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Riyad joue le coup de pouce

Riyad joue le coup de pouce

Il aura fallu un coup de pouce inattendu pour que les cours du brut stoppent leurs tendances baissières. Après avoir subi de fortes pertes, le baril, qui peine à remonter vers le seuil « salutaire » des 50 dollars, s’est rebiffé hier matin grâce à des rumeurs et des spéculations sur une probable diminution des volumes des exportations saoudiennes en direction des Etats Unis.

Vers 13h GMT, le prix du baril WTI prenait 69 cents sur des contrats pour livraison en juillet au New York Mercantile Exchange (Nymex). Quant au Brent, il se négociait autour des 48,80 dollars le baril. Une légère hausse certes, mais qui ne permet guère au pétrole de retrouver ses couleurs d’il y a deux mois.

Ces rumeurs de réduction des exportations saoudiennes vers les Etats Unis ont fait bouger le marché dès l’ouverture des séances, car il semble, aux dires des analystes, que les réserves US devraient redevenir la principale préoccupation du marché. Ce sont ces stocks qui semblent maintenant poser problème pour l’OPEP dans sa quête vers un équilibre des prix.

L’Arabie saoudite fait tout pour casser cette équation des stocks, en jouant « l’éponge », seule option actuellement pour résorber l’excès d’offre qui pénalise les cours. Et cela a eu des effets, même minimes.
Il faut rappeler que les réserves américaines de brut ont progressé pour la première fois depuis deux mois, selon des données publiées la semaine dernière.

Des chiffres qui inquiètent les investisseurs, ces derniers espérant voir dans ces scores du département américain de l’Energie s’il s’agit d’une exception ou de l’amorce d’une nouvelle tendance de hausse.

D’ailleurs, c’est devenu une source d’appréhension permanente pour les « gros bras » de l’OPEP, qui en dépit de l’accord et son respect drastique par ses membres, voient que la production mondiale remonte de façon significative ailleurs.

Pratiquement, tous les efforts de l’OPEP et ses partenaires non affiliés sont vains. La valeur du baril a connu un repli de 11% depuis le sommet de Vienne le 25 mai dernier. Alors d’où vient ce surplus du pétrole qui inonde encore le marché ?

Pour les experts, il n’y a pas seulement la politique de stockage aux Etats Unis ou encore le dynamisme des compagnies qui exploitent les champs de schiste, mais également le retour en force des pays exemptés de quotas de production.

Ainsi, on signale déjà qu’en Nigéria, par exemple, dispensé de participer aux baisses de production, les extractions ont retrouvé un niveau de 2,2 millions de barils/jour. Un seuil considéré comme important et qui perturbe tous les calculs du cartel. Même cas pour la Libye ou les petits producteurs non membres de l’OPEP, mais qui profitent pour arracher des parts de marché, notamment en Asie.

C’est sans doute ces indicateurs qui ont fait stagner le marché, alors que l’OPEP et une douzaine d’autres producteurs se sont mis d’accord pour étendre leurs baisses de production jusqu’en mars 2018.

Il semble que cela est un coup d’épée dans l’eau, même si certains analystes pensent que cette décision aura des effets notoires vers la fin de l’année, quand le pic de la consommation mondiale de brut atteindra son summum. L’analyse est partagée par la Banque russe Commerzbank et par d’autres acteurs du marché.

On pense franchement qu’il faudra mettre fin à cette exception pour troubles politiques, et que l’OPEP imposera au Nigéria et à la Libye des quotas clairs, afin de contrôler le marché mondial et de rassurer les investisseurs.

Pour d’autres experts, ce sont ces exceptions qui durent dans le temps qui pénalisent la stratégie commune de l’OPEP pour un équilibre des cours et une diminution des réserves mondiales de brut.

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