-- -- -- / -- -- --


Nationale

Sahara occidental: Boulos refroidit Rabat

Sahara occidental:  Boulos refroidit Rabat
Massad Boulos

Une fois encore, les illusions marocaines sur une chimérique victoire diplomatique sur la question sahraouie ont été prouvées. Rabat vient de prendre une nouvelle douche froide de la part d’un de ses alliés quant à la dernière résolution du Conseil de sécurité des Nations unies votée vendredi dernier.

En effet, Massad Boulos, le conseiller du président américain, Donald Trump, pour l’Afrique et le Moyen-Orient a enterré l’enthousiasme du Makhzen sur une supposée reconnaissance de son plan d’annexion, dit d’autonomie, du territoire du Sahara occidental. Lundi soir sur France 24, M. Boulos a conforté pratiquement toutes les déclarations faites récemment par le ministre algérien des Affaires étrangères, Ahmed Attaf.

Selon le conseiller américain, « la résolution contente les deux parties de façon presque complète. Le problème est seulement dans le préambule de la résolution et non pas dans les dispositions. Sans cela, on aurait pu avoir un vote unanime des 15 membres, y compris l’Algérie ». Pour M. Boulos, il faut faire la distinction entre la position officielle des Etats-Unis et de Donald Trump, qui considèrent le plan d’autonomie comme « l’unique solution », et la résolution du 31 octobre du Conseil de sécurité qui, elle, laisse la porte ouverte à d’autres idées ». Autrement dit, il n’existe aucune exclusivité de la proposition marocaine d’autonomie, confirmant ainsi l’existence d’autres options, clairement indiquées dans le corps du texte.

S’agissant du référendum d’autodétermination, M. Boulos ne l’écarte nullement, expliquant que pour cette question, il appartient aux parties de trancher la question lors des négociations qui démarreront dans les prochaines semaines. « Il peut y avoir une forme de vote, comme dans tout scrutin », a-t-il dit. Quant à la détermination de ceux qui pourront voter, il s’agit d’un « détail » qui n’a pas encore été évoqué.

Massad Boulos va plus loin dans ses clarifications : « Nous encourageons les parties à évoquer tous ces détails pour arriver à une solution acceptable pour tous. Il peut aussi y avoir une solution définitive acceptable pour tous, sans recours au vote. »

Une phrase qui laisse la porte ouverte aux deux parties en conflit, le Front Polisario et Rabat, de s’entendre sur les plans technique et juridique dans la recherche d’autres voies pour le règlement du conflit.

Le conseiller de Trump a, en outre, réitéré que les deux parties au conflit sont le Front Polisario et le Royaume du Maroc, contrariant ainsi les tentatives de ce dernier d’impliquer l’Algérie ou de « bilatéraliser » le conflit, comme l’a tenté désespérément le roi Mohamed VI dans son discours après l’adoption de la résolution onusienne.

Interrogé sur la prochaine étape qui suit la résolution, Massad Boulos a indiqué qu’il y aura une proposition du Maroc basée sur la proposition de 2007 mais plus détaillée. « Avec la sagesse du Roi et des Marocains, nous savons que c’est un pas très sérieux. Il y a une volonté sérieuse pour mettre fin à ce conflit, et le seul moyen pour y mettre fin, c’est l’accord des deux parties », a-t-il dit.

« Nous comptons sur la sagesse de Sa Majesté le roi et du président algérien Abdelmadjid Tebboune et des Algériens de façon générale (…) Nous savons que l’Algérie et le président Tebboune sont ouverts pour ce dialogue », a ajouté le conseiller américain.

Les propos de M. Boulos rejoignent ses déclarations faites récemment à une chaîne de télévision orientale, dans laquelle il a souligné que la résolution du Conseil de sécurité de l’ONU sur le Sahara occidental a seulement fait référence, pour la première fois certes, au plan d’autonomie marocain, sans l’imposer et sans le présenter comme l’unique solution au conflit.

Massad Boulos a souligné que « la résolution fait clairement référence à l’autodétermination » et que cela a été accepté par le Maroc, ce qui, a-t-il dit, « constitue un pas très important vers l’avant ». Pour lui, « il reste les détails sur la manière de la mise en œuvre, lesquels feront l’objet de discussions. Il n’y a pas de doute qu’il y aura une sorte de vote ou de règlement ».

Le Maroc a favorablement accueilli la proposition, contenue dans la résolution adoptée par le Conseil de sécurité, que chaque partie puisse proposer d’autres idées à discuter, a ajouté le conseiller américain. M. Boulos lui-même reconnaît que la résolution constitue le premier pas d’une marche de « mille miles ».



Veuillez activer JavaScript dans votre navigateur pour remplir ce formulaire.

Cet article vous-a-t-il été utile?

Cet article vous-a-t-il été utile?
Nous sommes désolés. Qu’est-ce qui vous a déplu dans cet article ?
Indiquez ici ce qui pourrait nous aider a à améliorer cet article.
Email
Mot de passe
Prénom
Nom
Email
Mot de passe
Réinitialisez
Email