraouis demeurent incarcérés dans des prisons marocaines dans des conditions qualifiées d’inhumaines par plusieurs organisations internationales.

Malgré cela, les participants à la marche ont insisté sur la résistance inébranlable du peuple sahraoui depuis cinq décennies. Ils ont rappelé que le Tribunal de justice de l’Union européenne a également affirmé que la souveraineté du territoire appartient exclusivement au peuple sahraoui et qu’aucune solution ne peut lui être imposée de l’extérieur. Le Front Polisario, ont-ils souligné, reste son unique représentant légitime.

Depuis la place où s’est achevée la manifestation, plusieurs voix ont appelé le gouvernement espagnol à déclassifier les Accords de Madrid, ainsi que leurs annexes et les documents relatifs à la disparition du leader sahraoui Basiri. Elles ont demandé un retour à une politique étrangère conforme au droit international et alignée sur le consensus historique qui a longtemps guidé la position espagnole concernant le Sahara occidental. Les intervenants ont insisté sur la nécessité pour l’Espagne d’assumer pleinement son rôle de puissance administrante et de relancer de manière urgente un processus politique crédible permettant enfin au peuple sahraoui de choisir librement son destin.

Au terme de la marche, les organisateurs ont rappelé qu’un gouvernement qui se revendique défenseur des droits humains doit appliquer ces principes sans exception. S’il existe une volonté politique, ont-ils affirmé, l’Espagne peut jouer un rôle déterminant dans la recherche d’une solution juste et durable. Selon eux, l’État espagnol a l’obligation légale d’agir, et « cinquante ans, ça suffit ».

Pour la communauté sahraouie et ses soutiens, cette commémoration ne se limite pas à un rappel historique. Elle constitue un appel pressant à la justice internationale, à la responsabilité politique et à la fin d’un conflit qui n’a que trop duré. Dans les rues de Madrid, le message était clair : la lutte continuera jusqu’à ce que le Sahara occidental soit libre et indépendant.



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