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Nationale

Saâdani mate ses adversaires

Saâdani mate ses adversaires

En devenant le président du parti, Abdelaziz Bouteflika vient de positionner le FLN comme un parti politique avec qui il faudra compter au moins jusqu’en 2019, date de la prochaine élection présidentielle. Amar Saâdani vient de balayer avec une simple lettre ou message du président de la République toute la révolte et le semblant de rébellion qui secoue ses appareils depuis quelques années.

Rien ne pourra donc arrêter la marche du FLN vers de nouveaux succès politiques, bien que jusqu’à présent, il n’existe aucun agenda important pour l’immédiat.

Ainsi, il devient plus clair que le pouvoir a décidé de s’appuyer aussi bien sur le FLN, comme parti majoritaire dans les institutions, en soutenant Saâdani et en écartant les autres caciques et anciens hauts dirigeants, que sur le RND à qui il veut également octroyer un rôle prépondérant.

A deux, ils devront maintenant constituer ce fameux front politique qui sera rejoint plus tard par d’autres formations politiques de plusieurs sensibilités et mouvances idéologiques. C’est la première leçon qui se dégage des deux journées de travaux du dixième congrès du FLN à la Coupole du complexe olympique du 5-juillet.

D’ailleurs, dès que le ministre Khaoua a achevé le message de « soutien » du chef de l’Etat les contestataires se sont tus, évitant toute réponse « désobligeante » et refusant de commenter à chaud la surprenante intrusion.

Seul Abada, ancien rebelle et leader du mouvement de redressement du parti depuis l’époque de Belkhadem, semble garder le moral ; les autres demeurent « abattus » par la nouvelle configuration organique et politique.

Il est évident qu’au-delà du soutien de Bouteflika et de la probable fin des batailles internes au sein des appareils du FLN, le pouvoir semble avoir déjà choisi ses « murailles » politiques, celles avec qui il devra aux différentes oppositions, mais aussi faire face aux crises qui semblent pointer à l’horizon, notamment sur les plans économique et social.

Reste à savoir si Saâdani, en tant que SG plébiscité et reconnu légal et légitime, aura les coudées franches pour « moderniser » le FLN, comme il le clame. Son opération rajeunissement a connu quelques succès, mais la campagne va-t-elle durer encore quand les enjeux ne seront plus les mêmes ? Pour de nombreux observateurs, cette modernisation organique est déjà une opération de longue haleine, une vraie bataille d’envergure, surtout si on connaît la nature du vieux parti, ses traditions et ses caprices.

Mais, il est clair, aux yeux de nos analystes, que le FLN, tout comme le RND, vont se répartir de nouvelles missions politiques, en créant surtout une unité interne et une armature pour le pouvoir contre les velléités de l’opposition et les secousses probables des conjonctures difficiles. Bouteflika aura ainsi créé avec sa lettre une rupture, qu’il a toujours voulu épargner à ses courtisans, comme ses amis ou ses partisans. Une lettre qui donne déjà carte blanche à Saâdani pour d’abord sévir, ensuite mobiliser, avant de construire.

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