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Nationale

Saâdani en roue libre au FLN

Saâdani en roue libre au FLN

C’est plutôt une rentrée politique de première importance pour le secrétaire général du FLN Amar Saâdani. A la fin de ses vacances et ses supposés démêlés avec la police française, voilà que le patron du FLN se met sous les feux de la rampe, distillant des révélations par ci, prononçant des petits discours énigmatiques par là.

Depuis quelques jours, comme boosté par le communiqué présidentiel d’éliminer politiquement Belkhadem, un farouche adversaire au sein de l’appareil, Saâdani joue maintenant plusieurs rôles délicats : D’abord en tant que capitaine de vaisseau FLN, il multiplie les sorties et les intronisations de mouhafedh nouveaux, les fameux commissaires politiques, que certains de la base contestent depuis des semaines.

Or, le plus intéressant dans cette histoire d’installation de chefs « régionaux du parti », c’est la création et la mise en exécution d’un nouveau découpage administratif et politique du parti.

Un découpage qui s’opère en catimini, presque en anticipant celui qu’on annonce depuis des années et que Sellal, le Premier ministre, ne cesse de promettre dans ses pérégrinations à travers le territoire national. Un découpage territorial que le FLN veut devancer politiquement. Saâdani en profite et met son grain de sel, déroutant presque sa base militante.

Pourtant, ce découpage et la création de nouvelles mouhafada n’ont jamais fait l’objet de débats ou de discussions au sein des structures du parti, ni même figurent dans les recommandations des sessions du comité central, l’instance dite suprême du parti.

L’autre carte blanche pour Saâdani, c’est désormais la vitesse de croisière qu’il va imprimer aux préparatifs du congrès du parti qu’on prévoit avant la fin du premier trimestre de l’année prochaine.

Des commissions se mettent en place, alors que la plus importante reste sans doute celle qui prépare de nouveaux textes sur le statut du parti et son règlement intérieur, ainsi que le remodelage de la composante humaine du Comité central et le nombre de ses membres.

Certains estiment que l’ancien SG déchu et banni avait anormalement augmenté le nombre des membres du CC, pour rééquilibrer des rapports de force internes qui lui étaient défavorables. Saâdani, en homme d’appareil du FLN et connaissant ses intimes pulsations, a senti au départ qu’il fallait réformer cette structure.

Mieux, des sources internes pensent que le parti est décidé à faire un autre toilettage idéologique et politique. Si les fondements idéologiques du FLN sont connus, certains dirigeants pensent que la ligne du parti a été déviée pour épouser des thèses plutôt proches de la mouvance islamiste. D’autres y voient que le FLN est victime d’une politique de « désidéologisation ».

Saâdani, sans être l’auteur de ce « lifting des idées », trouve le moyen d’en parler en aparté, en revendiquant un FLN plutôt nationaliste et socialiste, profondément humaniste, tiers-mondiste et démocratique. Mais, dans la conjoncture actuelle, ce débat est perçu comme une discussion de salon ou de luxe.

L’autre front sur lequel Saâdani semble être à l’aise est sa propension à se mettre dans la peau d’un vrai porte-parole du président Bouteflika. Un jour, c’est « le chef de l’Etat va procéder à des changements importants juste après la révision de la Constitution », un autre, Bouteflika « veut inviter l’opposition à participer aux consultations » ou que la « révision constitutionnelle ne passera pas par la voie référendaire », le patron du FLN est pratiquement devenu une source qui révèle les intentions du président de la République, ses feuilles de route ou ses agendas politiques.

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