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Nationale

Retraités : La fin du calvaire bureaucratique grâce à la reconnaissance faciale

Retraités :  La fin du calvaire bureaucratique grâce à la reconnaissance faciale

La Caisse nationale des retraites (CNR) passe à la vitesse supérieure dans sa stratégie de numérisation. Désormais, les 3,6 millions de retraités seront dispensés de fournir le traditionnel certificat de vie, une procédure souvent jugée contraignante. Cette démarche est remplacée par une validation via l’application mobile de reconnaissance faciale. Si l’ambition affichée est d’alléger la bureaucratie, cette transition technologique soulève néanmoins des interrogations, notamment quant à l’accessibilité pour les retraités les plus âgés.

Cette annonce a été faite par le directeur général de la Caisse nationale des retraites (CNR), Hafid Adrar, lors de son passage ce mercredi au Forum du quotidien El Moudjahid. S’exprimant sur les défis de la modernisation, le responsable a précisé que cette mesure de suppression définitive du certificat de vie, s’inscrit en droite ligne avec les orientations du ministère du Travail et de la Sécurité sociale. Désormais, le maintien des droits repose sur un système de reconnaissance faciale via une application mobile, une mutation technologique censée en finir avec les déplacements pénibles vers les guichets administratifs.

Cette décision vise selon M. Adrar à « simplifier les démarches administratives » et renforcer la transparence pour lutter contre les fraudes. Avec une masse financière de 162 milliards de dinars versée mensuellement, la CNR cherche avant tout à sécuriser ses flux tout en modernisant ses prestations.

Si la dématérialisation est présentée comme un gain de temps, elle se heurte sur le terrain à une réalité plus complexe, celle de l’illectronisme (illettrisme numérique) et de l’accès aux outils technologiques pour une frange des retraités souvent fragile ou isolée.

Pour beaucoup de retraités, le passage du guichet physique à l’écran du smartphone est loin d’être facile. Ammi Ahmed, 74 ans, ancien cadre de la fonction publique, ne cache pas son désarroi. « On nous dit que c’est plus simple, mais pour qui ? Mon téléphone est un modèle ancien, il ne supporte pas ces applications. Et même si j’avais le dernier cri, je n’ai personne pour m’expliquer comment scanner mon visage sans faire d’erreur. On nous enlève un papier, mais on nous impose une technologie que beaucoup d’entre nous ne maîtrisent pas », déplore-t-il.

Ce témoignage illustre le fossé qui peut se creuser entre l’ambition d’une administration « zéro papier » et la capacité d’usage des usagers. La question de l’assistance et de l’accompagnement des seniors dans cette transition reste indispensable.

Au-delà de l’aspect technique, le premier responsable de la CNR a tenu à rassurer sur le volet social. L’amélioration du cadre de vie des retraités reste, selon lui, une priorité. Avec cette nouvelle formule, la CNR ambitionne de mettre fin aux déplacements répétitifs des retraités vers les structures administratives pour prouver leur existence. Une démarche jugée particulièrement pénible pour les personnes âgées, notamment celles résidant dans des zones éloignées ou souffrant de problèmes de mobilité.

Abdelhafid Adrar a souligné que cette solution numérique vise avant tout à « alléger et simplifier les procédures » tout en renforçant la transparence dans la gestion des dossiers. Le recours à la reconnaissance faciale permettra également de lutter contre les cas de fraude liés au maintien indu des pensions.

Le directeur général de la CNR a rappelé que le système national des retraites couvre actuellement près de 3,6 millions de bénéficiaires, entre retraités directs et ayants droit. Chaque mois, l’État consacre environ 162 milliards de dinars au versement des pensions et allocations de retraite.

Ces chiffres illustrent l’ampleur du défi auquel fait face la CNR, appelée à améliorer continuellement ses outils de gestion afin d’assurer un service plus rapide et plus fiable à un nombre croissant d’usagers.

Au-delà de la numérisation des procédures, la CNR entend également améliorer les conditions de vie des retraités à travers de nouveaux partenariats. Abdelhafid Adrar a ainsi annoncé la signature récente d’une convention avec la Banque de développement local (BDL), ainsi qu’un accord avec la Société algérienne d’assurance.

Par ailleurs, une autre convention devrait prochainement être conclue avec la Société nationale des transports ferroviaires (SNTF), afin de permettre aux retraités de bénéficier de réductions et d’avantages tarifaires sur les transports.

À travers ces mesures, les pouvoirs publics cherchent à renforcer la prise en charge sociale des retraités, tout en poursuivant la modernisation des services administratifs, devenue aujourd’hui un axe central de la réforme du secteur public.



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