Sahara Occidental: Le retour à la raison du gouvernement espagnol – Le Jeune Indépendant
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Nationale

Sahara Occidental: Le retour à la raison du gouvernement espagnol

Sahara Occidental: Le retour à la raison du gouvernement espagnol

Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez a achevé sa visite au Maroc. Ce sommet dit de haut niveau entre les deux exécutifs a été ponctué par la signature de quelques accords ou protocoles, ce qui est normal quand il s’agit d’une visite officielle préparée depuis des mois.

Cependant, les observateurs ont noté dans la déclaration politique finale l’apparition chez les espagnols de nouveaux éléments de langage sur la question du territoire sahraoui, qui contrastent avec la position initiale qui fut à l’origine du rapprochement entre Madrid et Rabat, il y a presque un an donnant lieu, par ricochet, à une crise avec l’Algérie.

En effet, il n’est plus question de soutien absolu au plan « d’autonomie » que le Maroc s’évertue à imposer depuis quinze ans à la communauté internationale, mais plutôt d’une « reconnaissance des « efforts » et « du « sérieux » de cette proposition.

Pourquoi dans cette déclaration officielle, les deux parties n’ont pas explicitement mentionnés ce soutien espagnol au plan d’annexion marocain du Sahara occidental ?

Les observateurs s’interrogent sur le pourquoi de ces passages « très significatifs », et qui tranchent avec la position initiale de Madrid que Sanchez a prôné d’une manière unilatérale et sans consulter son propre parlement. Faut-il croire que le soutien aveugle de Sanchez aux plans marocains sur le Sahara occidental n’est plus qu’un souvenir ou qu’il s’agit d’un mauvais calcul ? Reculade de dernière minute, comme le suggèrent certains milieux diplomatiques ?

Pour les observateurs, ces timides termes (« efforts et sérieux ») utilisés dans la déclaration finale n’égalent guère la directe phrase de soutien sans équivoque » au plan d’autonomie proposés par le Maroc au peuple sahraoui. Mais, en plus, cela suggère que Pedro Sanchez quand il s’est aventuré dans cette voie en 2022, avait prémédité son acte, en ignorant tout débat avec sa coalition gouvernementale, toute consultation avec les organisations de la société civile et en fermant tous les canaux du dialogue.

Sanchez avait certainement préparé son coup, sachant que toute transparence sur ce dossier de l’ancienne colonie espagnole l’empêchait de faire cavalier seul et de faire faux bond aux résolutions des Nations Unies.

Ainsi, il est bien clair que Sanchez est un « otage » des services secrets marocains, qui le font chanter à cause des juteuses affaires commerciales de sa femme dans le royaume. Sa femme a bâti une grosse fortune grâce notamment aux facilités offertes par le cabinet royal de Mohamed VI dans plusieurs provinces. Surtout qu’il est notoirement connu que le Maroc a usé et abusé de son logiciel d’espionnage Pegasus et de ses réseaux de corruption à grande échelle dans toute l’Europe. Sanchez mené par le bout du nez par le DGED n’est plus une fiction.

Aujourd’hui, s’il est sans doute difficile de parler de distanciation espagnole avec le Maroc sur la question sahraouie, il faut dire que Pedro Sanchez a été humilié en n’évoquant avec son homologue marocain ni la question des droits de l’homme dans ce royaume, ni ses scandales de corruption dans les institutions européennes, ni l’usage prouvé des logiciels d’espionnage contre les citoyens, les militants, les intellectuels, les diplomates et les hommes d’affaires et tous les acteurs de la société civile.

Sanchez aura été incapable également de dire non à Rabat dans son exploitation illégale des richesses minières et halieutiques du Sahara occidental, dans son expansionnisme dans les eaux maritimes de ce territoire, dans sa politique belliciste, caractérisée par ses violations de la légalité internationale. Sanchez a tourné le dos au statut de son pays, l’Espagne, comme puissance administrante au Sahara occidental et responsable moral et politique de ce territoire jusqu’au parachèvement de son processus de décolonisation.

Dans ces conditions précises, un retour à la trajectoire onusienne exige non seulement une nouvelle posture de Madrid, mais aussi de tourner la page politique de ce pays, gouverné par des socialistes.

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