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Op-Ed

Saâdani, les services et le botox politique

On voulait, en Algérie, se débarrasser des services de renseignements par un « fiat » politique misant. C’était une première étape. Celle où le monde initié au métier des taupes et des infiltrations, un monde conscient du coefficient efficient de nos services, restait ébahi.

La concomitance des intérêts, ceux des clients membres du sommet de l’Etat a fait que la politique de l’excès de générosité sont l’unique alternative du maintien du statu quo politique, que ces services devaient rester dans l’ombre et laisser s’ouvrir la caverne d’Ali aux voleurs inconnus. D’ailleurs ces services, tournés en méchants par le « porte-parole « de l’officiel, ont été tendus pour la première fois en Algérie sur les sèche-linges publics. Le tort, leur tort : « renifler » les mauvaises odeurs de l’argent sale.

Les conséquences : la perte du pouvoir judiciaire transféré sous l’oreiller du vieux renard. Et à l’heure où ils devaient être soutenus pour faire face à la force brutale de la corruption, du mal qui gangrène le pays, on tend la main à la France pour s’offrir des épées de Damoclès dans le souk de la politique politicienne où Trévidic joue au bourgmestre à défaut de moine. Naturellement, il ne convient pas de verser dans l’hystérie. Ni dans la parano. Ni dans la mégalo qui nous connaît. Il suffit juste de regarder.

La France, qui n’est pas plus menacée qu’auparavant, renforce ses services. La Grande-Bretagne. L’Europe dans sa globalité fait de même. Tout ce monde est unanime : l’époque est à la méfiance, à la guerre du renseignement humain, précis, qui commence à l’intérieur de chaque pays sans technologie, car aucun gadget ne pourra se substituer à l’humain.

Le renseignement limite les risques. Mais nous, dans le pays de Saâdani à la tête du FLN, nous pensons autrement. Nous avons peur de ces services qui enregistrent toutes les traçabilités. Et, entre deux coupes de champagne bien sabré à Paris dans des appartements de luxe, des privilèges accordés grâce à l’intermédiaire d’un ex-consul général à Paris, grâce aux bons offices de diplomates français, Saâdani retrouve le botox des visages déridés. Il parle de politique. Des programmes machin, il découvre.

Il donne le la pour entamer la danse, lui qui maîtrise le pas de jambes. Bien évidemment que les services dérangent. Ils dérangeront à jamais la caste d’un tel individu osant parler de politique.

Critiquer les autres, lui le barbouilleur de crotte salissant le parti de nos martyrs et des moudjahidine. Il fait partie d’un régime dont la légitimité est fragile. Limite contestable. Un régime qui constitue l’expression d’une famille, d’un clan, d’une tribu, d’une région qui accapare à la fois le pouvoir et la rente. Les importations et les lois taillées sur mesure. Il accapare l’immunité afin de protéger le monopole d’accès au pouvoir. Les services ont eu le mérite d’y faire face.

Un blocus à un Etat féodal, terrorisant, corrompu… monarchique dans une République qui risque de devenir bananière. Un Etat moderne voulaient-ils. L’ANP, digne héritière de l’ALN, avec toutes ses institutions, restera toujours fiable parce que son recrutement est large et dépasse en général les limites de la minorité au pouvoir en incluant des citoyens qui n’ont aucun intérêt, aucune motivation à défendre cette minorité. Les services font partie de cette ossature.

Républicains et non pas une milice, non pas des services d’actions politiques, dévoués à la cause des seigneurs au pouvoir… Le mythe est fini. N’en déplaise à Saâdani, a sa tribu de fayots, à ses richesses, à ses mentors d’ici ou d’ailleurs et à tous ceux dont il porte la voix.

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