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Nationale

Sahara Occidental: Boudée par l’Algérie, une résolution onusienne « en deçà des attentes « 

Sahara Occidental: Boudée par l’Algérie, une résolution onusienne « en deçà des attentes « 
Amar Bendjama.

Boudé par l’Algérie, le vote du  projet de résolution sur le Sahara Occidental a donné lieu au renouvellement du mandat de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO) , mais en infligeant une entorse flagrante au droit international. La résolution, adoptée ce vendredi à New York, a occulté le droit du peuple sahraoui de disposer librement de son avenir dans le cadre du processus du décolonisation endossé par l’ONU.

C’est dans cette optique que le représentant permanent auprès des Nations Unies, Amar Bendjama, a livré un réquisitoire univoque à l’endroit des rédacteurs de la mouture finale qui constitue une véritable usurpation de la légitimité internationale, principalement le droit des pays colonisés à aspirer à l’indépendance, tel que consigné dans la charte de l’institution onusienne depuis 1945.

Si la résolution a prolongé d’un an le sursis de la MINURSO conçue pour être la garante du processus d’autodétermination du peuple sahraoui, sous occupation marocaine depuis 1975, elle a excellé par sa dérive quant au respect de l’essence même du conflit: la décolonisation.

Pour le représentant de la diplomatie algérienne au sein de l’hémicycle onusienne, le projet de résolution proposé par les Etats-Unis au vote au Conseil de sécurité, constitue une défaillance lourde de conséquences pour le conflit au Sahara occidental et pour la région du Maghreb.

Car « le cadre étriqué de la négociation proposée, qui met en avant une option par rapport aux autres, empêche la créativité et la flexibilité nécessaires de se déployer pour faire aboutir un accord librement consenti
en application de la doctrine de l’Onu en matière de décolonisation,  selon M. Bendjama.

Le diplomate algérien assène ainsi une vérité qui ne souffre d’aucune équivoque celle d’épingler un parti pris attentatoire aux règles d’équité et d’impartialité entre deux belligérants, à savoir le Maroc et le Front Polisario, et que le conseil de sécurité était dans le devoir d’assurer.

« Ce texte organise un déséquilibre entre les deux parties en conflit en mettant l’accent seulement sur l’ambition territoriale de l’une et passant sous silence les aspirations de l’autre, en l’occurrence le peuple sahraoui qui revendique la liberté », soutient M. Bendjama.

Les Nations-Unies ont justement consenti des efforts soutenus durant des années pour juguler le conflit armé qui a éclaté en 1975. Un accord de cessez-le-feu fut signé en 1991 par les deux belligérants avant qu’ils ne s’engagent sur la base de la résolution 907 de 1994 à concrétiser le référendum d’autodétermination.

Les volte-face successifs de Rabat, ses compromissions avec Israël l’ont amené, au détriment du refus de larges pans de la population marocaine, à signer, en décembre 2020, un deal scélérat  avec le locataire sortant de la Maison Blanche Donald Trump, celui d’établir des relations diplomatiques et commerciales avec l’Etat hébreux moyennant une reconnaissance de la marocanité du Sahara occidental.

Revenu aux affaires en 2024, Trump remet au goût du jour son contestable arrangement en vue d’accrocher un médaillon chimérique à son Palmarès de paix censé le conduire au seuil de la Maison Nobel. Emporté par sa promesse électoraliste de régler les conflits dans le monde,  Trump actionna ses leviers pour aboutir à des « paix » aux dépens de populations vulnérables celles de Gaza et du Sahara Occidental.

Le plan de paix dans la bande de Gaza est l’objet de violations constantes par l’armée israélienne, donnant à penser qu’il s’agit d’un effet d’annonce plutôt qu’une volonté de paix durable.

Or, la solution imposée par la force et non pas la persuasion mutuellement acceptable, fait de la première puissance mondiale un Etat qui fait du non-droit un droit de fait . Cette posture risque de faire acte de jurisprudence dans d’autres conflits dans la monde; à l’image des régions du Donbass en Ukraine, au territoire argentin des Malouines, de  l’ile chinoise de Taiwan, ou du lancinant conflit en Chypre.

« Imaginez que ce cadre soit reproduit dans d’autres zones de conflits, En Europe, aux Amériques, en Asie, et en Afrique. C’est alors l’un des piliers principaux de l’édifice même de l’ordre international qui s’en trouvera dangereusement fissuré », a mis en garde l’ambassadeur algérien.

La résolution onusienne de 31 octobre 2025 constitue certes la validation d’une prédation autorisée d’un territoire sous occupation marocaine, mais elle ouvre la voix au scenarios de récidives à travers lesquels la force devient la seule doctrine dans le règlement des conflits dans le monde.

Soucieuse du respect « du règlement pacifique des différends », l’Algérie qui « fidèle aux objectifs et principes de la Charte des Nations unies », ne cache pas ses appréhensions quant aux dangers qui pèsent sur la région du Maghreb suite à ce ratage onusien.

Aux yeux de la diplomatie algérienne, une solution juste et durable respectant le droit inaliénable du peuple du Sahara occidental à disposer de lui-même, constitue le seul gage d’une paix véritable et d’une stabilité durable dans la région du Maghreb. Une vision loin d’être un voeux pieux mais une inévitable nécessité de paix.



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