-- -- -- / -- -- --
Nationale

Saâdani, le fou du roi

Saâdani, le fou du roi

Le SG du FLN Amar Saâdani a fait la semaine dernière une déclaration étonnante sur le Sahara occidental. Il a laissé entendre sur le plateau de la Chaîne TV Ennahar avoir un avis qui « ne plaira pas à tout le monde ».

Ce qui veut dire que son opinion sur cette question de décolonisation du Sahara occidental est à l’opposé de la thèse des officiels algériens défendue depuis plus de trente ans, qui prône une solution politique sous l’égide de l’ONU.

La phrase du SG du FLN n’a pas échappé à un site électronique marocain qui publie côte-à-côte les photos de feu Mohamed Boudiaf et celle de Amar Saâdani, pour tenter d’établir un lien entre le fondateur du parti et celui qui préside depuis plus d’un an aux destinées de ce parti. Plusieurs journaux et sites d’information marocains ont commenté les propos tenus par Amar Saâdani.

Ainsi, le site francophone Yabiladi, connu pour ses articles de propagande contre l’Algérie, voit dans les déclarations de Saâdani « les premiers signes d’une révision de la politique de l’Algérie à l’égard du Maroc ».

L’auteur de l’article explique le passage où Saâdani jugeait que « l’escalade n’est dans l’intérêt ni du Maroc ni de l’Algérie » et appelant à un « réexamen » du problème du Sahara occidental, comme le signe d’une « remise en cause » de toutes les positions de l’Etat sur cette question.

Sur la même lancée, Hespress, a salué les déclarations d’Amar Saâdani, qualifie le refus du SG du FLN de commenter la réaction de Lamamra d’ »attitude inhabituelle » chez le personnel politique algérien. Hespress a repris les propos de Saâdani dans lesquels il a affirmé avoir une « position différente » de celle adoptée par les institutions officielles de l’Algérie sur la question sahraouie, qu’il promettait de « dévoiler un jour ».

L’ONU et l’UE au banc des accusés

L’ONU et l’UE ont été accusés de complaisance envers la politique coloniale du Maroc. Le président de la conférence européenne de soutien et de solidarité avec le peuple sahraoui, Pierre Galland, a accusé, les Nations unies (ONU) et l’Union européenne (UE), de « complicité » avec le Maroc qui continue sa politique colonialiste dans les territoires sahraouis occupés – « L’ONU a promis d’organiser un référendum sur l’autodétermination du peuple sahraoui en 1991 pour mettre un terme au conflit du Sahara occidental », a rappelé Galland, lors de son intervention à l’ouverture de la 40e édition de l’EUCOCO à Madrid, déplorant que « 25 ans plus tard le référendum n’est pas organisé ». « Les sahraouis vivent toujours sous cette occupation terrible et illégale marocaine, depuis 1975 », a-t-il soutenu.

L’UE, ajoute Galland, « est aussi complice du Maroc » qui est favorisé par cette institution en lui accordant des contrats et des accords économiques et d’échanges commerciales illégaux. Galland a appelé, à cette occasion, l’Espagne à annuler la déclaration de Madrid de 1975 qui a permis l’invasion marocaine des territoires sahraouis, souhaitant que cette 49e édition de l’EUCOCO va faire pression sur le gouvernement espagnol afin de payer sa dette envers le peuple sahraoui.

L’intervenant a, par ailleurs, fait appel à la communauté internationale, à faire pression sur l’ONU pour l’application du droit international et assurer à ce peuple sahraoui le droit à l’indépendance.

Il a exhorté, également, l’ONU à élargir la Minurso à la surveillance des droits de l’homme dans les territoires occupés. En 1960, l’ONU a adopté la résolution 1514 qui stipule que tout peuple a droit à l’autodétermination et que le colonialisme doit être amené à une fin rapide et inconditionnelle.

Le plus remarquable est le Sahara occidental, connu sous le nom de dernière colonie d’Afrique, qui a lutté pour l’autodétermination depuis plus de 30 ans contre le Maroc. En 1976, les Espagnols sur le départ ont divisé le Sahara occidental entre le Maroc et la Mauritanie en échange du maintien de leurs droits de pêche et de la propriété partielle des intérêts miniers.

Une guerre de 15 ans a eu lieu entre les Marocains et le Front Polisario, avec le retrait des Mauritaniens en 1979. En 1991, un cessez-le feu a été déclaré et aux termes d’un accord de l’ONU, la tenue d’un référendum pour l’autodétermination a été promise.
Dix-neuf ans plus tard, les Sahraouis sont toujours en attente de ce référendum. Un nombre estimé à 165 000 de réfugiés sahraouis qui ont fui les combats sont toujours hébergés dans des camps de réfugiés à Tindouf.

Dans le Sahara occidental occupé, la population sahraouie fait face à la discrimination et aux violations des droits humains. Les organisations internationales, y compris le Haut-Commissariat aux droits de l’homme ont exprimé de sérieuses préoccupations sur les violations des droits de l’homme dans le territoire et un rapport d’Human Rights Watch en 2008 a constaté que le Maroc avait violé les droits d’expression, d’association et de réunion au Sahara occidental. 

Commentaires
Email
Mot de passe
Prénom
Nom
Email
Mot de passe
Réinitialisez
Email