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Sahara occidental : Plaidoyer pour la protection des droits de l’homme

Sahara occidental : Plaidoyer pour la protection des droits de l’homme

La militante sahraouie des droits de l’homme et prix Nobel alternatif 2019, Aminatou Haïdar, a demandé au bureau du rapporteur spécial de l’ONU pour les défenseurs des droits de l’Homme de prendre en compte la gravité de la situation dans les zones occupées du Sahara occidental et de prendre des mesures pour empêcher le Maroc de continuer à réprimer et à emprisonner des militants pacifiques.

Lors d’une réunion au « Wilson Palace » à Genève, la présidente de l’association des défenseurs des droits de l’homme des Sahraouis (CODESA) a indiqué que le Maroc agissait en toute impunité pour faire taire les Sahraouis qui osent défendre publiquement le respect de la légalité internationale au Sahara occidental occupé.

Et de dénoncer à ce titre : « Le Maroc utilise souvent la pression contre les Sahraouis. Expulser les Sahraouis de leur travail, prononcer des peines injustes, transférer illégalement des Sahraouis sur le territoire marocain ou utiliser la diffamation à l’encontre de militants reconnus sont des méthodes qui sont devenues des pratiques normales du régime marocain ».

L’objectif du Maroc, dit-elle, est de recourir à l’intimidation pour démanteler et éliminer les organisations travaillant pacifiquement et intervenant dans le cadre humanitaire dans les zones occupées du Sahara occidental. Citant dans la foulée la situation insoutenable des prisonniers politiques sahraouis de Gdeim Izik.

La « Gandhi sahraouie », faut-il le signaler, était absente à la 44e Conférence européenne de soutien et de solidarité au peuple sahraoui (44e Eucoco) tenue les 22 et 23 novembre dernier à Vitoria au Pays Basque en Espagne. Lors de ce rendez-vous annuel, les participants ont souligné, entre autres, la nécessité d’élargir la mission de la Minurso, outre l’organisation d’un référendum d’autodétermination au Sahara occidental, à la préservation et à la protection des droits de l’homme. Une revendication mise en exergue notamment dans les recommandations ayant sanctionné les travaux de la 44e Eucoco. Par ailleurs, la Conférence a appelé le secrétaire général des Nation Unies, Antonio Guterres, et Michele Bachelet, Haute commissaire aux droits de l’Homme des Nations Unies, à se saisir du dossier sahraoui. Considérant qu’il importe qu’ils aillent à la rencontre du peuple sahraoui dans les territoires occupés et dans les campements de réfugiés afin que la Minurso conduise à son terme le processus d’autodétermination et assure la protection et les droits humanitaires des Sahraouis victimes de l’occupation marocaine dans les territoires occupés. Les réfugiés sahraouis, soutient-on, sont eux aussi victimes de l’invasion marocaine et ont besoin de la protection de la défense de l’ONU.

On rappelle également, lors de l’atelier consacré au droits humanitaires et aux territoires occupés des travaux de ladite Conférence, que l’Etat espagnol reste « le responsable légal et politique » du processus de décolonisation et comptable des souffrances et des violations permanentes des droits humains du peuple sahraoui. Les congressistes, dont le nombre a dépassé 400 représentants de la société civile, des partis politiques, des syndicats et des comités de solidarité avec le peuple sahraoui, pointent du doigt aussi l’Union européenne (UE), l’accusant de soutenir le Maroc et d’être ainsi complice dans la répression, l’emprisonnement et la torture des citoyens sahraouis.

Lors de la définition des lignes directrices de son programme d’action pour l’année 2020, le mouvement de solidarité avec le peuple sahraoui a tenu à rappeler à la Commission européenne et à son nouveau Haut

représentant à la politique étrangère, Josep Borrell, leurs obligations de respecter les arrêts de la Cour de justice européenne et de reconnaître le Front Polisario comme représentant du peuple sahraoui, seul apte à négocier des accords de coopération. Tout en envisageant de renforcer sa coopération avec les pays amis et l’Union africaine, le mouvement de solidarité prévoit dans son plan d’action pour l’année prochaine de se rendre au Conseil des droits de l’Homme de l’ONU lors de sa session de février 2020 et d’interpeller le SG de l’organisation internationale, M. Guterres, en mars pour que son rapport au Conseil de sécurité soit centré sur la mise en œuvre du processus d’autodétermination. Autant que dire que le mouvement de solidarité avec le peuple sahraoui fait montre d’activité multidimensionnelle. Le cap, certes, est maintenu sur le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination et à l’indépendance, mais il est question pour ces activistes engagés de préserver en même temps les richesses naturelles du peuple sahraoui et d’œuvrer à la protection des droits de l’homme dans la région

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