-- -- -- / -- -- --
Nationale

Saâdani s’attaque férocement à ses détracteurs

Saâdani s’attaque férocement à ses détracteurs

La lettre de félicitations du chef d’état-major de l’ANP Ahmed Gaïd-Salah, à l’adresse de la direction du FLN, ne comporte aucun message de soutien de l’armée au vieux parti, s’est défendu le secrétaire général du FLN, Amar Saâdani.

« Ce n’est qu’une lettre de courtoisie de la part du vice-ministre de la Défense nationale, car le FLN adresse depuis toujours des messages de félicitations à l’armée chaque fois qu’elle réussit à réaliser des missions relatives à la lutte contre le terrorisme ou à la protection des frontières algériennes », a-t-il justifié hier lors d’une conférence de presse à Alger.

Tantôt moqueur, tantôt virulent, Amar Saâdani a tiré à boulets rouges sur ses détracteurs, en commençant par l’ancien secrétaire du parti Ali Benflis, le qualifiant d’ingrat envers le parti qui l’a élu un jour à sa tête. « Au lieu de nous adresser un message de félicitations, M. Benflis nous a accablés de reproches en prétendant que le parti est soutenu par l’armée », a-t-il lancé, ajoutant que les propos de Benflis ne représentent que sa personne du moment que son parti n’a pas encore vu le jour. « Il doit d’abord attendre que son parti naisse, fasse ses premiers pas et apprenne à parler avant de s’exprimer », a-t-il ironisé.

Le secrétaire général du FLN accuse ses adversaires d’inverser les rôles en affirmant en toute assurance que ces partis-mêmes qui prônent actuellement l’impartialité de l’institution militaire ont demandé à l’armée d’intervenir pour l’application de l’article 88 lorsque le président de la République était hospitalisé au Val-de-Grâce.

« Il y a 18 mois, Ali Benflis et Soufiane Djilali avaient demandé à l’armée d’intervenir pour faire un coup d’Etat », a-t-il dénoncé. Saâdani a également tiré sur le leader du MSP, Abderrezak Mokri, qui « ose critiquer le FLN » tout en se permettant de recevoir les Frères musulmans de l’Egypte et des représentants d’instances internationales.

« On a beau essayé de comprendre la tendance de ce parti. Est-ce que c’est un parti de gauche ou de droite ? Un parti démocrate ou islamiste ? On n’a jamais pu comprendre », a-t-il lancé en ajoutant que « le parti de Mokri a complètement perdu la boussole sur la scène politique ».

Le patron du FLN n’a pas non plus épargné son ennemie jurée, Louisa Hanoune. « La chef du Parti des travailleurs est la dernière personne à pouvoir parler de la neutralité de l’institution militaire, car c’est elle qui s’est entretenue avec Gaïd Salah (en février 2014 ndlr).

« Louisa aurait dû révéler intégralement le contenu de cet entretien avec le premier responsable de l’armée, mais elle ne l’a pas fait car le chef d’état-major de l’armée lui a tout simplement répondu que l’armée ne se mêle pas de politique », a-t-il affirmé.

Saâdani a été jusqu’à renier la légitimité du parti de Louisa Hanoune en estimant que sa formation politique est en soi une violation de la Constitution, du fait qu’elle regroupe une partie de la société, en l’occurrence les travailleurs et les syndicats. « Or la loi algérienne sur les partis politiques interdit la formation de partis sur la base d’un groupement quelconque », a-t-il argué. 

Louisa Hanoune n’est pas au bout de ses peines avec le chef du FLN, visiblement très conforté par le pouvoir. Saâdani l’accuse même d’utiliser illégalement un bien immobilier de l’armée qui lui fait office de siège.

Interrogé sur la formation d’un gouvernement de consensus regroupant plusieurs partis politiques, le porte-parole du FLN a affirmé que s’il devait y avoir un gouvernement consensuel, il serait formé majoritairement par des ministres appartenant à son parti.

« C’est le parti majoritaire qui forme le gouvernement car ça ce passe ainsi même dans les pays qui nous ont devancés dans la démocratie », a-t-il argué. A propos de l’alliance politique prônée par le secrétaire général du RND, Ahmed Ouyahia, il a répondu que son parti refuse d’être la charrue dans cette alliance.

« La proposition d’Ahmed Ouyahia n’est pas encore à l’ordre du jour mais si jamais il y a une alliance politique, c’est le vieux parti qui doit mener l’équipage car, encore une fois, nous sommes majoritaires et en politique le pouvoir de décision revient à la majorité », a-t-il tranché.

Il a toutefois précisé qu’il ne s’agit pas d’une alliance contre les autres mais d’une alliance qui regroupera tous les partis politiques et les acteurs de la société civile qui souhaiteraient contribuer à la réalisation du programme du Président.

Commentaires
Email
Mot de passe
Prénom
Nom
Email
Mot de passe
Réinitialisez
Email