Sahara occidental : Prochaine réunion à huis clos du Conseil de sécurité
C’est à la demande de l’Allemagne que le Conseil de sécurité de l’ONU se réunira lundi prochain pour discuter du conflit au Sahara occidental. L’annonce a été faite par des médias selon des sources diplomatiques à l’ONU.
La réunion, prévue à huis clos, intervient après la décision du président américain sortant Donald Trump de reconnaitre la prétendue souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental en contrepartie de la normalisation des relations entre le royaume avec l’entité sioniste.
Mardi dernier, en violation du droit international, l’ambassadrice américaine à l’ONU, Kelly Craft, a transmis une copie de la proclamation de Trump sur le Sahara Occidental au SG de l’ONU, Antonio Guterres et au Conseil de sécurité.
Mais cette annonce unilatérale de Trump a été sévèrement critiqué par une bonne partie de la classe politique américaine. L’ancien émissaire onusien pour le Sahara occidental, Christopher Ross, a déploré cette décision qui va » à l’encontre de l’engagement des États-Unis à l’égard des principes de l’annexion de territoires par la force et du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes « . Pour Ross, l’annonce de Trump est insensée et irréfléchie.
Pour l’ONU, « la position reste inchangée » vis-à-vis de la question sahraouie. « Le SG de l’ONU reste convaincu qu’une solution à la question du Sahara occidental est possible, conformément aux résolutions du Conseil de sécurité », avait déclaré le porte-parole de l’ONU Stéphane Dujarric.
En octobre, le Conseil de sécurité, composé de 15 membres, a prolongé d’un an la mission onusienne pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (Minurso).
Ce jeudi, c’est au tour de l’ancien secrétaire d’État US, James Baker, de reparler de la décision de Trump. Il a estimé que cette reconnaissance d’une prétendue souveraineté marocaine sur ce territoire risque de créer un climat d’instabilité en Afrique du nord, dont pourrait profiter Al Qaida au Maghreb islamique et d’autres groupes terroristes.
Dans une tribune publiée dans le Washington Post, M. Baker n’a pas écarté « la possibilité d’une montée des hostilités entre le Maroc et le Front Polisario redoutant qu’Al-Qaïda au Maghreb islamique et d’autres groupes (terroristes) puissent exploiter la situation « .
Baker qui a occupé le poste d’émissaire du SG de l’ONU pour le Sahara occidental, a estimé aussi que la décision « téméraire » du président américain sortant pourrait ainsi avoir de « sérieuses répercussions ».
D’autre part, cette décision pourrait, selon lui, « compliquer » les relations entre les Etats-Unis et l’Algérie « un important partenaire stratégique ». « La détérioration de nos relations avec l’Algérie, principal défenseur du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination pourrait affecter l’avenir de nos relations commerciales ainsi que notre coopération militaire et en matière de lutte anti-terroriste », a-t-il soutenu.
James Baker a considéré la reconnaissance de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental comme « un étonnant abandon des principes du Droit international par les Etats-Unis ainsi que ses propres principes diplomatiques « .
« Dès 1975, lorsque le Maroc a pris le contrôle du Sahara occidental par la force après le retrait de l’Espagne, les Etats-Unis et la plupart des membres de la communauté internationale ont refusé de reconnaître la légitimité de cette revendication ( la souveraineté sur le Sahara occidental) », a rappelé l’ancien secrétaire d’Etat. Il a appelé le futur locataire de la Maison blanche à annuler cette décision.
Le président Joe Biden occupera ses fonctions de président des Etats-Unis à partir du 20 janvier prochain.
Sur le terrain, alors que les unités de l’armée sahraouie poursuivent leurs raids contre les cantonnements des FAR dans plusieurs zones tout au long du mur de la honte, la répression dans les villes occupées s’accentue. Le caractère brutal et illégal des méthodes du régime marocain a été relevé par les ONGONG Une organisation non gouvernementale (ONG) est une association à but non lucratif, d'intérêt public, qui ne relève ni de l'État, ni d'institutions internationales internationales. ce vendredi , c’est Human Rights Watch qui a vivement dénoncé cette répression des militants sahraouis par les forces d’occupation dans les localités du Sahara occidental.
« Le Maroc et le Polisario s’affrontent sur les plans frontalier et diplomatique, mais cela n’autorise en rien le Maroc à réprimer des civils sahraouis qui s’opposent pacifiquement à son administration du territoire « , a déclaré, Eric Goldstein, directeur par intérim de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord de Human Rights Watch, dont le siège est situé à Washington.