Révision de la Constitution: effervescence chez la classe politique
À un mois du référendum sur projet de la révision de la Constitution prévu le 1e novembre, les réactions de la classe politique se multiplient. Quant à leurs visions, elles divergent sur ledit projet entre « partisan » et « opposant ».
Le FLN, un « des piliers » de ce que l’on appelait sous l’ancien régime « la coalition présidentielle », affiche et sans grande surprise son soutien au projet de la révision constitutionnelle. Une position réaffirmée hier par le secrétaire général du Front de libération nationale, Abu Fadel Baadji, qui estime que le contenu du nouveau texte « protège la religion et les valeurs algériennes et consacre l’Etat de droit ». Il considère que la Constitution en cours de révision permettra d’aboutir à « une nouvelle Algérie ».
Le nouveau SG du parti, dont nombre de dirigeants et députés sont impliqués dans des affaires de corruption et croupissent actuellement derrière les barreaux, veut convaincre l’opinion publique de sa volonté de « rompre avec l’ancien ordre régnant au sein de la formation ».
Le parti Tadjamou Amel El djazair (TAJ), lui, vient de voir la désignation, ce samedi, de la nouvelle présidente, Fatma Zohra Zerouati, ancienne ministre de l’Environnement. Elle succède ainsi à Amar Ghoul, fondateur de cette formation politique en 2012 et ancien ministre des Travaux publics. TAJ qui s’est effacé du paysage politique depuis l’incarcération de son chef Amar Ghoul en juillet 2019 pour des affaires de corruption et abus de fonction, refait surface et tente peu ou prou à s’aligner sur la nouvelle trajectoire tracée par le président Tebboune. Mme Zerouati a, d’entrée de jeu, exprimé son soutien, en tant que cheffe de parti, à la nouvelle Constitution et appelé à une « participation massive » au prochain scrutin. Avant de penser à mettre un peu d’ordre dans son foyer en nommant la nouvelle dirigeante, TAJ avait marqué son retour au galop, il y a quelques semaines, lorsqu’il avait emboîté le pas à ses anciens alliés, en l’occurrence le FLN et le RND, dans une sortie qui se voulait une manière de courtiser le cercle présidentiel, en rendant public un communiqué portant « l’adhésion du parti au processus de la nouvelle Algérie ».
À contrario, le Mouvement de la société pour la paix (MSP) de Abderezzak Makri, émet un autre son de cloche. Le nouveau texte de la Loi fondamentale ne semble pas satisfaire Abderazzak Makri, qui a appelé les militants du MSP, avant-hier lors de Majlis Choura de son parti, à une « participation au prochain rendez-vous pour voter « Non » à la nouvelle Constitution ». Pour s’expliquer sur la position de son parti vis-à-vis du contenu de la mouture constitutionnelle, Makri entend tenir aujourd’hui une conférence de presse où il va également évoquer l’interdiction de la direction du Mouvement d’avoir une autorisation, afin de pouvoir organiser son Majlis Choura dans une des salles de la Safex.
Si le MSP participera pour dire « Non » à la future nouvelle Constitution, Le Front des Forces socialistes (FFS), lui, adopte une autre posture en refusant de « cautionner un scrutin du 1e novembre ». Le plus vieux parti de l’opposition, estime dans une résolution ayant sanctionné les travaux de son Conseil national, tenu ce week-end، que « la démarche actuelle du pouvoir ne répond pas aux aspirations légitimes de millions d’Algériennes et Algériens, qui depuis plus d’une année expriment, pacifiquement et avec détermination, leur désir de se réapproprier leur droit à disposer librement et démocratiquement de leur avenir ». Le FFS dénonce, dans ce sens, ce qu’il qualifie « d’une démarche politique axée sur un agenda unilatéral ». Et pour conclure, Il réitère la principale revendication du parti à savoir « l’avènement d’une deuxième république après l’élection d’une assemblée nationale constituante, comme préalable au règlement de la crise politique ».