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Nationale

Saâdani-Ouyahia : la nouvelle déferlante du pouvoir

Saâdani-Ouyahia : la nouvelle déferlante du pouvoir

Avec un Saâdani résolument « dominateur » et un Ouyahia comme « joueur de cru » et « équilibriste de renom », un tandem exceptionnel que tout oppose, le team présidentiel a mis tous ses atouts dans la scène.

Ce pouvoir ne craindra plus personne, ni les agitations de la Coordination nationale des libertés, ni les discours enflammés de Hanoune, ni les critiques acerbes du FFS et sans doute de Benflis, le transfuge du FLN qui s’est réveillé dix ans après.

En refusant de répondre par l’affirmative à la proposition d’Ouyahia concernant la reconstruction d’un « grand pôle présidentiel » ou une alliance politique regroupant quatre partis seulement, le FLN vient de prendre l’une de ses premières décisions majeures depuis que le président Bouteflika est devenu le président du parti. 

Un refus poli, certes, mais bien calculé de telle manière que Saâdani, le secrétaire général du FLN, tout revigoré de ses succès récents, a cherché dès l’entame des grandes manœuvres estivales à éviter les pièges dits du « confinement », celui de réduire les marges ou de rester dans des « marquages » qui rappellent bien les théories de la discipline tactique en football.

Le FLN dit à tout le monde qu’il veut être le parti dominant, celui qui guide « la locomotive », qui dirige et qui gère les affaires de ce pays. Saâdani ne pensera pas le contraire en affirmant que le FLN propose une sorte « d’examen » politique sous sa coupe ou son leadership. Une contre-proposition dite de « front uni de soutien au président Bouteflika ».

Selon ses déclarations, ce front est ouvert aux formations politiques, associations et autres organes et structures qui ont soutenu le programme électoral du Président. C’est la première étape avant toute démarche qui concernera la constitution d’une alliance présidentielle, voire la création d’une coalition gouvernementale.

Le calcul de Saâdani est tout simple avec cette nouvelle option, ou ce projet qui rappelle plutôt le conglomérat de la « direction de campagne » lors de la présidentielle d’avril 2014.
Pour beaucoup d’analystes, le refus de la reconstitution, le plus rapidement possible, d’une alliance présidentielle est motivé par le fait que le FLN est désormais le parti tout-puissant.

Majoritaire dans toutes les institutions (APN, APW et APC), ayant acquis tout récemment le gouvernement grâce aux ralliements (pour ne pas dire redditions) des ministres technocrates, ayant réussi à offrir le premier poste du parti au chef de l’Etat et surtout à recevoir un « message » de soutien du chef d’état-major Gaid Salah, le FLN est devenu le grand parti politique dominant et dominateur dont rêvaient beaucoup de décideurs et que le pouvoir, ou les différents pouvoirs algériens, cherchaient à avoir ou à construire vainement depuis les émeutes du 5 octobre 1988.

Désormais, le Premier ministre Sellal a cette couverture politique, tout comme ses ministres des plus importants secteurs. Ils ont enfin cet étendard qui pourra les soutenir dans leurs projets et la concrétisation de leurs programmes.

Pour les observateurs, le FLN n’aurait pratiquement plus besoin d’une alliance puisque les rapports de force sont en sa faveur. D’ailleurs, on dit que même la présidence du Conseil de la nation risque de tomber dans son escarcelle dans quelques mois, lors des élections sénatoriales prévues en décembre prochain. 

Mieux, le FLN vient de mater, presque définitivement, la rébellion interne et d’écarter les contestataires qui agitaient le spectre de la division du parti avant la tenue du dixième congrès. Pratiquement, le FLN s’est retrouvé en cette mi-juin dans une situation qu’il n’a pas connue depuis l’époque du parti unique, au temps du défunt président Chadli Bendjedid.
Pour les analystes politiques, cette suprématie « verticale et horizontale » du FLN donne des éclairages sur les futures intentions du pouvoir.

Alors qu’il offrait l’image d’un pôle affaibli, réticent et prêt à toutes les concessions, -en témoignent ses appels aux consultations sur la révision de la Constitution et surtout son acceptation mitigée de l’initiative du FFS sur le consensus national, voilà que ce pouvoir se rebiffe et fait face aux périls et aux risques. Grâce au FLN revigoré et renforcé, il met en avant un discours offensif, méprisant à l’endroit de l’opposition et paternaliste.

Avec un Saâdani résolument « dominateur » et un Ouyahia comme « joueur de cru » et « équilibriste de renom », un tandem exceptionnel que tout oppose, le team présidentiel a mis tous ses atouts dans la scène.

Ce pouvoir ne craindra plus personne, ni les agitations de la Coordination nationale des libertés, ni les discours enflammés de Hanoune, ni les critiques acerbes du FFS et sans doute de Benflis, le transfuge du FLN qui s’est réveillé dix ans après.

La preuve : tout ce beau monde, qui constitue aujourd’hui la « crème » et l’élite politique ou la caste algérienne qui cherche le partage du pouvoir ou qui présente une façade démocratique à la sauce locale, a été sévèrement critiqué, malmené, « traîné presque dans la boue par le tout-puissant Saâdani dans sa conférence d’hier. Même la presse ne fut guère épargnée par cette nouvelle déferlante politique.
Moralité : d’ici les législatives de mai 2017, tout se fera avec l’accord et l’approbation du FLN. Ainsi, on ne s’oppose plus à Bouteflika, mais à son parti FLN régénéré pour la circonstance.

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