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Sahara Occidental : l’Algérie va revoir ses accords avec l’Espagne

Sahara Occidental : l’Algérie va  revoir ses accords avec l’Espagne

Après le rappel de l’ambassadeur d’Algérie à Madrid, les observateurs s’attendaient certainement à une nouvelle réplique des autorités algériennes sur ce qu’elles considéraient comme une « trahison » et un brusque revirement de la doctrine diplomatique espagnole sur la question du Sahara occidental.

Bien qu’aucune déclaration officielle algérienne sur les propos du chef du gouvernement ibérique n’ait été enregistrée jusqu’à présent, à part les supputations et les analyses d’experts, les médias estimaient que la réaction algérienne devrait prendre du temps. La plupart des médias espagnols avançaient surtout l’hypothèse d’une révision des contrats de gaz livrés à l’Espagne, alors qu’Alger a toujours respectée ses engagements. Hypothèse qui a pris de l’ampleur en raison des répercussions du conflit russo-ukrainien et ses conséquences sur le marché du pétrole et l’approvisionnement des pays européens en gaz russe surtout.

Cette piste vient d’être confirmée par un haut responsable de la diplomatie algérienne. « L’Algérie va procéder à la révision de tous les accords conclus avec l’Espagne en réponse au revirement de la position de cette dernière vis-à-vis de la question de la décolonisation du Sahara Occidental ».

C’est ce qu’a déclaré ce lundi à la presse, le secrétaire général du ministère des Affaires étrangères Chakib Kaïd lors d’une visite à Rome.

“Il est évident que l’Algérie revoie l’ensemble des accords signés avec l’Espagne dans tous les domaines”, a indiqué Chakib Gaïd, selon des médias espagnols qui ont vite répercuté la déclaration.

Le SG du ministère des Affaires étrangères a affirmé que Madrid n’a pas informé  Alger de ce qu’elle qualifie de “déviation de l’Espagne de sa politique extérieure”. “Nous sommes extrêmement surpris par ce revirement injustifié”, a souligné le responsable algérien.

Pour rappel, le gouvernement espagnol assure avoir prévenu l’Algérie de son soutien au plan d’autonomie proposé par le Maroc pour le Sahara occidental. “Le gouvernement espagnol a informé en amont le gouvernement algérien de la position de l’Espagne concernant le Sahara”, ancienne colonie espagnole, ont indiqué des sources gouvernementales à Madrid.

Pourtant, Alger se dit « surpris » et ne s’attendait guère à cette volte-face, d’autant qu’elle considérait Madrid comme un Etat qui a une responsabilité historique, humaine  et éthique par rapport à son ancienne colonie et sa population. De plus, Alger ne comprend pas comment un Etat fait du chantage avec des migrants clandestins à tout un bloc, comme l’Union européenne. Et surtout que cela aboutisse rapidement.

“Pour l’Espagne, l’Algérie est un partenaire stratégique, prioritaire et fiable avec lequel nous souhaitons maintenir une relation privilégiée”, ont assuré des officiels espagnols juste après les fameuses déclarations de Sanchez. Mais, il semble bien que cela va relever du passé.

L’Algérie a fourni en 2021 plus de 40% du gaz naturel importé par l’Espagne, dont l’essentiel lui parvient à travers le gazoduc sous-marin Medgaz, d’une capacité de 10 milliards de mètres cubes par an. Sa capacité pourrait être augmentée, selon des experts, mais cela prendrait du temps pour des raisons techniques.

Une autre partie du gaz algérien arrivait jusqu’en octobre dernier en Espagne à travers un autre gazoduc, le GME, passant par le Maroc. Depuis l’automne, Alger en a suspendu le fonctionnement après la rupture fin août de ses relations diplomatiques avec Rabat.

Ce virage à 180 degrés va permettre une normalisation des relations entre l’Espagne et le Maroc. Cette nouvelle position espagnole a été saluée par les autorités marocaines comme des “engagements constructifs”, ouvrant la voie à un dégel des relations bilatérales. Mais, cela va créer avec l’Algérie de nouvelles brouilles. Pour Alger, Madrid a choisi son camp d’une manière officielle, et cela mérite bien un recadrage de ses rapports avec ce voisin ibérique.

Il faut rappeler qu’une tension diplomatique majeure opposait Rabat et Madrid depuis avril 2021 après l’accueil en Espagne pour y être soigné du Covid-19, du président sahraoui Brahim Ghali. Elle s’était traduite par l’arrivée massive en mai 2021 de migrants d’origine marocaine dans l’enclave espagnole de Ceuta (nord du Maroc), profitant d’un relâchement volontaire de la surveillance des frontières côté marocain.

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