Sahara Occidental : Mobilisation internationale pour arracher la libération d’Asfari
Détenu arbitrairement depuis quinze ans au Maroc, le prisonnier politique sahraoui Naâma Asfari cristallise une intense bataille diplomatique. Alors qu’une pétition mondiale réclame l’intervention pressante des Nations unies pour sauver sa vie, le député français Jean-Paul Lecoq exhorte le Premier ministre à briser le silence lors de sa visite officielle au Maroc.
La vie du prisonnier politique sahraoui et défenseur des droits de l’homme, Naâma Asfari, ne tient plus qu’à un fil. En grève de la faim depuis plus d’un mois dans la prison de Kénitra au Maroc, ce militant de 56 ans se trouve dans un état de santé qualifié de hautement critique. Par cette énième action de désespoir, il entend dénoncer ses conditions d’incarcération inhumaines et l’acharnement systématique de l’administration pénitentiaire marocaine.
Emprisonné depuis plus de quinze ans pour avoir défendu pacifiquement le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui, Naâma Asfari subit un isolement total, privé des soins médicaux urgents que réclame sa condition. Symbole de cette cruauté carcérale, son épouse, la militante française Claude Mangin, est interdite de visite depuis 2018. Condamné à une lourde peine de 30 ans de prison, le militant a été jugé à l’issue d’un procès expéditif, dénoncé par les observateurs comme un simulacre fondé sur des aveux extorqués sous la torture.
Face au péril imminent, la Coordination sahraouie des droits de l’homme a lancé une pétition internationale d’envergure. Ce texte interpelle directement les Nations unies, les grandes organisations de défense des libertés fondamentales ainsi que les dirigeants de la communauté internationale afin qu’ils interviennent en urgence absolue pour sauver le militant sahraoui.
La pétition exige non seulement la libération immédiate et inconditionnelle de Naâma Asfari et de tous ses compagnons d’infortune, mais réclame aussi l’application stricte de l’avis du Groupe de travail de l’ONU sur la détention arbitraire. Les signataires demandent que des soins médicaux d’urgence lui soient prodigués, qu’un accès humanitaire sans restriction soit garanti au Comité international de la Croix-Rouge ainsi qu’à sa famille, et que cessent les représailles constantes contre ses proches. Le texte exhorte également à une inspection urgente du rapporteur spécial de l’ONU sur la torture et exige un accès total du haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme aux autres prisonniers politiques sahraouis.
Paris interpellé avant un voyage officiel à Rabat
Pour maximiser l’impact de cette démarche, une copie de ce plaidoyer a été officiellement transmise au secrétaire général de l’ONU, António Guterres, au haut-commissaire Volker Türk, au président français Emmanuel Macron, au Premier ministre espagnol Pedro Sánchez, ainsi qu’à la haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères, Kaja Kallas.
En parallèle, le combat se déplace sur le terrain politique français. Le député de Seine-Maritime, Jean-Paul Lecoq, a formellement interpellé le Premier ministre français, Sébastien Lecornu, à la veille de sa première visite officielle à l’étranger, prévue au Maroc les 15 et 16 juillet. Dans une correspondance datée du 10 juillet, le parlementaire rappelle avec insistance que ce déplacement bilatéral offre une opportunité incontournable pour promouvoir le respect des droits de l’homme, des libertés fondamentales et du droit international.
Le député souligne que le Maroc détient toujours de nombreux prisonniers politiques, en particulier des militants sahraouis favorables à l’autodétermination. Il évoque spécifiquement le cas douloureux des détenus du groupe de Gdeim Izik, rappelant que plusieurs d’entre eux ont fait l’objet de décisions formelles du Comité des Nations unies contre la torture. Jean-Paul Lecoq a ainsi insisté sur la situation désespérée de Naâma Asfari, pressant le chef du gouvernement français d’agir avec fermeté auprès des autorités marocaines pour obtenir la mise en œuvre immédiate des recommandations onusiennes.