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Nationale

RUPTURE DE MÉDICAMENTS : LA FAUTE AUX OPÉRATEURS PRIVÉS

RUPTURE DE MÉDICAMENTS : LA FAUTE AUX OPÉRATEURS PRIVÉS

Rupture des médicaments ? Un seul coupable : les opérateurs privés. Le ministère de la santé et l’Agence nationale des produits pharmaceutiques s’en lavent les mains. Ils sont exempts de tout reproche, si l’on croit la directrice de l’agence, Ouatfa Benayad Chérif. Cette dernière impute la responsabilité aux opérateurs privés quant au retard dans l’approvisionnement du marché des médicaments et aussi dans la signature des programmes d’importation des molécules entrant dans la composition des traitements fabriqués localement.

Mme Benayad Chérif, s’exprimait ce mrecredi  à l’émission L’invité de la rédaction » de la Chaîne III de la radio nationale, impute la responsabilité aux opérateurs privés quant au retard dans l’approvisionnement du marché des médicaments et aussi au retard de signature des programmes d’importation des molécules entrant dans la composition des traitements fabriqués localement. Elle a indiqué à ce propos que cette situation a amené le ministère de la Santé « à instruire les intervenants dans cette filière de prendre dans l’urgence les dispositions propres à empêcher leur répétition ». Elle explique d’un autre côté qu’après examen approfondi de la liste des médicaments déclarés en situation de rupture, « il est apparu que c’est certaines marques particulières qui manquaient sur les rayons des pharmacies et non pas celles dont les molécules étaient proposées sous une autre désignation ». A ce titre, elle met en cause des médecins qui « auraient tendance à prescrire des traitements étrangers aux lieu et place de ceux produits localement ». Si, d’autre part, elle note que les programmes d’importation de médicaments considérés « essentiels » ont été signés dans les temps, Mme Ouatfa Benayed Cherif reconnaît toutefois qu’il « n’en a pas été de même pour ceux produits localement, en raison de la vérification préalable des stocks encore existants et de l’examen des capacités de leur production ». Pour ce qui concerne la disponibilité des remèdes prévue pour l’année 2019, celle-ci signale que le ministre de la Santé a donné des « instructions fermes » pour que soit assurée une bonne exécution de leurs programmes d’importation. A ce propos, elle annonce qu’un « délai de deux mois a été accordé aux fabricants de produits pharmaceutiques pour faire part de leurs besoins ». Une véritable pénurie de médicaments est apparue ces derniers temps. 240 médicaments sont actuellement absents des rayons des officines du pays en raison « d’un retard de signature des programmes nécessaires à leur importation », a indiqué récemment le Dr Lotfi Benbahmed, président du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens. Selon ce dernier, les commandes « n’ont pas été faites dans les délais ». Devant cette situation, il a tenu à signaler que « des appels ont été lancés au ministère de la Santé pour qu’il pallie rapidement les ruptures pouvant avoir un impact sur la santé publique de nos concitoyens ». Le Dr Lotfi Benbahmed explique qu’en dépit d’une augmentation de la population, « ce sont les mêmes volumes de traitements qui sont reconduits, année après année », se révélant « très largement insuffisants ». « Cette situation a contraint les pouvoirs publics à rogner sur les stocks de sécurité qui se sont à leur tour épuisés », dit-il. Il a mis également en cause des fabricants qui ont demandé au ministère de protéger précocement des médicaments qu’ils étaient censés produire, à l’exemple de corticoïdes, alors « qu’ils n’avaient pas commencé à le faire ». Parallèlement, ajoute-t-il, les programmes d’importation « devraient prendre en compte la reconstitution des stocks stratégiques de médicaments, lesquels représentent à eux seuls 25% de la facture », a-t-il tenu à préciser. La Fédération algérienne du médicament(FAM) a quant à elle tiré la sonnette d’alarme au mois de juillet dernier à travers un appel destiné aux pouvoirs publics pour mettre en place « quelques règles simples permettant de s’assurer notamment de la capacité effective des producteurs concernés à assumer leurs engagements ». Selon la FAM, la rareté de certains produits pharmaceutiques sur le marché national « tient à deux facteurs essentiels ». Il s’agit des « restrictions appliquées en amont sur les autorisations d’importation des médicaments finis, et aussi l’absence marquée de procédures claires, précises et cohérentes permettant d’administrer avec efficacité l’interdiction des importations de produits fabriqués localement ». La Fédération alerte depuis plusieurs semaines déjà au sujet « de la persistance de ruptures et de tensions sur certains médicaments essentiels alors que les recommandations du comité de veille sur les ruptures à même de garantir fluidité, transparence et disponibilité des médicaments ont été complètement occultées », mais sans grand résultat.

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