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Nationale

Rigueur budgétaire en perspective

Rigueur budgétaire en perspective

En déclarant que la situation financière est difficile pour le pays, le Président Bouteflika semble vouloir donner au gouvernement le quitus pour établir une feuille de route caractérisée par la rigueur budgétaire.

Car les chiffres sont encore insoutenables pour les caisses de l’Etat. Tous les experts prévoient déjà une année 2017 difficile sur tous les plans, en dépit de quelques espoirs de reprise dans certains secteurs économiques ou des segments porteurs comme les TIC et les services.

Même le Fonds monétaire international (FMI) prévoit des déficits et une persistance de la crise de nos recettes jusqu’à 2020, d’où ses recommandations pour le lancement des réformes urgentes.

Le président Bouteflika a appelé, lors du dernier Conseil des ministres, à la ‘diversification » de l’économie nationale, à l’amélioration au climat des affaires, à la régulation des marchés, tout en insistant à « mobiliser » et surtout à informer l’opinion publique nationale sur les conditions « difficiles » que traverse le pays.

L’appel vise le gouvernement, sommé de faire plus dans la communication sur la crise et surtout de se préparer aux jours « difficiles » qui pointent à l’horizon. L’équation est intenable, car il faut renforcer la croissance et maintenir sa dynamique tout en sauvegardant « la justice sociale » ou en préservant une politique de subvention bien rigoureuse et mieux ciblée.

Depuis plus d’un an, on assiste à une réduction des dépenses de l’Etat, marquée par l’annulation de plusieurs projets ou le gel d’autres, obligeant le gouvernement à promulguer un dispositif « spécial » dans la loi de finances 2016, qui lui offre des prérogatives de « disposer » des fonds, de les transférer d’un département vers un autre sans passer par le Parlement.

Il y a eu une réduction des importations, notamment dans le secteur de l’automobile et de l’alimentation, comme il y a eu une politique « judicieuse » de dévaluation ou de dépréciation de la monnaie nationale.

Mais cela sera-t-il suffisant ? L’écroulement continu des prix du pétrole et ses conséquences sur la chute vertigineuse de nos recettes semble s’inscrire dans la durée. Rien et aucun indice n’est favorable à une remontée vers des seuils de plus de 80 dollars le baril. Il faudra une catastrophe majeure dans une région pétrolifère ou une tension délicate entre des puissances régionales pour que le brut puisse dépasser ses records de 2013.

Ainsi, la balance commerciale, selon les récents chiffres officiels, connaît un déficit record de plus de 13 milliards de dollars, en dépit d’une politique à la hussarde sur les importations et le contrôle des crédits destinés à l’importation de biens divers, intermédiaires, d’équipement ou alimentaires.

Une situation qui semble encore s’installer dans la durée. Conséquence de ce déficit : le déficit annoncé dans la balance des paiements, d’où la menace du recours à un endettement extérieur, que le gouvernement semble exclure maintenant, privilégiant les formules internes comme l’emprunt obligataire. 

L’épuisement du Fonds de régulation des recettes (FRR) se creuse davantage et pourrait bien affecter le budget de l’Etat et menacer les équilibres macro-économiques du pays.

Certains voient dans cette crise comme une menace directe sur les fondamentaux de l’Etat, notamment sur les transferts sociaux, l’aide publique, la gratuité de certains services ou le soutien de l’Etat aux prix des produits de première nécessité.

Le président Bouteflika n’a pas manqué de relever que le gouvernement ne pourrait pas « abandonner » les couches les plus défavorisées et qu’il restera aux côtés du citoyen algérien.
Sauf que cela doit se faire avec une bonne communication pour que ces catégories sociales comprennent les « durs moments » de la crise et de ses impacts.

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