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Nationale

Sahara Occidental : L’agonie silencieuse d’un prisonnier sahraoui dans les geôles marocaines

Sahara Occidental : L’agonie silencieuse d’un prisonnier sahraoui dans les geôles marocaines

Alors que le militant sahraoui Naâma Asfari entame son quarantième jour de grève de la faim dans la prison centrale de Kénitra, le silence imposé par l’administration pénitentiaire marocaine fait craindre le pire. Entre isolement total et dégradation physique irréversible, le sort du détenu de Gdeim Izik alerte désormais les organisations internationales qui somment Rabat de réagir avant qu’il ne soit trop tard.

La Ligue pour la protection des prisonniers sahraouis dans les prisons marocaines a officiellement alerté sur la rupture totale de communication entre le militant, en grève de la faim illimitée depuis le 8 juin dernier, et ses proches. Cette absence de nouvelles, couplée à l’interdiction systématique des visites familiales imposée par l’administration pénitentiaire coloniale marocaine, plonge ses soutiens dans une angoisse profonde quant à son intégrité physique.

L’absence inhabituelle de l’appel téléphonique hebdomadaire, rituel pourtant bien ancré, confirme la gravité de la situation en ce quarantième jour de jeûne protestataire.

Selon des rapports émanant de collectifs de défense des droits de l’homme, l’état de santé du détenu s’est effondré, Naâma Asfari ayant perdu plus de dix kilogrammes, victime d’une fatigue extrême qui laisse présager des séquelles irréparables. Face à ce constat, la Ligue pour la protection des prisonniers sahraouis impute l’entière responsabilité de cette dérive sécuritaire et sanitaire aux autorités coloniales marocaines.

La mobilisation s’étend au-delà des frontières locales, notamment avec l’intervention de l’organisation espagnole CEAS-Sahara. Dans un plaidoyer pressant, l’ONGONG Une organisation non gouvernementale (ONG) est une association à but non lucratif, d'intérêt public, qui ne relève ni de l'État, ni d'institutions internationales exige la libération immédiate du prisonnier politique, alertant sur une détérioration grave et une menace imminente pour sa survie. Maite Isla, présidente de CEAS-Sahara, a exprimé l’indignation de son organisation face à ce qu’elle qualifie d’intolérable silence de la communauté internationale, soulignant que cet acharnement bafoue les principes universels de justice et de dignité humaine. Pour la représentante de l’ONG, il est urgent que Rabat et les instances mondiales agissent afin d’éviter une issue tragique et irréversible.

Le parcours de Naâma Asfari est intimement lié au traumatisme de Gdeim Izik, où il fut arrêté lors du démantèlement d’un campement de milliers de Sahraouis protestant contre les discriminations sociales et économiques subies sous l’occupation marocaine. À l’issue d’un procès devant un tribunal militaire, il a été condamné à trente ans de réclusion. Malgré une recommandation formelle du Groupe de travail de l’ONU sur la détention arbitraire en 2023, qui préconisait la libération immédiate d’Asfari et de ses dix-huit compagnons, le Maroc est resté sourd à ces injonctions.

Aujourd’hui, CEAS-Sahara réitère son exigence de libération inconditionnelle, rappelant que les geôles marocaines font l’objet de dénonciations récurrentes de la part d’organes onusiens pour les violations répétées des droits fondamentaux des détenus sahraouis. Le dossier Asfari devient ainsi le symbole d’une lutte persistante pour la liberté face à une indifférence institutionnelle persistante.



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