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Nationale

Saâdani humilié

Saâdani humilié

Nous l’écrivions dans une édition précédente, la polémique exagérément médiatisée par les réseaux du Makhzen au sujet
d’un repositionnement de l’Algérie vis-à-vis de la question du Sahara Occidental a été enterrée par le ministre des Affaires maghrébines, de l’Union africaine et de la Ligue arabe.

Les propos d’Abdelkader Messahel n’autorisant aucune réserve puisque c’est le président de la République lui-même qui vient de confirmer la position immuable d’Alger en faveur de l’autodétermination du peuple sahraoui. Réaction au sommet de l’Etat qui condamne de fait Amar Saâdani, le SG du FLN par qui le scandale est arrivé…

La convocation des hauts représentants qui incarnent l’Etat n’est pas fortuite. Bouteflika, qui reçoit souvent ses invités en tête-à-tête comme le montrent régulièrement les images du JT, a tenu à s’entretenir avec son homologue sahraoui, le président Mohamed Abdelaziz, en présence d’un staff particulier : Ahmed Ouyahia, ministre d’Etat conseiller à la Présidence, Abdelmalek Sellal, Premier ministre, Ramtane Lamamra, ministre d’Etat chargé du département des Affaires étrangères et le Général Major de corps d’armée Gaid Salah, vice-ministre de la Défense.

Message clair : c’est l’Etat algérien, sous l’autorité du premier magistrat du pays, qui réaffirme le soutien « indéfectible et inconditionnel » de l’Algérie à la cause anticoloniale défendue par le Polisario depuis l’occupation du Sahara occidental par le royaume chérifien.
Réponse en images, claire, nette et précise à tous les serviteurs embusqués de sa majesté dans les arcanes politiques d’Alger.

L’Etat réagit

L’épisode des printemps arabes, l’exil de la famille Kadhafi, l’attaque du site de Tiguentourine et bien d’autres incidents majeurs ont prouvé, dans un passé récent, qu’on ne titille pas l’Etat algérien sur les fondamentaux de sa politique nationale et extérieure sans qu’une réponse souveraine soit apportée avec la plus grande fermeté. L’affaire Saâdani, une de trop, le démontre encore une fois.

Le patron du FLN, qui a osé prêcher le faux en offensant deux peuples, celui du Sahara occidental et celui d’Algérie, vient de recevoir une gifle du président de la République dont il a voulu se faire le bouffon au point de détourner le discours officiel pour le bénéfice d’un pays tiers.

Il a donc fallu que le ministre Messahel remette les pendules à l’heure et que Bouteflika répare le tort causé aux bonnes relations avec les frères sahraouis opprimés en accueillant le président Abdelaziz. Une séance de communication plus que solennelle.

Malaise au FLN

« Ma rencontre avec le président Bouteflika intervient dans une conjoncture très sensible. » Ces propos du Président sahraoui renseignent sur le climat qui a précédé cette audience.

Des sources bien informées ont confié au JI que le brouhaha provoqué par Amar Saâdani, largement exploité par les officines marocaines, a suscité de l’inquiétude dans les territoires occupés et dans les camps de réfugiés de Tindouf.

La responsabilité d’un tel malaise incombe au secrétaire général du FLN qui risque de payer cher sa forfaiture. D’aucuns susurrent déjà qu’une opération de destitution serait à l’étude au sein d’un groupe du Comité central.

« Notre démarche n’a rien à voir avec le front des redresseurs ; il s’agit d’un sursaut de principe alors que le Rubicon a été franchi par le militant Amar Saâdani contre les convictions du Front », nous révèle notre source.

Et d’ajouter : « Ne pas sanctionner Saâdani équivaudrait à cautionner sa position antinationale et à s’opposer à son Excellence Abdelaziz Bouteflika. »
Il reste à trouver la forme juridique pour sa destitution d’après les confidences de ce témoin, au courant des agitations des coulisses au siège national du FLN à Hydra. A moins que Saâdani ne décide de démissionner, comme ses proches le lui auraient conseillé. A suivre.

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