Sahara occidental : Le Polisario épingle l’UE pour trahison
Le Front Polisario s’apprête à déposer une nouvelle plainte contre la Commission européenne pour violation du jugement et des arrêts de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE). C’est ce qu’a révélé ce dimanche le président du Comité national algérien de solidarité avec le peuple sahraoui (CNASPS), Saïd Ayachi.
Lors de son passage dans la matinale de la Chaîne 2 de la Radio algérienne, M. Ayachi a indiqué que plusieurs associations de solidarité avec le peuple sahraoui ont condamné la décision de la Commission européenne de prolonger l’accord commercial liant l’Union européenne et le Maroc, et ce en dépit de son annulation par la Cour de justice de l’UE, en octobre 2024, par un arrêt définitif interdisant la commercialisation des produits sahraouis sans le consentement du peuple sahraoui.
Selon lui, le Maroc exploite et commercialise illégalement les ressources naturelles du Sahara occidental, notamment les produits agricoles, le phosphate et les ressources halieutiques, en les faisant passer pour des produits marocains sur le marché européen.
Il convient de souligner qu’en novembre dernier, les membres de la commission de l’agriculture du Parlement européen ont rejeté le nouvel accord conclu entre le Maroc et l’Union européenne (UE) concernant les produits provenant des territoires sahraouis sous occupation marocaine, le qualifiant de « honte ».
Cet accord constitue une tentative de contournement des arrêts rendus le 4 octobre 2024 par la Cour de justice de l’UE (CJUE), qui ont annulé les accords conclus entre Rabat et l’UE au motif que le Maroc et le Sahara occidental sont « deux territoires distincts et séparés » et que ces accords ont été signés sans le consentement du peuple sahraoui à travers son unique représentant légitime, le Front Polisario.
D’ailleurs, le Front Polisario a, à plusieurs reprises, exprimé son rejet catégorique de ce nouvel accord illégal conclu entre le Maroc et la Commission européenne, qui prévoit l’extension des préférences douanières aux produits provenant du Sahara occidental occupé, affirmant qu’il s’y opposera par tous les moyens juridiques garantissant le respect des droits souverains du peuple sahraoui.
Sur un autre registre, M. Ayachi a commenté le communiqué publié dernièrement par la Ligue pour la protection des prisonniers sahraouis dans les prisons marocaines (LPPS) et l’Association française d’amitié et de solidarité avec les peuples d’Afrique (AFASPA), dans lequel ils affirment que les autorités de l’occupation ont expulsé, durant l’année en cours, 27 étrangers dont des parlementaires, des défenseurs des droits de l’homme et des journalistes venant d’Espagne, des Etats-Unis et du Portugal.
Selon M. Ayachi, le Maroc ne veut pas qu’il y ait des témoins dans son entreprise de colonisation, dans sa répression, dans sa violation des droits de l’homme, et ne souhaite absolument pas être dénoncé dans ces pratiques tout à fait inacceptables.
« J’ajouterais plus que cela, le Haut-Commissariat des droits de l’homme à Genève attend depuis neuf ans la permission de pouvoir se rendre dans les territoires occupés du Sahara occidental suite aux plaintes déposées par les Sahraouis, ainsi que d’autres ONGONG Une organisation non gouvernementale (ONG) est une association à but non lucratif, d'intérêt public, qui ne relève ni de l'État, ni d'institutions internationales. De son côté, la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples attend depuis cinq ans maintenant de pouvoir y aller, mais le Maroc refuse impunément », a-t-il rappelé.
Pour le président du CNASPS, le blackout médiatique entourant la question du Sahara occidental dure depuis 30 ans. « Il ne faut pas en parler pour que les gens ne puissent pas donner raison aux Sahraouis. Car une fois qu’on explique à ceux qui sont intéressés c’est quoi le problème du Sahara occidental, quels sont les tenants et les aboutissants, pourquoi le droit international n’est pas appliqué, les gens prennent évidemment parti pour le droit et la justice, et ça le Maroc ne le veut pas », a-t-il expliqué.