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Nationale

Risque de grands dérapages

Risque de grands dérapages

L’affaire dite à présent « zone industrielle de Souamaâ » est loin d’être réglée (voir nos éditions précédentes des mois de septembre et novembre 2015). Il y a même un risque de grands dérapages
à présent, puisque les deux parties belligérantes, l’administration d’un côté et les propriétaires de ces 350 hectares de terres fertiles de l’autre, restent chacune d’elles sur ses positions.

Les engins de travaux publics appartenant à une entreprise privée, mobilisés mercredi dernier sur les lieux de cette « zone industrielle » pour les travaux de terrassement, ont été obligés à l’immobilité par les propriétaires de ces terres mobilisés en masse à cet effet.

Les conducteurs d’engins en question ont déclaré à leurs vis-à-vis, c’est-à-dire les propriétaires terriens, qu’ils n’ont qu’obéir aux ordres de leur employeur. Celui-ci avait reçu l’ordre de l’administration de wilaya.

C’est aussi au cours de cette même journée de mercredi que les délégués des propriétaires de ces terres ciblées par une opération d’urbanisation ont été conviés par les responsables de la wilaya à une réunion pour discuter de ce dossier.

Parmi les interlocuteurs des délégués des propriétaires de ces terres, il y avait bien entendu Brahim Merred et le Président de l’APW, Mohamed Klalèche, autrement dit les deux premiers responsables de la wilaya.

Pendant ces discussions, les engins des travaux publics étaient sur le terrain. Cela veut dire que l’administration a arrêté depuis longtemps la décision d’entamer les travaux de nivellement au niveau de ces terres et en faire « la zone industrielle ». Sur quoi ont porté les discussions ?

Le wali a informé ses interlocuteurs, à leur tête, Akli Bousnadji, qu’il a arrêté la décision concernant l’opération de viabilisation sur les terres en question et que s’ils considéraient toujours les terres choisies pour abriter la zone industrielle comme les leurs, ils pouvaient toujours saisir la justice.

Ses interlocuteurs lui ont fait comprendre que si l’administration tient toujours à réaliser sa zone industrielle sur leurs terres, ils tnr faire signer un acte en tant que réels propriétaires de ces terres pour pouvoir au moins bénéficier des droits d’expropriation. – « Niet ! », leur répondit Brahim Merred.

En effet, la reconnaissance d’un terrain comme étant la propriété d’une quelconque personne ou groupe de personnes n’est pas de la compétence du wali. Et d’autant plus que le dossier portant « zone industrielle de Souamaâ « a été ficelé bien avant l’arrivée à Tizi-Ouzou de Brahim Merred.

C’était à l’époque de son prédécesseur, Abdelkader Bouazgui, que ce dossier, monté de toutes pièces, a été constitué. Il convient de noter aussi que les gendarmes, lorsque les engins des travaux publics ont été mis à l’arrêt, ont été dépêchés sur les lieux. Cependant, pas la moindre difficulté n’a été relevée dès lors. De toute évidence, les pouvoirs publics n’ont ordonné encore à la force publique d’utiliser les moyens qu’on lui connaît pour faire évacuer de leurs terres, terres héritées directement de leurs aïeux.

La question qui taraude les esprits est de savoir comment en est-on arrivés-là ? A Tizi-Ouzou, il y a beaucoup de terres indigentes pour l’agriculture et appartenant réellement aux Domaines et, par conséquent, très indiquées pour accueillir une zone industrielle. Ceci dit, c’était compter sans la zone industrielle de Thala-Athmane, sise juste à quelques bornes du chef-lieu de wilaya, et qui est à l’abandon depuis des années.

Pourquoi ne pas la réhabiliter ? Toute cette mascarade est due à l’irresponsabilité et à l’incompétence des membres de la commission de l’APW à cette époque. Aucun de cette commission fantoche n’avait de connaissances en agronomie. Car si ce fut le cas, il aurait refusé catégoriquement que ces grandes terres fertiles deviennent la proie du béton.

Même en ce qui relève du droit, les membres de cette commission, dont la plupart étaient pourtant des juristes, avaient des connaissances limitées. Autrement dit, ils auraient su que la décision de justice prime sur toute autre décision, y compris celle appartenant au registre sénatus-consulte.

D’ailleurs, dans sa stratégie diabolique, l’administrateur français, qui convoitait justement ces terres au 19e siècle, a mis en avant le principe de sénatus-consulte pour déposséder son propriétaire. La justice, ayant découvert le subterfuge, a débouté l’administrateur cupide et voleur.

A l’époque ottomane, la convoitise de ces terres a été aussi manifestée par certains officiers de la police turque. C’étaient des coups de sabre qui étaient derrière leur échec. Aujourd’hui encore, il n’est pas trop tard pour l’administration de faire marche arrière.
Et c’est même un honneur pour elle de faire marche arrière pour éviter qu’elle ne commette une iniquité.

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