Risques d’incendies et noyades dans l’ouest du pays: La Protection civile teste ses lignes de défenses
Le directeur général de la Protection civile, le colonel Boualem Bourelaf, a effectué ce mardi une visite de travail et d’inspection dans les wilayas de Saïda, Sidi Bel Abbès et Tlemcen, au moment où les risques liés à la saison estivale restent particulièrement élevés. Feux de forêt, noyades et accidents de la circulation figurent parmi les principaux points de vigilance de cette tournée. C’est ce qu’a indiqué hier un communiqué de la Protection civile.
Accompagné de plusieurs cadres centraux, le colonel Bourelaf s’est rendu sur le terrain pour évaluer la préparation des unités, la disponibilité des moyens et la capacité des différents dispositifs à répondre rapidement à une situation d’urgence. Une démarche qui intervient après plusieurs semaines de forte mobilisation des services de secours, notamment face aux incendies enregistrés dans plusieurs régions du pays et à une vague de chaleur ayant duré plus de vingt jours.
Les feux de forêt constituent le principal enjeu de cette inspection. Le directeur général a notamment évalué la préparation des colonnes mobiles et des détachements de renfort aux premières interventions (DRPI), dont la mission est de renforcer rapidement les unités locales lorsque l’ampleur d’un sinistre l’exige. L’enjeu est simple : gagner du temps sur le terrain. La capacité des renforts à se mobiliser et à rejoindre rapidement les zones touchées, mais aussi leur aptitude à soutenir les équipes déjà engagées ont fait partie des éléments examinés. Il s’agit notamment de pouvoir « faire face aux incendies de grande ampleur ou à forte intensité » et de limiter leur propagation.
Le protocole d’intervention consacré aux feux de forêt a été, lui aussi, l’objet d’une évaluation directe. Les différentes étapes de la réponse ont été examinées, de la mobilisation des moyens jusqu’aux opérations de maîtrise et d’extinction.
La coordination entre les équipes engagées au sol et les moyens aériens constitue un autre point déterminant. Dans un incendie à propagation rapide, la complémentarité des moyens et la fluidité de la coordination peuvent conditionner l’évolution de la situation. La Protection civile cherche ainsi à améliorer « la rapidité de la réponse opérationnelle » et « l’efficacité des opérations de maîtrise et d’extinction ».
Plusieurs unités opérationnelles, centres de coordination et postes d’intervention avancés implantés à proximité des zones forestières ont également été au programme de cette tournée. Les équipements et matériels techniques spécialisés ont été examinés, avec une attention particulière portée aux moyens affectés aux détachements de renfort.
La gestion des incendies passe aussi par le numérique. Les plates-formes et systèmes consacrés au suivi des opérations de lutte contre les feux de forêt et à la gestion des risques majeurs et des catastrophes ont été présentés dans le cadre de cette visite. Leur mission est de contribuer à améliorer le suivi des interventions, la circulation de l’information et la coordination des moyens. D’autant plus que cette inspection intervient dans un contexte particulièrement exigeant pour les secours. La succession des incendies, conjuguée à des conditions météorologiques difficiles, a nécessité une mobilisation importante des effectifs, des moyens logistiques et des équipements spécialisés. L’évaluation menée sur le terrain devrait ainsi permettre de mesurer les capacités réelles des dispositifs après cette période de forte sollicitation.
A Tlemcen, le dispositif de surveillance des plages constitue l’autre volet important de la visite. Le niveau de préparation des équipes chargées de la sécurité des estivants a été évalué, tout comme la mobilisation des effectifs et la disponibilité des moyens nautiques d’intervention.
La capacité des équipes spécialisées à intervenir rapidement en cas de noyade ou d’autre situation d’urgence fait partie des priorités. Avec l’affluence estivale sur les plages, la rapidité de la réaction reste un facteur déterminant pour sauver des vies.
Par ailleurs, cette tournée aspire aussi à rapprocher davantage le commandement central des unités opérationnelles. Les visites de terrain permettent ainsi de relever les insuffisances, d’identifier les besoins et d’apporter les ajustements nécessaires, aussi bien sur le plan humain que logistique et organisationnel. En outre, le retour d’expérience occupe une place importante dans cette démarche. Les enseignements tirés des interventions récentes doivent servir à améliorer les procédures, renforcer la coordination entre les différents intervenants et adapter les dispositifs à l’évolution des risques. Lors de cette tournée, il a également été rappelé l’importance du rôle des citoyens dans la prévention. Tout départ de feu ou accident doit être signalé immédiatement, tandis que les consignes de sécurité doivent être strictement respectées. Le colonel Bourelaf a enfin soutenu que face aux incendies, comme aux risques liés à la fréquentation des plages, la vigilance de chacun reste la première ligne de prévention.