-- -- -- / -- -- --
Nationale

Saâdani, le cavalier seul du pouvoir

Saâdani, le cavalier seul du pouvoir

Il semble bien qu’une guerre froide vient de s’installer entre les deux forces politiques les plus puissantes de la mouvance présidentielle.

Le patron du FLN ne rate aucune occasion pour affirmer que son projet de formation d’un front national de soutien au programme du président de la République suscite des interrogations et des inquiétudes auprès des observateurs.

Non seulement en raison de la sensibilité de la question des soutiens et du poids des partis politiques visés, mais aussi de l’envergure des personnalités nationales qui se sont mises au-devant de la scène et se retrouvent en plein cœur de la polémique.

A chaque fois, la question du rejet par le FLN d’abord et par le RND ensuite des initiatives de regroupement devient un véritable sujet de débat dans les milieux politiques, qui ne manquent pas de mettre cette bataille d’avant-garde dans le sillage des sénatoriales que les deux formations préparent avec sérieux et abnégation.

« L’initiative du FLN est une initiative nationale qui a été présentée aux partis politiques, dont ceux de l’opposition, et aux associations nationales qui seront destinataires de correspondances dans les prochaines semaines », a déclaré Saâdani à la presse en marge d’une conférence à l’Assemblée populaire nationale sur la révolution du 1er novembre 1954.

Il ira jusqu’à dire que ce projet du FLN est ouvert à tous et chaque partie peut « user de son libre arbitre », allusion au frère ennemi qui cherche à imposer sa propre « identité politique », voire son autonomie sur le plan de la décision et sa « souveraineté organique ».
Bien que les différences soient nombreuses entre le FLN et le RND, les deux partis ont su cohabiter depuis 1997, alternant les majorités au sein des assemblées populaires élues et dans les appareils de l’Etat.

Des alliances se sont formées, avec l’autre mouvance islamiste modérée, le MSP, pour soutenir Bouteflika, notamment lors de son bras de fer électoral de 2004 avec Benflis.

Des « unions » qui ont perduré, jusqu’à la nouvelle configuration politique et électorale qui vient de se dégager, juste après la présidentielle de 2014. Aujourd’hui, Saâdani fait office de chef du parti qui a la majorité absolue, qui a changé la composante humaine de tous les appareils de son parti, du bureau politique au comité central en passant par les structures et les organes régionaux et intermédiaires.

De plus, Saâdani a fini par donner un autre visage à son FLN, en accentuant le découpage administratif et territorial, en nommant de nouvelles têtes et en favorisant l’émergence de militants inconnus dans le sérail.

Désormais, l’objectif stratégique de Saâdani est de mettre le FLN dans une orbite favorable, en créant d’abord ce front de soutien, sorte d’alliance hétéroclite de façade, afin de se démarquer du RND, ensuite de remporter haut la main les sénatoriales de décembre prochain, et enfin d’entamer l’année 2016 avec sans doute un gouvernement totalement acquis et dédié au FLN.

C’est sans doute cela qui met Saâdani en bonne posture politiquement et c’est certainement cela qui lui donne un air aussi serein et confiant. Mais le pouvoir a-t-il besoin d’un cavalier seul ? 

Commentaires
Email
Mot de passe
Prénom
Nom
Email
Mot de passe
Réinitialisez
Email