Revalorisation du SNMG et de l’allocation chômage : Une grande satisfaction
Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a ordonné la revalorisation du salaire national minimum garanti (SNMG) et de l’allocation chômage. Cette décision, annoncée ce dimanche lors d’une réunion du Conseil des ministres, saluée par les experts et attendue depuis longtemps par les travailleurs et les jeunes sans emploi, s’inscrit dans la continuité des mesures visant à renforcer le pouvoir d’achat et à soutenir les catégories les plus vulnérables.
Contacté par Le Jeune Indépendant, Noureddine Bouderba, expert des questions sociales et conseiller du secrétaire général de l’UGTA pour les affaires sociales, se félicite d’une décision jugée « nécessaire » et « attendue depuis longtemps » par les travailleurs et les pensionnés. « L’augmentation du SNMG est une très bonne décision, qui va dans le bon sens et qui était attendue depuis très longtemps par beaucoup de travailleurs, mais aussi par les retraités et les allocataires dont les revenus sont indexés », a-t-il affirmé.
Selon lui, cette revalorisation devrait impacter positivement « des millions de travailleurs et des centaines de milliers de pensionnés et de bénéficiaires d’allocations ». Il a également rappelé que l’UGTA, lors d’une réunion de coordination des secrétaires généraux des unions de wilayas et des fédérations nationales affiliées à l’UGTA, avec le secrétaire national, tenue à Zéralda le 30 septembre 2025, avait réitéré la nécessité urgente d’une revalorisation du salaire minimum, une revendication aujourd’hui satisfaite « après un long retard ».
Pour M. Bouderba, cette première étape devra ouvrir la voie à un ensemble de mesures structurelles. « Nous espérons que ces décisions seront accompagnées d’accords de négociation collective dans le secteur public, mais aussi d’encouragements en direction des entreprises économiques pour qu’elles revalorisent, à leur tour, les salaires de leurs travailleurs », a-t-il souligné. Il a rappelé que le chef de l’Etat a déjà annoncé des augmentations dans la Fonction publique, estimant que l’extension de cette dynamique au secteur économique contribuera à renforcer l’équité salariale à l’échelle nationale.
Fixé actuellement à 20 000 DA, le SNMG avait déjà été augmenté de 2 000 DA nets en 2020, sur décision du président Tebboune. Cinq ans plus tard, le chef de l’Etat engage une nouvelle revalorisation, qui concerne également le montant de l’allocation chômage, instituée en 2022 au profit des primo-demandeurs d’emploi pour un montant de 15 000 DA par mois.
Une amélioration concrète du pouvoir d’achat
Ces nouvelles orientations s’inscrivent dans la continuité des engagements exprimés par le président de la République en septembre dernier, lors d’une interview accordée à des médias nationaux. Il avait alors réaffirmé son intention de procéder, à partir de 2026, à une nouvelle série de revalorisations touchant les salaires, la bourse des étudiants, l’allocation chômage et même les pensions de retraite, « en fonction des moyens de l’Etat », avec pour objectif affiché d’« améliorer le pouvoir d’achat de nos concitoyens, une amélioration que les Algériens perçoivent déjà », avait-il précisé.
En ce qui concerne la revalorisation de l’allocation chômage, elle est également saluée par l’expert, qui la juge « tout à fait normale » au regard de la détérioration du pouvoir d’achat. « Tant que les problèmes du chômage, notamment ceux des primo-demandeurs d’emploi, ne sont pas résolus, il est essentiel de maintenir un filet social solide. Cette augmentation permettra de limiter la dégradation du pouvoir d’achat de ces catégories », a-t-il expliqué.
Bouderba a insisté sur la nécessité d’élargir le dispositif aux travailleurs ayant déjà exercé un emploi mais ne bénéficiant aujourd’hui d’aucune indemnisation. « Il serait souhaitable que ceux qui ont perdu leur emploi sans être couverts puissent être inclus et bénéficier, eux aussi, d’une allocation en attendant de retrouver un poste », a-t-il suggéré.
A travers ces décisions, l’exécutif confirme son engagement à renforcer les mécanismes de justice sociale et de soutien au pouvoir d’achat. La préparation du projet de revalorisation du SNMG et de l’allocation chômage constitue une nouvelle étape dans la consolidation des acquis sociaux et le soutien aux catégories les plus fragiles.
Plusieurs organisations syndicales et acteurs économiques ont salué les orientations du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, sur la revalorisation du Salaire national minimum garanti (SNMG) et de l’allocation chômage. Pour Amar Takdjout, secrétaire général de l’UGTA : « Les directives du président participent à la consolidation de la stabilité sociale, à travers l’amélioration du pouvoir d’achat du citoyen que l’État place en tête de ses priorités ».
De son côté, Sadek Dziri, président de l’UNPEF, a déclaré que « les revalorisations prévues contribueront à l’amélioration des conditions de vie de nombreux ménages et accompagneront les jeunes en attendant leur insertion sur le marché du travail ». Mustapha Zebdi, président de l’APOCE, a souligné que « ces décisions confirment que les préoccupations des citoyens sont prises en charge au plus haut niveau, renforçant ainsi la stabilité sociale ».
Enfin, Abderrahmane Hadef, consultant en développement économique, a précisé que « ces mesures dépassent le seul aspect financier : elles traduisent une vision globale de l’État envers le citoyen et devraient stimuler la consommation intérieure, un levier majeur de la croissance économique ». La fondation « Sinaat-Al-Ghad » a également salué ces décisions, les considérants en phase avec les moyens de réaliser un développement social durable.
Un bouffée supplémentaire pour les chômeurs
De nombreux jeunes sans emploi ont fait part de leurs réactions. Si cette mesure est globalement saluée, elle s’accompagne d’attentes fortes quant à l’amélioration de l’accès à l’emploi et des dispositifs d’insertion professionnelle.
Pour de nombreux jeunes, l’augmentation de la prime de chômage représente un bol d’air dans un contexte de vie marqué par la hausse du coût des produits de première nécessité. Ils estiment que cette mesure « arrive au bon moment », surtout pour ceux qui n’ont aucun revenu fixe.
« Cela montre qu’on ne nous oublie pas. C’est une aide qui fait du bien moralement. Mais notre objectif reste le marché du travail, pas une allocation », a souligné Farès, diplômé en sciences économiques. « Cette prime nous permettra au moins de tenir, de participer aux dépenses familiales », a-t-il ajouté.
En plus de l’impact économique, beaucoup perçoivent cette décision comme un signe d’encouragement. Selon Samir, diplômé en informatique, ce n’est pas seulement une question d’argent. On sent qu’il y a une volonté d’alléger nos difficultés. « Quand l’Etat montre qu’il nous soutient, ça donne envie d’avancer et de construire quelque chose », a-t-il estimé.
Plusieurs jeunes affirment que cette prime réévaluée leur permettra de se concentrer sur des objectifs concrets tels que les formations, la préparation de concours, les stages ponctuels, etc. « Grâce à cette augmentation, je peux enfin m’inscrire à une petite formation en bureautique que je repoussais depuis des mois. C’est un investissement sur moi-même », a expliqué Nourhane.
Pour d’autres, cette prime sert de tremplin pour avancer des projets personnels. « Je garde une partie pour mes déplacements, mais j’économise aussi pour monter une petite activité dans le digital », a confié Wassim, diplômé de l’USTHB. En attendant de nouvelles opportunités d’emploi, l’augmentation de la prime s’impose comme un encouragement pour ne pas abandonner, continuer à se former et rester actifs et prêts.