Sahara occidental – Maroc : L’Algérie disposée à soutenir une médiation
Alors que des voix tentent de clore le dossier du Sahara occidental, la diplomatie algérienne rappelle que le conflit reste pleinement inscrit à l’agenda international, notamment dans son chapitre de la décolonisation, tout en assurant que l’Algérie ne manquera pas d’apporter son soutien, en tant que facilitateur, à toute médiation entre le Front Polisario et le Maroc, visant à régler le conflit qui les oppose depuis 50 ans.
Tout en défendant le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui, l’Algérie se dit prête à soutenir toute initiative de médiation conforme au cadre des Nations unies et aux principes d’une solution juste, durable et définitive. C’est ce qu’a déclaré, mardi lors d’une conférence de presse, Ahmed Attaf, ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines.
« En tant que pays voisin des parties au conflit, l’Algérie soutiendra toute initiative de médiation qui respecte, dans sa forme comme dans son contenu, les principes d’une solution juste, durable et définitive, tels qu’énoncés dans les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité, y compris la récente 2797 », a précisé le ministre d’Etat.
Il a souligné que le dossier du Sahara occidental reste inscrit à l’ordre du jour des Nations unies, au Conseil de sécurité, à l’Assemblée générale et au Comité spécial de la décolonisation.
Selon le chef de la diplomatie algérienne, la résolution 2797 confirme les fondements assurant une solution équitable et durable, préservant les fondamentaux, sans en altérer aucun élément, tout en consolidant les acquis permettant au Front Polisario de défendre sa position conformément à la légalité internationale.
Ahmed Attaf a tenu à rappeler que « le Conseil de sécurité n’a tranché ni sur le fond des négociations ni sur leur issue, laissant aux parties le soin de définir les modalités de leur règlement ». Au cœur du processus, a-t-il insisté, demeure un principe intangible, celui du droit à l’autodétermination du peuple sahraoui.
Au cours de cette conférence, le ministre a évoqué également la situation au Mali. Il a réaffirmé la vision constante de l’Algérie, qui repose sur la question de la sécurité de la région, laquelle ne peut être appréhendée de manière isolée ou unilatérale, plaidant pour une approche solidaire et collective, en particulier sur le plan africain.
Le ministre a exprimé sa profonde inquiétude face à l’évolution de la menace terroriste au Mali, qui préoccupe davantage l’Algérie que d’autres pays, en raison de la proximité géographique et des liens historiques et humains entre les deux peuples.
Il a rappelé que l’Algérie a toujours soutenu l’unité nationale malienne et que la situation actuelle au Mali conforte la pertinence de ses mises en garde adressées.
Ahmed Attaf a invité les autorités de Bamako à reprendre le dialogue inclusif, affirmant que la sortie de crise ne peut passer ni par les armes ni par des politiques d’exclusion. Il a conclu en soulignant que l’Algérie maintient sa main tendue à ses frères au Mali, sur la base de sa fidélité à ses principes, sa solidarité africaine et sa vision d’une stabilité durable dans la région.
Concernant le Niger, « il n’y a aucun problème entre l’Algérie et ce pays. Au contraire, ce qui s’est produit, c’est que le Burkina Faso et le Niger se sont solidarisés avec le Mali, et le Niger est entré dans un conflit verbal avec l’Algérie. Ce sont ces deux pays qui ont choisi de détériorer nos relations et ont décidé de rappeler leurs ambassadeurs. L’Algérie reste néanmoins prête à renouer ses relations avec ces pays frères », a-t-il dit.
S’agissant de la question palestinienne, Ahmed Attaf a rappelé que le mandat de l’Algérie au Conseil de sécurité touche à sa fin, mais qu’il se termine sur un acte diplomatique majeur, à savoir le vote en faveur d’une résolution visant à instaurer un cessez-le-feu et à protéger les civils palestiniens.
Il a précisé que le soutien algérien à ce texte présenté par les Etats-Unis repose sur « des considérations objectives » liées à l’urgence humanitaire et à la priorité absolue d’arrêter l’agression contre le peuple palestinien. « Ce vote n’est ni un renoncement ni une rupture. C’est un acte de responsabilité », a-t-il précisé.
Il a souligné que la résolution rejette toute justification à une reprise de l’agression israélienne. Elle prévoit le déploiement d’une force internationale de stabilisation dans la bande de Gaza, s’oppose au déplacement forcé des Palestiniens et prépare la levée des restrictions qui entravent l’aide humanitaire.
Le ministre a mis en exergue le fait que l’Algérie est parvenue à introduire un amendement décisif, réaffirmant que la seule issue politique viable est la création d’un Etat palestinien indépendant et souverain.
La résolution adoptée, a-t-il poursuivi, ne porte en rien atteinte aux fondements d’une solution juste, durable et définitive. « Elle rappelle, au contraire, l’ensemble des résolutions antérieures du Conseil de sécurité, qui forment le socle juridique des droits palestiniens », a-t-il dit.
Attaf a également dressé un premier bilan du mandat algérien au Conseil de sécurité. Il a affirmé qu’il a été marqué par une fidélité totale à l’identité de l’Algérie, à son histoire, à ses engagements arabes, islamiques et africains, ainsi qu’aux valeurs de la Charte de l’ONU.
L’Algérie, a-t-il rappelé, a défendu sans relâche les causes justes, au premier rang desquelles la Palestine et le Sahara occidental, dans une démarche fondée sur la cohérence, la légitimité et l’attachement au droit international.
« C’est cette approche qui continuera de guider l’Algérie dans toutes ses initiatives diplomatiques, pour défendre la justice, la paix et la sécurité sur les scènes régionale et internationale », a conclu le ministre.