Sahara occidental : Brahim Ghali interpelle Guterres sur l’accélération de la décolonisation
Dans un message ferme adressé au secrétaire général de l’ONU, le président de la RASD et chef du Front Polisario, Brahim Ghali, a appelé António Guterres à mobiliser tous les leviers diplomatiques pour parachever la décolonisation du Sahara occidental. Dénonçant l’intransigeance marocaine, le pillage des ressources naturelles et la détérioration continue des droits humains dans les territoires occupés, le dirigeant sahraoui a mis en garde contre les risques d’instabilité régionale face à la politique du fait accompli.
Le dirigeant sahraoui exhorte le chef de l’ONU à accélérer le processus de décolonisation du Sahara occidental et à déployer l’ensemble des mécanismes diplomatiques internationaux pour permettre au peuple sahraoui de concrétiser son droit inaliénable à l’autodétermination et à l’indépendance.
Rappelant que ce conflit territorial perdure depuis plus d’un demi-siècle à la suite de l’invasion militaire marocaine du 31 octobre 1975, Brahim Ghali a souligné que le territoire reste formellement inscrit sur la liste des territoires non autonomes des Nations unies.
Selon le président sahraoui, la poursuite de l’occupation marocaine constitue le principal obstacle à la résolution du dossier. Il a réaffirmé la disponibilité constante du Front Polisario à s’engager dans des négociations directes et de bonne foi sous l’égide de l’ONU, tout en fustigeant le refus de Rabat de respecter les engagements pris dans le cadre du Plan de règlement ONU-OUA de 1991.
Ce plan initial avait pourtant instauré un cessez-le-feu et déployé la MINURSO afin d’organiser un référendum d’autodétermination. Ce processus diplomatique a toutefois été progressivement neutralisé par les manœuvres d’obstruction du Makhzen, qui cherche à imposer un statu quo colonial durable tout en exploitant les ressources naturelles du territoire avec la complicité de firmes multinationales.
M. Ghali a rappelé à ce titre la participation constructive du Polisario aux trois réunions ministérielles informelles coprésidées par l’ONU et les États-Unis au début de l’année 2026, ainsi que le dépôt de propositions actualisées en octobre 2025. Il a vivement déploré que le Conseil de sécurité n’ait pas pleinement pris en considération ces contributions, réitérant le rejet catégorique de toute pseudo-solution unilatérale visant à entériner l’occupation.
Sur le terrain des droits fondamentaux, le secrétaire général du Front Polisario a brossé un tableau sombre de la situation dans les territoires occupés, dénonçant une politique systématique d’intimidations, de châtiments collectifs et de répression ciblant les militants, les journalistes et les défenseurs des droits humains.
Il a réclamé l’intervention directe d’António Guterres pour obtenir la libération immédiate et sans condition des prisonniers politiques sahraouis, en particulier les détenus du groupe de Gdeim Izik, soumis à des conditions de détention extrêmement sévères et tenus à l’écart de leurs familles.
Cette détérioration s’accompagne d’un verrouillage médiatique et institutionnel hermétique, le Maroc interdisant l’accès au territoire aux observateurs internationaux, aux ONGONG Une organisation non gouvernementale (ONG) est une association à but non lucratif, d'intérêt public, qui ne relève ni de l'État, ni d'institutions internationales et aux médias indépendants. Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH) se voit d’ailleurs refuser l’entrée au Sahara occidental depuis 2015.
Enfin, Brahim Ghali a tiré la sonnette d’alarme quant aux tentatives de modification démographique à travers l’expulsion de populations sahraouies au profit de colons, avertissant que le silence ou la passivité de la communauté internationale face à ces transgressions menace directement la stabilité et la sécurité de l’ensemble de la région.