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Nationale

Réunion du Haut conseil de sécurité : Les autorités prennent la mesure du danger

Réunion du Haut conseil de sécurité : Les autorités prennent la mesure du danger

L’Algérie est en état d’alerte maximale. Les agents de l’ordre qui, d’habitude, ne portent pas d’arme à la ceinture, ont été dotés récemment de kalachnikov. En haut lieu, on a pris enfin la mesure du danger qui caractérise pareille situation.

Les autorités algériennes sont sur tous les fronts, diplomatique, politique et sécuritaire pour enrayer tout risque potentiel. Ainsi, au moment où le ministre des AE, Ramtane Lamamra, est envoyé à New-York (il est sur place depuis samedi dernier) pour peser de tout son poids afin de persuader la communauté internationale et les Etats Unis de s’abstenir d’intervenir militairement en Lybie, le président Bouteflika convoque en urgence le Haut conseil de sécurité (HCS) pour s’enquérir de la situation sécuritaire à l’est (Lybie et Tunisie) et au sud du pays (Mali).

Cette réunion avait pour objectifs d’identifier la menace réelle et de parer à toute éventualité. Parallèlement, l’armée nationale vient de dépêcher plus de 3 000 soldats supplémentaires à la frontière avec la Tunisie.

Cinq mille soldats sont déjà stationnés depuis plus de six mois aux limites frontalières avec ce pays. Au sud du pays, début août 2013, un communiqué du ministère de la Défense nationale (MDN) avait annoncé qu’une importante quantité d’armes et de munitions a été saisie à Djanet (Illizi), comprenant une mitrailleuse lourde 12,7mm, un fusil-mitrailleur FM, un fusil à répétition ainsi qu’une importante quantité de munitions de différents calibres et un grand nombre de roquettes RPG7.

Le 24 octobre 2013, nouvelle saisie d’armes près de la frontière libyenne. Selon l’agence d’information Reuters, dans une vaste cache d’armes à Illizi, à environ 200 km du complexe gazier d’In Amenas, comprenant notamment une centaine de missiles antiaériens, ainsi que plusieurs centaines de roquettes anti-hélicoptères, des mines terrestres et de grenades RPG ont été également saisis.

C’est dire que les réseaux terroristes qui travaillent étroitement avec les réseaux de trafic de drogue sont prégnants dans cette zone désertique. Il en ressort ainsi que l’Algérie, qui est devenue un pays incontournable dans la problématique de la sécurité au niveau du Sahel et acteur important dans le contexte de la sécurité internationale en raison de son emplacement stratégique comme point de transit d’Afrique du Nord vers l’Europe, fait l’objet d’une attention particulière de la part de l’internationale terroriste qui veut la déstabiliser, ou du moins l’affaiblir dans l’espoir qu’elle renonce à la lutte contre le terrorisme et de contre-insurrection. Les tensions dans la région notamment pour la protection de ses frontières, la situation en Libye, au Mali et accessoirement les actions terroristes à sa frontière avec la Tunisie, ont imposé à l’Algérie une mobilisation accrue de ses effectifs au niveau des frontières terrestres.

Le 13 mars dernier, le ministre russe des AE, Serguei Lavrov, alors en visite en Tunisie, a indiqué qu’un vaste complot se dessine contre l’Algérie. Il a soutenu que des « parties étrangères » veulent mettre l’Algérie à feu et à sang à travers la fomentation d’un printemps algérien. Sans les nommer, le diplomate russe a ajouté que ces mêmes parties « ont ouvert plusieurs fronts » près des frontières algériennes depuis la Libye, la Tunisie et le Mali. Le ministre russe a incriminé directement ceux qui ont été à l’origine des bouleversements provoqués délibérément en Tunisie, en Libye et au Mali, d’où parvient la plus grande menace contre l’Algérie. Il estime que les conspirateurs du nouvel ordre mondial établissent leurs plans sur la base d’une politique d’influence en misant sur les minorités populaires et les réseaux terroristes.

Cependant, cette menace soulignée par Moscou n’est pas nouvelle pour les services de renseignements algériens, pas une menace qu’ignorent les services de renseignements algériens. Soumis à une très forte pression depuis le début de la guerre civile en Libye, les forces de sécurité algériennes ont misé sur leur expérience acquise sur le terrain de la lutte antiterroriste.

Des milliers d’informations et de témoignages de première main ont été analysés et recoupés par les services de sécurité, engagés dans une course contre la montre contre tous genres de menaces, notamment des groupuscules criminels nés à l’ombre d’une crise libyenne qui aura servi de catalyseur au mouvement djihadiste.

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